Essais automobiles

Essai Maserati Ghibli hybride : l’Italie contre-attaque

Contraint de s’électrifier pour s’accorder avec les normes, la Maserati Ghibli passe à la micro-hybridation. Pari réussi ? C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant son volant pour quelques jours.

Photo Maserati Ghibli hybride 48 volts 2021

Aujourd’hui, plus que jamais, l’heure est à l’électrification, et personne ne semble pouvoir y échapper. Car si pendant un temps, ce type de motorisation était réservé à certaines catégories très spécifiques de véhicules, tout le monde y vient petit à petit, de gré ou de force. La faute à des normes environnementales de plus en plus strictes et contraignantes, qui se traduisent par des interdictions de circulation dans les grandes villes ainsi qu’un malus écologique de plus en plus sévères. Et plus personne n’est épargné, pas même les marques de luxe, également contraintes de se plier aux exigence des grandes instances européennes. Maserati ne fait donc évidemment pas exception, la marque italienne n’ayant donc d’autre choix que de se conformer à la volonté des dirigeants. C’est ça, ou rester sur le bord de la route, alors que les ventes de la marque italienne sont en berne depuis quelques temps. C’est donc à l’occasion du restylage de la Ghibli, star de la gamme, que la firme a décidé de lui offrir une motorisation plus vertueuse et plus dans l’air du temps que jamais, sans pour autant oublier la sportivité.

À voir également :
→ notre essai des Maserati Ghibli et Levante
→ notre article sur la Maserati MC20

Car si certaines marques, telles que Lotus, Alpine ou encore Ford ont déjà annoncé vouloir devenir 100 % électriques sous peu, rien de tel pour l’instant chez Maserati, qui semble encore croire au thermique pour l’instant. C’est sans doute ce qui explique qu’elle n’a pas équipé sa Ghibli d’une « vraie » hybridation, rechargeable ou non. Il faudra donc ici se contenter d’une simple hybridation légère, via un système 48 volts. Une technologique cependant totalement inédite pour la marque de Modèle, qui ne jurait jusqu’à présent que par le tout thermique. Une avancée pas à pas donc pour la firme italienne, qui prévoit également de lancer une version 100 % électrique de sa toute nouvelle MC20 tout juste dévoilée. Mais alors, pourquoi ne pas avoir opté pour un système hybride rechargeable, déjà existant au sein de l’ancien groupe FCA ? Tout simplement car celui-ci aurait nécessité un important travail d’adaptation, ce qui aurait sans doute demandé trop de temps et d’agent. Pour aller plus vite, la firme au Trident est donc allé cherché du coté de chez Alfa Romeo pour reprendre le quatre cylindre hybride de la Giulia. La solution est donc toute trouvée !

Mais en pratique, ce moteur est-il vraiment fait pour cette Ghibli ? Quel est le résultat en termes d’agrément, de consommation et surtout de plaisir ? C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant le volant de cette nouvelle Maserati Ghibli hybride, le temps d’un week-end. L’occasion de s’assurer que la berline haut de gamme n’ait pas perdu de sa superbe avec le passage au quatre cylindres.

Essai Maserati Ghibli hybride : discret restylage

Photo capot Maserati Ghibli hybride 2021

C’est un fait, les productions actuelles de Maserati ont une prestance indéniable sur la route. Bien sûr, cela reste purement subjectif, et tout le monde n’appréciera pas les lignes très agressives et anguleuses des derniers modèles, aux traits parfois un peu trop ostentatoires pour certains. Il n’empêche de la firme de Modène a fait du très bon travail avec cette Ghibli, qui adopte une face avant taillée à la serpe, avec ses optiques acérées et sa calandre au sein de laquelle trône le fameux trident. On apprécie également son capot plongeant, de même que les larges prises d’air de chaque côté du bouclier. Celui-ci a par ailleurs subi quelques très légères modifications avec le récent restylage, qui reste cependant très discret, se concentrant majoritairement sur la face avant. Parmi les principaux changements, citons entre autres la grille de calandre un peu plus massive, ainsi que les pare-chocs ayant profité eux aussi d’un très léger coup de crayon. Rien de très dépaysant donc cette fois-ci, mais après tout, la berline n’en a pas vraiment besoin. A l’arrière, on notera l’arrivée d’une inédite signature lumineuse, avec de nouveaux feux allongés, rendant l’ensemble plus élégant. De profil, enfin, l’auto est plutôt réussie, bien que le porte-à-faux et le coffre très court tranche avec l’avant plus long, créant un léger déséquilibre visuel.

Rien de trop grave toutefois, car dans l’ensemble, cette Maserati Ghibli est toujours agréable à regarder, et ne manque pas d’attiser la curiosité des passants, nombreux à se retourner sur son passage durant notre essai. Il faut dire qu’au-delà de ses lignes, l’auto en impose par son gabarit, affichant une longueur de 4,97 mètres pour une largeur de 1,94 mètre, ce qui en fait un beau bébé tout de même. Comme tous les constructeurs proposant des modèles électrifiés, Maserati veut aussi montrer au monde entier que sa Ghibli est une auto vertueuse, mais sans trop en faire pour autant. Seuls quelques discrets détails bleus permettent donc de savoir ce qui se cache sous le capot de cette version hybride. Les plus observateurs remarqueront entre autres les étriers de freins spécifiques, ainsi que les oies latérales teintées de bleu, et c’est à peu près tout. De quoi sauver la planète en toute discrétion… ou presque. Quoi qu’il en soit, Maserati sait bien que les lignes de sa Ghibli sont déjà très voyantes, et a donc privilégié les teintes sobres pour sa robe, laissant alors les clients choisir entre une dizaine de couleurs, allant du blanc au noir en passant par le gris et le bleu foncé. De notre côté, nous avons jeté notre dévolu sur le très beau gris Grigio, facturé 1 200 €. A cela s’ajoute un choix de 11 jantes de 19 à 21 pouces.

Essai Maserati Ghibli hybride : un vrai cocon

Photo volant Maserati Ghibli hybride 2021

Il est désormais temps de s’installer derrière le volant de la berline haut de gamme, alors que le restylage est évidemment passé par la. Une fois encore, il ne faut évidemment pas s’attendre à des changements radicaux, mais plutôt à des évolutions opérées par petites touches, histoire de ne pas trop déstabiliser les clients. Si la présentation générale ne change donc pas, on notera cependant quelques améliorations, telles que l’arrivée d’un nouvel écran tactile plus grand, passant alors de 8,4 à 10,1 pouces, permettant une meilleur vision des informations et plus grande praticité. Le système d’info-divertissement est plutôt bien pensé et moderne, offrant une ergonomie plutôt correcte. On regrettera cependant l’absence de combiné numérique, ce qui est très dommageable au vu du positionnement haut de gamme de cette Maserati Ghibli. Il faudra donc se contenter de deux combinés analogiques, associés à un petit écran central affichant quelques données relatives à la conduite. Vous l’aurez donc compris, la technologie n’est pas forcément le point fort de la berline, bien que celle-ci ait fait un grand pas en avant avec l’arrivée d’un assistant virtuel, ainsi que la conduite semi-autonome.

Globalement, la qualité perçue est assez correcte dans cette Maserati Ghibli, mais elle aurait pu être améliorée grâce à une présentation plus moderne, celle-ci semblant assez datée par rapport à ce qui se fait actuellement. Mais dans l’ensemble, l’intérieur se veut haut de gamme, et fait donc appel à des matériaux qui le sont tout autant. Le cuir est donc sans surprise omniprésent dans ce poste de conduite, sous sa forme la plus noble pleine fleur. Celui-ci est associé à la soie Ermenegildo Zegna, marque de luxe italienne avec collabore Maserati depuis plusieurs années déjà, le tout créant une ambiance plutôt raffinée. Cependant, il est une chose que l’on ne cesse de reprocher à la Ghibli depuis l’arrivée de sa 3ème génération en 2013 : le manque d’habitabilité. Malgré ses trois mètres d’empattement, la berline n’est pas très spacieuse à l’arrière, au grand dam des passagers qui se sentiront alors un peu à l’étroit. A l’avant toutefois, le conducteur et son passagers sont plutôt bien installés, dans des sièges très confortables à réglages électriques. De son côté, le coffre affiche un volume de 500 litres tout pile, qui reste plutôt correct pour la catégorie.

Essai Maserati Ghibli hybride : moins noble, et alors ?

Photo arrière Maserati Ghibli hybride 2021

Si la version hybride est celle dont on parle le plus en ce moment, car totalement inédite au sein de la marque, sachez cependant que le restylage de la Maserati Ghibli concerne d’autres versions, dont la Q4 et la radicale Trofeo, embarquant alors un V8 de 580 chevaux. Autant dire que la gamme est donc bien remplie et riche, répondant alors à des besoins très différents. Pour notre part, c’est donc au volant de la version d’entrée de gamme équipée d’une motorisation micro-hybride que nous avons passé quelques jours, l’occasion de découvrir une version totalement inédite, alors que la marque s’est jusqu’alors uniquement concentré sur les motorisations thermiques. Sous le capot, la berline reprend donc le bloc quatre cylindres 2,0 litres essence turbocompressé de l’Alfa Romeo Giulia, développant quelque 280 chevaux dans sa version standard. Désormais équipé d’un système 48 volts sur la Ghibli, celui-ci voit alors sa puissance passer à 330 chevaux, pour un couple maximal de 450 Nm, permettant alors à la berline d’abattre le 0 à 100 km/h en 5,7 secondes. Autant dire qu’il faudra s’habituer à ce moteur, puisqu’il devrait à terme remplacer le V6 essence, qui tirera bientôt sa révérence.

Pourtant, l’ombre de ce moteur iconique devrait encore planer au-dessus de cette nouvelle Ghibli, tant les chiffes de couple et de puissance sont proches. Mais ce sera sans aucun doute le seul point commun entre ces deux moteurs, ce dernier distillant une certaine noblesse dont le quatre cylindres ne peut se targuer, bien que sa sonorité et sa souplesse le rendent très agréable au quotidien. Bien sûr, cette inédite motorisation – le premier quatre pattes équipant un modèle de la marque – n’a pas la fougue des moteurs en V, et elle s’appréciera alors plus à un rythme coulé, ou sur des longs trajets, en croisant sur l’autoroute. Car ne l’oublions pas, cette Maserati Ghibli hybride reste avant tout une GT, et n’est pas une sportive à proprement parler, même si elle distille bien sûr un dynamisme certain. Profitant d’un amortissement piloté très performant, la berline se révèle ultra-confortable, et ce même à très haute vitesse. Un vrai atout, qui, associé à la très bonne qualité de l’insonorisation transforme l’auto en un vrai cocon pour ses occupants. Parfaitement utilisable au quotidien, cette Maserati Ghibli hybride jouit d’une grande souplesse, tandis que la boite automatique à huit rapports ZF sera plus à l’aise en conduite coulée.

Si son gabarit, associé à un diamètre de braquage très moyen ne facilitent pas vraiment les manoeuvres et les passages dans les rues étroites, on appréciera en revanche le calibrage de la direction, très souple mais toujours informative. En revanche, l’hybridation 48 volts avec alterno-démarreur n’a pas de réel impact, tant sur le dynamisme à l’accélération que sur la consommation, alors que celle-ci est annoncée à 8,1 litres environ en cycle mixte. Une valeur plutôt correcte, à condition d’adopter un train de sénateur, au risque de faire flamber cette dernière et de frôler les 15 l/100 km. Mais aussi étonnamment que cela, on a pas forcément envie de battre des records de vitesse au volant de cette Maserati Ghibli hybride, malgré sa puissance et son dynamisme certain. Car ne l’oublions pas, il s’agit avant tout d’une GT plutôt que d’une sportive, favorisant la souplesse et le confort plutôt que la performance. Il n’empêche que lorsque l’on commence à monter en vitesse, la berline sait également suivre le rythme, même s’il faudra alors user des palettes au volant pour que la boite ne vienne pas trop brider les ardeurs du quatre cylindres. Si sa sonorité n’est évidemment pas exceptionnelle, on peut toutefois compter sur l’échappement, rauque comme il faut mais plutôt discret dans l’ensemble.

On doit bien l’avouer, il est tout de même assez difficile de résister à la tentation de presser un peu plus l’accélérateur. Après tout, nous sommes bien au volant d’une Maserati, non ? Il est donc désormais temps de voir ce que la berline haut de gamme a sous le capot, et voici que nous activons alors le mode Sport, qui agit sur la direction, la suspension pilotée ainsi que la réponse de la boite et du moteur. Si le changement n’est pas forcément ultra radical, l’auto gagne en dynamisme, grâce à un amortissement un peu plus ferme, qui ne devient pas inconfortable pour autant. La direction reste de son côté assez souple mais se raffermit très légèrement, améliorant l’agilité. Globalement, celle-ci est d’ailleurs plutôt satisfaisante dans l’ensemble, alors que le différentiel autobloquant à glissement limité rattrape les petits excès de confiance, notamment dans les courbes. On pourrait cependant reprocher une prise de roulis que l’on jugera un peu trop importante, que l’on doit sans aucun doute au tarage très souple des suspensions. Il faudra donc se tourner vers des versions plus sportives pour s’affranchir de ce petit défaut. Mais dans l’ensemble, les prestations sont plutôt satisfaisantes, la berline distillant juste ce qu’il faut de dynamisme sans en faire trop.

Essai Maserati Ghibli hybride : pour résumer

Photo logo Maserati Ghibli hybride 2021

Avant toute chose, il faut garder à l’esprit que cette Maserati Ghibli hybride est avant tout une routière, et il conviendra de la conduire comme telle. Aussi dynamique soit-elle, la berline exprimera toutes ses qualités sur des trajets autoroutiers, où le tarage des suspensions et le gros travail effectué sur l’insonorisation feront de vrais miracles, gommant la sensation de vitesse. Car cette Ghibli, c’est avant tout un vrai cocon pour ses passagers, qui se sentiront à leur aise et en sécurité durant tout le voyage. Mais attention, cela ne veut pas dire que la belle Italienne n’est pas capable d’accélérer de temps en temps. Si les sensations restent très feutrées, gommées par l’amortissement et une direction très souple, l’auto se montre assez dynamique dans l’ensemble, bien que la poussée du quatre cylindres soit tout de même assez linéaire. Dans l’ensemble, les prestations sont plutôt bonnes, avec un intérieur élégant et haut de gamme, qui pâtit cependant d’une habitabilité décevante. Surtout pour une voiture destinée à faire de la route… Mais il n’empêche que cette déclinaison a le mérite d’exister et qu’elle constitue une alternative très sérieuse aux stars allemandes du marché.

Essai Maserati Ghibli hybride : notre avis

Design extérieur
Présentation intérieure
Technologie
Agrément de conduite
Rapport qualité / prix

Polyvalente et très confortable, la Maserati Ghibli hybride est une proposition très intéressante, malgré un quatre cylindres moins noble et quelques petits défauts.

Essai Maserati Ghibli hybride : fiche technique

  • Moteur : Quatre cylindres en ligne, essence, 1998 cm3, turbo, injection directe,
  • Transmission : Boite automatique ZF à huit rapports
  • Puissance : 330 ch à 5 750 tr/min
  • Couple : 450 Nm à 4 000 tr/min
  • Dimensions : 4,97 m x  1,95 m x 1,46 m
  • Poids : 1 950 kg
  • 0 à 100 km/h : 5,7 s
  • Vitesse maximale : 255 km/h
  • Volume de coffre : 500 litres
  • Émissions de CO2 / malus : 183 g/km / 6 724 €
  • Consommation en cycle mixte : 8,3 l/100 km
  • Prix : à partir de 75 000 €

Essai Maserati Ghibli hybride : les photos

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Marie Lizak

Fondatrice et responsable éditoriale du site Une Fille Au Volant, je suis une passionnée de l'automobile dans tous ses aspects. J'ai pour vocation de partager ma passion avec légèreté et bonne humeur, sans oublier la rigueur et l'information, bien évidemment !

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