Essais automobiles

Essai Opel Corsa : la plus française des petites Allemandes

Sixième génération de la citadine mais surtout première sous l’ère PSA, la nouvelle Opel Corsa hérite des dessous de la Peugeot 208 mais conserve une identité bien à elle. Rencontre avec la teutonne la plus frenchy du segment !

Photos essai Opel Corsa 2020 GS Line 100 chevaux

Six générations déjà que l’Opel Corsa est présente dans la gamme du constructeur allemand, alors que la toute première mouture fut officiellement dévoilée en 1982, à l’occasion du Mondial de Paris. 38 ans plus tard, la citadine star de la marque, et surtout la plus vendue de la gamme sur l’ensemble de l’année dernière se renouvelle avec une toute nouvelle génération, présentée quant à elle en mai dernier, dans sa version thermique et électrique. Entièrement renouvelée, la petite allemande a toutefois connu un développement quelque peu chaotique, puisque celui-ci a débuté sous l’ère General Motors, avant de se poursuivre du côté de chez PSA, à la suite du rachat en 2017. Un épisode important qui aura toutefois permis à la citadine de profiter de la plateforme CMP conçue par l’entreprise tricolore, et sur laquelle repose notamment la Peugeot 208 et la DS 3 Crossback.

Avec cette nouvelle génération, les ambitions d’Opel sont donc très fortes, alors que plus de 13 millions d’exemplaires de la Corsa ont déjà été vendues depuis son lancement. Autant dire que la marque au Blitz avait donc tout intérêt à mettre le paquet pour faire de sa citadine un succès, profitant alors d’une liberté nouvelle en quittant un groupe GM qui n’était pas vraiment au beau fixe. Avec son arrivée au sein de PSA, la firme allemande jouit en effet d’une marge de manœuvre plus grande, profitant de l’expertise de l’entreprise française, tout en conservant son identité et un positionnement clair, afin de ne pas rouler sur les plates-bandes de la nouvelle Peugeot 208. En résulte donc une citadine modernisée sur tous les points, empruntant de nombreux éléments techniques à sa cousine sochalienne sans pour autant en être une copie conforme.

Nous avons donc décidé de prendre le volant de cette nouvelle Opel Corsa dans sa version GS Line coiffant la gamme et incarnant la sportivité, équivalant pour la marque allemande de la Peugeot 208 GT Line. A défaut d’être aussi dynamique qu’une OPC quant à elle définitivement enterrée, elle devrait toutefois ravir ceux qui recherchent une citadine amusante, même en ville, sur son terrain de prédilection. Découvrez dès à présent notre essai complet de cette petite allemande de charme, qui ne nous aura pas vraiment laissé indifférents, et qui possède tous les atouts pour aller chasser sur les terres du trio 208 / Clio / C3.

Essai Opel Corsa : identité forte

Photos essai Opel Corsa 2020 face avant feux

Très soigné, le style de cette nouvelle Opel Corsa gagne ici en sensualité par rapport à une précédente génération aux lignes plutôt conventionnelles. Avec cette nouvelle génération, la citadine profite de traits plus latins mais surtout plus dynamiques, une évolution nécessaire afin qu’elle puisse véritablement se distinguer sur le marché, avec une personnalité bien à elle. A l’avant, le regard se veut plus agressif, grâce aux optiques triangulaires très anguleuses, dont la barre de LED en position basse s’aligne avec la barrette chromée traversant la calandre de part en part, entrecoupée du logo de la marque. Plus bas, nous découvrons un bouclier là encore plus affirmé, entouré de deux antibrouillards entourés de noir, faisant penser de loin à des prises d’air. Une illusion très réussie, qui donne du caractère à l’ensemble, tout comme la discrète nervure centrale du capot.

A l’arrière, la citadine au Blitz n’a là encore plus rien à voir avec la précédente, alors que les lignes deviennent là encore plus affirmées, tandis que la signature lumineuse profite d’un tout nouveau coup de crayon. A peine plus longue que la « E », avec 4,06 mètres contre 4,02 m, cette nouvelle Opel Corsa paraît toutefois plus élancée, grâce à une hauteur réduite de 5 centimètres, tandis que ses porte-à-faux très courts jouent en faveur de son dynamisme général. De profil, la citadine affiche des lignes là encore très plaisantes à regarder, la sensation de longueur étant également amplifiée par le toit flottant proposé en option, qui se pare de noir afin de rendre l’ensemble plus léger épuré visuellement.

Si les traits de cette nouvelle Opel Corsa sont donc très réussis, et font ici la part belle au dynamisme, c’est vers la finition GS Line qu’il faudra se tourner pour profiter d’une sportivité accrue, la citadine étant alors livrée de série avec le Pack Sport Line. Celui-ci inclut des éléments spécifiques à cette version, à savoir des pare-chocs avant et arrière spécifique, une sortie d’échappement chromée (ou deux sur la déclinaison 130 chevaux), ainsi que les antibrouillards à LED dont nous avons parlé précédemment. Comme sa cousine au lion, la Corsa joue la carte de la couleur et propose un catalogue de huit teintes de carrosseries, dont certaines très fun, dont le Orange Fizz et le Rouge Piment. Les plus discrets pourront toutefois jeter leur dévolu sur des coloris plus sobres, tels que le très poétique gris Clair de Lune de notre version d’essai. S’ajoute à cela un choix de six styles de jantes pour la version thermique ainsi que deux pour la variante électrique Corsa-e. De notre côté, notre modèle était quant à lui chaussé des jantes 17,5 pouces à double branches peintes en noir et proposées en option moyennant 400 €.

Essai Opel Corsa : rigueur germanique et équipement complet

Photos essai Opel Corsa 2020 intŽrieur volant Žcran tactile

Comme l’extérieur, l’habitacle de cette Opel Corsa n’a rien en commun avec la Peugeot 208, qui joue quant à elle la carte de la technologie, là où notre Allemande se veut bien plus sobre, sans pour autant paraître ringarde. Ici, les origines teutones de la citadine sont affirmées à travers la rigueur toute germanique qui se dégage du poste de conduite, très sobre, au contraire d’une lionne bien plus originale, c’est vrai. La citadine ne se permet ici aucune excentricité, mais l’on apprécie les nombreuses touches de rouge disséminées dans l’habitacle, sur la planche de bord ainsi que les sièges, qui se révèlent d’ailleurs très enveloppants et confortables. Par ailleurs, la présentation générale demeure très classique, aucun élément n’ayant été repris du i-Cockpit de Peugeot, pas même le petit volant. Si l’ensemble n’est donc pas le plus fun du marché, on apprécie toutefois la qualité perçue en hausse, ainsi que le choix des matériaux, globalement satisfaisant. Évidemment, certains plastiques durs viennent encore se cacher çà et là, mais rien de bien gênant, tandis que les assemblages sont quant à eux globalement satisfaisants.

Au contraire de la Peugeot 208, qui centralise toutes les commandes dans l’écran et dont les seules commandes physiques sont les raccourcis menant aux principales fonctions, l’Opel Corsa ne suit pas vraiment le même raisonnement. La citadine allemande conserve en effet une présentation plus conventionnelle, conservant ici les boutons de la climatisation, ce qui s’avère presque plus pratique que lorsque le réglage se fait sur l’écran. L’ensemble gagne donc en ergonomie, tandis que le volant multifonctions se veut quant à lui très pratique également, pouvant également être chauffant grâce au Pack Hiver proposé en option. De son côté, l’écran tactile passe quant à lui de 5 à 7 pouces selon la finition et se révèle très complet, intégrant la navigation ainsi qu’Apple CarPlay et Android Auto. Celui-ci peut également être associé à un combiné numérique de 7 pouces, moins technologique que l’i-Cockpit 3D de la 208 mais amplement suffisant, tandis que notre version d’essai était équipée d’une instrumentation analogique également très claire.

SI la Corsa se veut radicalement différente de sa cousine, elle partage en revanche un point commun, son espace intérieur, du fait de la plateforme commune. Avec son empattement de 2,54 mètres, identique à la Peugeot 208, la citadine au Blitz accueille ses occupants comme il faut, mais pâtit toutefois d’un léger manque de place à l’arrière. Les plus grands gabarits pourront donc se sentir quelque peu à l’étroits sur la banquette arrière. A l’avant, la position de conduite est quant à elle très bonne, et ce malgré l’absence de réglages électriques, tandis que l’on peut profiter de sièges chauffants également inclus dans le Pack Hiver. Enfin, le coffre oscille quant à lui entre 308 et 1 118 litres une fois la banquette rabattue, ce qui reste très raisonnable et surtout, dans la moyenne du segment.

Essai Opel Corsa : la ville est son terrain de jeu

Photos essai Opel Corsa 2020 jantes 17 pouces gris clair de lune

Ayant terminé son développement une fois Opel intégré à PSA, la nouvelle Corsa profite donc logiquement des motorisations déjà présente chez les autres marques du groupe. Nous retrouvons donc sous le capot de la citadine un large choix de blocs essence et diesel hérités de la Peugeot 208, avec une gamme s’ouvrant sur un 1,2 litre 75 puis se déclinant avec le 1,2 litre turbo 100 et 130 chevaux, ainsi que le 1,5 litre diesel développant 100 équidés. Par ailleurs, et comme sa cousine franc-comtoise, ainsi que la DS 3 Crossback, une version électrique baptisée Corsa-e est également proposée au catalogue, partageant la même chaîne de traction zéro-émissions et revendiquant 136 chevaux. De notre côté, nous avons jeté notre dévolu sur la version 100 chevaux, qui constitue le cœur de la gamme de la citadine allemande avec sa puissance intermédiaire, idéale pour le quotidien.

Celui-ci revendique par ailleurs un couple maximal de 205 Nm arrivant relativement tôt, à partir de 1 750 tr/minutes grâce à la présence du turbo, qui rend le petit 1.2 très volontaire, notamment à bas régime, ce qui se révèle particulièrement pratique en ville. Le trois cylindres se veut donc dynamique juste comme il faut, se révélant largement suffisant pour un usage quotidien pour effectuer ses trajets domicile/travail. En revanche, si les 100 chevaux, associés à un poids plume de seulement 1 165 kg rendent la citadine ultra-réactive sur l’exercice du 0 à 50 km/h, ils peuvent toutefois se révéler un peu légers lorsque l’on sort des agglomérations. Il faudra donc parfois jouer du levier de vitesse de la boîte manuelle à six rapports livrée de série pour profiter de bonnes relances, mais rien de bien handicapant tout de même. A noter que la vitesse maximale est ici de 188 km/h, tandis que 9,9 secondes sont nécessaires pour atteindre les 100 km/h, soit deux secondes que pour la Renault Clio 100 ch.

Dynamique, l’Opel Corsa l’est donc assurément, et c’est justement sur ce point que la citadine se distingue de la Peugeot 208. Si les deux partagent la même plateforme et affichent un 0 à 100 km/h identique, elles possèdent en revanche deux personnalités bien différentes. Si la sochalienne joue quant à elle plutôt la carte du confort, avec un réglage de suspensions très souple, l’Allemande est quant à elle bien plus ferme, ce qui lui confère évidemment un comportement plus dynamique. Toutefois, l’une comme l’autre profitent toujours d’un excellent châssis, offrant une très bonne stabilité et une tenue de route optimale. L’ensemble demeure donc extrêmement sain, même lors de passages de courbes à hautes vitesses, et seule la direction un peu floue pourrait nuire au dynamisme général de la citadine. Globalement, la petite allemande est très fun à conduire, profitant par ailleurs d’une prise de roulis plus que maîtrisée, ainsi que d’un mode Sport, agissant notamment sur la fermeté de la direction, tandis qu’un son artificielle émane des enceintes, sans être toutefois trop intrusif.

Très polyvalente et ne se cantonnant absolument pas à la ville, cette nouvelle Opel Corsa se montre à l’aise partout. Avec son petit gabarit et sa grande maniabilité, la citadine se faufile partout, profitant par ailleurs d’un diamètre de braquage réduit qui facilite les manœuvres. Le conducteur est également assisté par les radars à l’avant et à l’arrière ainsi que la caméra de recul, disponibles en option. En revanche, si le typage ferme des amortisseurs est un atout en conduite dynamique, cela peut s’avérer un peu plus délicat sur des routes abîmés ou lors de passages de ralentisseurs, qu’il faudra alors bien anticiper. Rien de bien grave pour autant, d’autant plus que les sièges très confortables limitent quant à eux les chocs. Enfin, on reprochera toutefois l’insonorisation qui aurait gagné à être un peu plus travaillée, le trois cylindres étant particulièrement présent, tout comme les bruits aérodynamiques sur autoroute.

Livrée de série avec le limiteur/régulateur de vitesse, la reconnaissance des panneaux de signalisation ainsi que l’assistance au maintien dans la voie ainsi que l’alerte anti-somnolence, la citadine n’aura également aucun mal à voyager sur de plus longues distances. Une belle dotation présente sans surcoût dès l’entrée de gamme, qui place la citadine au niveau de ses rivales françaises et qui devrait lui permettre de gagner quelques places dans le classement des modèles les plus vendus. Par ailleurs, on souligne également la sobriété de cette Opel Corsa, qui affiche une consommation de seulement 4,2 l/100 km en cycle mixte, légèrement plus élevée en conditions réelles mais restant tout de même très raisonnable. Bonne nouvelle enfin, avec des émissions de CO2 situées entre 96 et 98 g/km, la citadine au Blitz est exemptée en malus écologique, alors même que le barème a été durci depuis le 1er janvier dernier.

Essai Opel Corsa : pour résumer

Photos essai Opel Corsa 2020 citadine profil jantes

Bien qu’elle soit techniquement identique à la Peugeot 208, la nouvelle Opel Corsa s’en distingue par une personnalité bien à elle, aussi bien sur le plan esthétique qu’en termes de sensations de conduite. Affichant des lignes très latines et dynamiques sans trahir son lien de parenté avec la sochalienne, la citadine allemande sait également se différencie par un habitacle plus conventionnel mais non moins réussi, se voulant certes moins moderne mais tout aussi pratique. On apprécie cette liberté offerte aux designers de la marque, permettant à la dernière-née de la gamme de ne pas être un simple copier-coller de sa cousine tricolore mais au contraire, de posséder ses propres caractéristiques.

C’est la même chose en ce qui concerne la conduite, les deux citadines possédant chacun un positionnement bien distinct. Si l’on pouvait croire que le partage de la plateforme CMP aurait pu porter préjudice au deux autos, qui se cannibaliseraient alors, les ingénieurs d’Opel ont réussi à donner à la Corsa un comportement bien différent et surtout plus dynamique, grâce à un réglage plus ferme des suspensions. La petite allemande se révèle par ailleurs, et comme sa cousine, très polyvalente, et seuls quelques défauts mineurs tels que l’insonorisation viennent quelque peu entacher ce beau tableau. En bref, on apprécie le charme et la sportivité de cette petite auto, qui affiche un positionnement clair, ne chassant pas sur les terres des autres citadines du groupe PSA, qu’il s’agisse de la 208, de la DS 3 Crossback ou de la Citroën C3.

Affichée à partir de 14 600 € dans sa version d’entrée de gamme dotée du 1,2 litre 75 chevaux, la nouvelle Opel Corsa est 900 € moins chère que la Peugeot 208 à motorisation équivalente, tout en profitant d’une dotation quasi-identique et surtout très fournie. Véritable bon plan, elle constitue une très bonne alternative aux citadine actuellement proposées sur le marché, et notamment à la nouvelle Renault Clio 5, sa rivale directe. Elle ne devrait en revanche pas vraiment cannibaliser la 208, qui affiche quant à elle un positionnement plus haut de gamme, dans le cadre de la différenciation des marques au sein du groupe PSA. Quoi qu’il en soit, il faudra sans doute s’attendre à croiser pas mal de petites Allemandes sur nos routes dans les mois à venir !

  • Prix Opel Corsa (1.2 75 ch) : à partir de 14 600 €
  • Prix de base de la version essayée, hors options (1.2 turbo 100 ch GS Line) : à partir de 19 400 €
  • Prix de la version essayée avec options : 23 690 €

Essai Opel Corsa : notre avis

Design extérieur
Présentation intérieure
Techno
Agrément de conduite
Passion
Rapport qualité / prix

Séduisante par sa personnalité et ses prestations routières, l'Opel Corsa a vraiment tout d'une grande !

Essai Opel Corsa : les photos

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Marie Lizak

Fondatrice et responsable éditoriale du site Une Fille Au Volant, je suis une passionnée de l'automobile dans tous ses aspects. J'ai pour vocation de partager ma passion avec légèreté et bonne humeur, sans oublier la rigueur et l'information, bien évidemment !

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