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Essai Aston Martin DB11 : Anglaise au cœur d’Allemande

Succédant à la DB9 partie à la retraite en 2016, l’Aston Martin DB11 joue sur plusieurs tableaux, et affiche une personnalité faite de multiples facettes.

C’est en 2016 qui naquit l’Aston Martin DB11, descendante directe de la DB9, partie à la retraite la même année après plus de treize ans de présence au catalogue. Mettant alors fin à une longue période sans grande nouveauté, cette nouvelle arrivante dans la gamme fut officiellement révélée à l’occasion du salon de Genève, où elle y fut l’une des grandes stars. Plus tard, en 2018, ce fut au tour de la version cabriolet, baptisée Volante, de voir le jour, bien que celle-ci fut annoncée via plusieurs teasers dans le courant de l’année 2016. Puisant son inspiration dans le style de plusieurs modèles et concepts de la marque, l’Aston Martin DB11 fut présentée quelques mois après la sortie du film de la saga James Bond Spectre, dans laquelle la DB10 joua un rôle crucial. Notre modèle d’essai en fut d’ailleurs fortement inspiré, alors que la monture de Daniel Craig ne vit jamais le jour en tant que modèle de série.

Avec pour ambition de relancer une marque tournant au ralenti, le coupé 2+2 joue sur plusieurs tableaux, celui du luxe et du confort tout d’abord, car la DB11 est avant tout une GT, faite pour les longs week-ends en bord de mer. Mais l’Anglaise sait aussi montrer une toute autre facette de sa personnalité, plus sportive cette fois, se transformant littéralement à la manière de Dr Jekyll et Mr Hyde. Sans pour autant pouvoir être qualifiée de supercar, alors que son tempérament est bien trop posé pour cela, l’Aston Martin DB11 sonne en réalité comme un compromis idéal, entre le luxe et le raffinement à l’anglaise et la sportivité, toujours élégante. De quoi faire craquer James Bond ? Sans aucun doute, même s’il n’est pas mention de la belle Britannique dans le prochain opus de la saga, Mourir peut attendre, qui aurait dû sortir en avril dernier.

Ici dans sa version d’entrée de gamme, équipée du V8 4,0 litres d’origine AMG mais retravaillé par Aston Martin, la DB11 nous a donc accompagné durant quelques jours. L’occasion de prendre le volant d’une véritable sculpture sur roues, mais également de voir ce qu’elle a vraiment sous le capot, et surtout, de vérifier qu’elle vaut vraiment les 185 000 (au moins !) demandés par unité. Montez avec nous pour une balade dans Paris, au volant d’une Anglaise de charme au cœur d’Allemande.

Essai Aston Martin DB11 : élégance britannique

Photos essai Aston Martin DB11 coupŽ bleu

S’il y a bien quelque chose qui met tout le monde d’accord avec cette Aston Martin DB11, c’est son style. Impossible de ne pas tomber amoureux ! Quel que soit l’angle de vue, la belle Anglaise arbore des lignes élégantes et raffinées, à la fois tendues et tout en courbes, sans aucune fausse note. C’est bien simple, elle est superbe ! Normal lorsque l’on connaît son pedigree, puisque ses traits s’inspirent directement de la superbe Aston Martin DB10, star du film James Bond 007 Spectre, sorti en 2015. Mais ce n’est pas tout, car l’équipe en charge de son design, dirigée par Marek Reichman a également puisé son inspiration dans le dessin de la mythique Aston Martin One -77 lancée en 2009, mais également dans celui du concept DBX, présenté quant à lui en 2015, à l’occasion du salon de Genève. A l’avant, l’ensemble est sportif, sans être agressif, montrant toutefois ses ambitions avec sa lame proéminente située en bas du bouclier. A l’arrière, les ailes marquées donnent de la prestance à l’ensemble, de même que les feux en boomerang, signature des modèles de la marque.

De profil aussi, l’Aston Martin DB11 est une vraie réussite, avec sa silhouette effilée, son empattement long et ses porte-à-faux très courts. Taillée pour être la plus aérodynamique possible, la sportive de Gaydon a poussé le vice jusqu’à s’équiper de portières intégrées à la carrosserie, à l’image notamment de ce que propose Tesla, sur sa Model 3 notamment. Longue de 4,74 mètres, le coupé en impose, et ce malgré sa hauteur de seulement 1,28 mètre. Pas étonnant donc que toutes les têtes se tournent à son passage, et pas seulement pour son son de son échappement, à la fois présent sans être too much. Quoi qu’il en soit, les proportions sont ici presque parfaites, tandis que l’ensemble est affuté à l’image d’un avion de chasse. En résulte un aérodynamisme incroyable, avec un coefficient de trainée de seulement 0.3, également amélioré grâce au petit aileron mobile situé à l’arrière, se déployant à partir de 160 km/h.

Comme c’est souvent le cas chez les marques de luxe, le configurateur de cette Aston Martin DB11 a de quoi nous donner le tournis. En effet, aux quelque 35 teintes de carrosserie s’ajoutent trois types de jantes de 20 pouces et six configurations toutes faites, de la plus sobre à la plus sportive. Outre le très sobre Midnight Blue de notre version d’essai, les clients peuvent opter pour dex teintes telles que le Lunar White ou encore le superbe Pentland Green, un vert anglais conçu par la branche de personnalisation Q qui va parfaitement à l’Anglaise. Les plus intrépides pourront quant à eux opter pour le surprenant Kermit Green, le Frosted Glass Yellow ou encore le Lime Essence. Autant dire qu’il sera très difficile de croiser deux DB11 identiques dans la rue !

Essai Aston Martin DB11: cocon de cuir

Photos essai Aston Martin DB11 sige cuir clŽ dŽtail

Les amateurs de voitures de luxe le savent bien, entrer dans une Aston Martin, c’est toujours quelque chose, et cette DB11 ne fait pas exception. De cet habitacle, ayant complètement changé par rapport à celui de la DB9 se dégage en effet un je-ne-sais-quoi qui respire l’élégance et le raffinement. Sans parler de l’odeur de cuir qui vient chatouiller nos narines, et nous plongent tout de suite dans l’ambiance. En fait, s’installer à bord d’une telle auto, c’est avant tout une expérience sensorielle. Le cuir est en effet omniprésent, sur les sièges et la planche de bord, tandis que l’ensemble, ici habillé de marron est toujours très raffiné. Là encore, il est également possible de laisser parler sa créativité, puisque plus d’une trentaine de couleurs sont proposées pour la sellerie, offrant des possibilités infinies, allant du blanc au noir en passant par l’orange et le bleu. On apprécie également la touche sportive apportée par les inserts en fibre de carbone sur la console centrale, tandis que le reste de l’habitacle affiche une grande sobriété, sans pour autant être austère.

Si l’ensemble est évidemment très flatteur à l’œil, le poste de conduite de cette Aston Martin DB11 n’est pas dénué de défauts. Des désagréments mineurs, certes, mais qui pourraient être corrigés afin de rendre cette GT plus désirable encore. S’il est bien sûr aisé de passer outre, quelques éléments de confort manquent dans cet habitacle, et notamment la boîte à gants, absente. Il faudra donc se contenter de l’espace, relativement spacieux tout de même, de la console centrale. De son côté, le système d’info-divertissement, d’origine Mercedes est quant à lui plutôt clair, mais l’on regrette que l’écran de huit pouces ne soit pas tactile. Certes, la voiture a pris un peu d’âge, mais à ce prix-là, on s’attendait à un peu plus de modernité. D’autres détails nous chagrinent également au vu des ambitions luxueuses de l’auto, que ce soit les quelques petits défauts d’assemblage ou encore l’absence de lumière intégrée au pare-soleil. Pas de quoi dissiper le charme, certes, mais cela reste quelque peu décevant pour une voiture au tel pedigree.

Évidemment, qui dit coupé 2+2 dit espace à bord réduit, alors que les deux places arrière sont réservées aux très courts trajets, tant la place y est exiguë, à la tête comme aux jambes. C’est donc surtout les enfants qui prendront place sur ces sièges. Mais attention à ce qu’ils soient assez jeunes pour avoir toute la souplesse nécessaire pour s’y glisser, mais pas trop, pour ne pas vous infliger l’installation dans les sièges-bébé. A l’avant en revanche, le conducteur et son passager sont plutôt bien installés, dans des sièges réglables électriquement et offrant un confort et un maintien optimal. Il faudra en revanche faire avec un coffre de 270 litres, assez pour ranger des sacs de voyage pour un week-end, mais trop petit pour partir plusieurs semaines. Sauf si vous comptez acheter tous vos vêtements sur votre lieu de vacances, après tout, pourquoi pas ?

Essai Aston Martin DB11 : multiples personnalités

Photos essai Aston Martin DB11 profil dynamique

Avec sa DB11, Aston Martin ne s’encombre pas d’une gamme à rallonge, puisque seulement deux propositions sont disponibles : un V8 4,0 litres et un V12. Développé par Aston Martin et affichant une cylindrée de 5,2 litres, ce dernier revendique quelque 608 chevaux pour un couple maximal de 700 Nm. Autant dire que les sensations doivent être au rendez-vous, avec un 0 à 100 km/h abattu en seulement 3,9 secondes. De notre côté, nous avons cette fois-ci pu prendre le volant de la version équipée du V8, fourni par Mercedes-AMG dans le cadre du partenariat technique entre les deux constructeurs. Celui-ci développe la bagatelle de 510 chevaux et 675 Nm de couple, ce qui reste bien sûr plus qu’honorable, d’autant plus que notre version d’essai perd 115 kg par rapport à la déclinaison équipée du V12. Après tout, Colin Chapman n’avait-il pas fait du « light is right » son adage ? Mais cette proposition a d’autres avantages, que nous avons eu la chance de découvrir tout au long de cet essai, entre ville et routes vallonnées de la région parisienne.

Dès que l’on presse le bouton de démarrage, la cavalerie se réveille dans un doux vrombissement, rauque juste comme il faut sans être envahissant, et en aucun cas de mauvais goût. Sur les premiers mètres, l’auto se montre étonnement simple à prendre en main, même pour un néophyte peu habitué à ce type de véhicule. La seule vraie difficulté réside dans le gabarit de cette Aston Martin DB11, pas toujours adapté aux rues étroites de la capitale, de même que sa hauteur de caisse, nécessitant de bien anticiper ralentisseurs et rampes de parkings trop raides. Alors, une citadine idéale, cette DB11 ? Nous n’irons tout de même pas jusque-là, mais il faut toutefois souligner qu’elle se sent comme un poisson dans l’eau dans les rues des quartiers huppés de la ville lumière, alors que sa suspension adaptative chouchoute notre dos sur les pavés de la place Vendôme. Par ailleurs, le diamètre de braquage est quant à lui étonnement court et nous facilite alors les manœuvres, bien aidés également par la caméra 360° qui n’est pas de trop pour ne pas rayer une jante.

Mais l’Aston Martin DB11, c’est aussi et surtout une voiture faite pour aller vite, que ce soit sur les routes de campagne ou sur l’autoroute, le temps d’un week-end en Normandie. Après tout, et contrairement à ce que beaucoup pensent, il s’agit là d’une vraie routière et non d’une pure sportive, et elle le prouve parfaitement sur les voies rapides, offrant là encore un grand confort à ses occupants, grâce à un amortissement parfaitement équilibré, tout comme la direction. Si l’insonorisation est globalement bonne, elle semble toutefois avoir été oubliée en-dessous, alors que les bruits de roulement sont très présents dans l’habitacle. Dommage, car cela nuit à l’ambiance générale, alors que l’on s’attend à une atmosphère bien plus feutrée. De son côté, la boîte automatique à huit rapports ZF se révèle idéale pour ce type de parcours, offrant des passages de rapports tout en douceur. Il faudra toutefois prendre le temps de s’habituer au sélecteur situé non pas sur la console centrale ou la colonne de direction, mais tout en haut, juste sous l’écran.

Une fois sur les routes plus sinueuses de la vallée de Chevreuse, l’Aston Martin DB11 nous révèle une toute autre facette de sa personnalité, plus dynamique cette fois. Si ses 1 705 kg ne jouent pas vraiment en faveur de l’agilité, le coupé offre toutefois de bonnes prestations routières, même lorsque le rythme s’accélère. Mais pour vraiment prendre toute la mesure des capacités de l’Anglaise, l’idéal reste de tester le mode Sport, rendant l’ensemble bien plus amusant. La direction se raffermit, de même que les suspensions, tandis que le son de l’échappement est plus présent et que la boîte de vitesse gagne en réactivité. Par ailleurs, les aides à la conduite sont quant à elles bien plus permissives, rendant l’ensemble globalement plus joueur, et notamment le train arrière, avec une forte tendance au survirage. Le différentiel à glissement limité veille quant à lui au grain, assurant une motricité optimale en courbes, ce qui permet de pouvoir y entrer et en sortir avec plus de facilité.

Inutile de préciser que c’est avec les palettes au volant que l’on exploite au mieux le caractère de cette GT de charme, poussant les rapports jusqu’à la zone rouge avec un plaisir non dissimulé. Et tant pis pour la consommation qui s’envole. Toutefois, ses deux turbos permettent d’accéder au couple maximal très rapidement, à partir de 2 000 tr/min, de quoi offrir de très bonnes relances en sorties de courbes, maximisant l’efficacité. On regrette en revanche le tarage des suspensions, qui aurait pu être un peu plus ferme en mode Sport, afin de limiter les mouvements de caisse et d’offrir un comportement encore plus affuté. Dommage, car dans l’ensemble, l’Anglaise se débrouille plutôt bien, malgré ses petits défauts qui peuvent parfois nuire au comportement routier. Un point sur lequel cette Aston Martin est toutefois indéniablement bonne, c’est son freinage, à la fois mordant et endurant, malgré le poids très conséquent de l’engin.

Forcément, qui dit V8, propulsion et poids élevé dit forcément consommation qui monte en flèche. Si ce n’est pas vraiment ce que l’on regarde en premier lorsque l’on décide de s’offrir une Aston Martin DB11, cela reste une information relativement intéressante pour le commun des mortels. La fiche technique annonce donc une moyenne en cycle mixte à 9,9 l/100 km, ce qui reste bien optimiste, surtout lorsque l’on connaît les capacités et le tempérament de l’auto. Si cela reste donc relativement proche de la réalité si vous décidez de cruiser tranquillement sur l’autoroute, préparez-vous à voir ce chiffre grimper rapidement en conduite plus rapide. De son côté, les 230 g/km de CO2 vous feront malheureusement écoper d’un beau malus écologique de 20 000 €.

Essai Aston Martin DB11 : pour résumer

Photos essai Aston Martin DB11 profil statique coupŽ

A la fois élégante et performante, l’Aston Martin DB11 est dans la lignée des modèles siglés du logo ailé, et perpétue la tradition de l’élégance à l’anglaise. Véritable machine à rêve, comme en témoignent les nombreuses têtes qui se sont retournées sur notre passage, la sportive ne laisse personne indifférent, et il suffit d’un regard pour que le charme opère. Bien sûr, elle n’est pas exempte de défauts, bien au contraire, et quelques-uns sont assez fâcheux pour une auto de cet acabit, aux ambitions ultra-luxueuses, son âge ne justifiant pas tout. Toutefois, les prestations routières de cette DB11 restent très satisfaisantes, alors qu’elle soit aussi à l’aise sur l’autoroute qu’à un rythme un peu plus rapide. La routière aura toutefois un peu plus de mal dans les virages très serrés, du fait de son gabarit et surtout de son poids. Si vous souhaitez vous procurer un exemplaires, sachez qu’il faudra débourser un peu plus de 187 000 €, mais après tout, ne dit-on pas que quand on aime, on ne compte pas ?

Essai Aston Martin DB11 : notre avis

Design extérieur
Présentation intérieure
Technologie
Agrément de conduite
Passion
Rapport qualité / prix

A la fois belle et performante, l'Aston Martin DB11 est sans conteste une vraie machine à rêves. Mais elle n'est pas dénuée de quelques défauts tout de même...

Essai Aston Martin DB11 : les photos

 

Marie Lizak

Fondatrice et responsable éditoriale du site Une Fille Au Volant, je suis une passionnée de l'automobile dans tous ses aspects. J'ai pour vocation de partager ma passion avec légèreté et bonne humeur, sans oublier la rigueur et l'information, bien évidemment !

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