Essais automobiles

Essai Renault Clio 5 : bonne élève

Renouvelée au salon de Genève, en même temps que la Peugeot 208, la nouvelle Renault Clio 5 gagne en prestance, et en qualité générale en faisant évoluer son look et son intérieur. Nous l’avons testé dans sa version TCe 130, qui devrait constituer l’une des offres les plus plébiscitées de la gamme.Photo essai Renault Clio 5 2019 statique face avant bleu iron essence

C’était LA nouveauté de l’année qui vient tout juste de s’achever. Nous parlons bien entendu de la nouvelle Renault Clio 5, qui a fait ses premiers pas devant le grand public à l’occasion du salon de Genève, en mars dernier. Une arrivée en grande pompe pour celle qui succède à une 4ème génération arrivée en 2012 au sein de la gamme, mais qui aura toutefois été quelque peu éclipsée par une autre grande première : celle de la nouvelle Peugeot 208, dévoilée quelques stands plus loin. Quoi qu’il en soit, la citadine au losange n’a pas laissé sa rivale lui faire trop d’ombre, comme en témoignent déjà les nombreux exemplaires que l’on peut déjà croiser sur nos routes. Et pour cause, ce ne sont pas moins de 40 638 unités qui ont été vendues au cours de l’année, plaçant la star de la marque en 12ème position des modèles les plus vendus en France, juste devant la Mégane.

Un succès qui s’explique très simplement, puisqu’avec cette nouvelle génération, Renault n’a pas souhaité réinventer la roue, mais a préféré rester dans la continuité, afin de ne pas trop déstabiliser sa clientèle. Une recette qui semble fonctionner, et qui permet à la Clio de bien se distinguer de la nouvelle Peugeot 208, qui fait quant à elle totalement table rase du passé. Deux partis pris différents que nous avions déjà pu opposer lors d’un précédent essai (à lire ici), qui avait révélé deux citadines en réalité assez dur à comparer, tant leurs philosophies étaient en réalité bien trop distinctes. Quoi qu’il en soit, la Clio ne s’est toutefois pas contenté de changer subtilement de tête, puisqu’elle a également évolué un peu plus en profondeur, et notamment dans l’habitacle. Autant de façons de se moderniser, sans pour autant créer une rupture, comme ce fut le cas entre les Clio 3 et 4.

Nous avons donc pu prendre le volant de cette 5ème génération de la Renault Clio dans sa version TCe 130 EDC, qui devrait sans aucun doute s’attirer les faveurs du public, pour plusieurs raisons que nous détaillerons un peu plus bas. Mais alors, a-t-elle tous les atouts pour rester en tête des ventes en France, alors que la Peugeot 208, tapie juste derrière, possède-t-elle aussi de très bons arguments ? C’est que nous avons voulu savoir lors de notre prise en main, le temps d’un week-end.

Essai Renault Clio : évolution sans révolution

Photo essai Renault Clio 5 2019 feux arrire

Vous l’aurez donc remarqué, il est au premier abord assez simple de confondre la nouvelle Renault Clio avec la précédente, tant les deux présentent de similitudes stylistiques. Et pour cause, le look de la citadine évolue assez peu par rapport à ce que l’on connaissait jusqu’alors, ce qui avait d’ailleurs beaucoup surpris le public ainsi que la presse lors de sa révélation. Pourtant, et comme le soulignait alors la marque au losange, cette 5ème génération ne partage pas une seule pièce avec sa devancière en ce qui concerne la carrosserie. D’ailleurs, il est vrai que lorsque l’on y regarde de plus près, de nombreux détails permettent de distinguer cette nouvelle Clio de la précédente. Cela passe notamment par la signature lumineuse profitant d’un nouveau dessin « C-Shape » inspiré de l’actuelle Renault Mégane et également décliné sur la 2ème génération du Captur, tandis que la calandre évolue également, de même que le profil. A l’arrière, les feux se voient également très légèrement redessinés, rendant l’ensemble plus dans l’air du temps, sans le dénaturer.

Des évolutions très légères qui ont notamment pour but de ne pas déstabiliser la clientèle, tout en offrant tout de même à la citadine une touche de modernité bienvenue. Une bonne idée, qui semble déjà plaire, bien qu’elle n’ait pas forcément fait autant parler d’elle que la Peugeot 208, qui a quant à elle créé l’évènement en raison de son style en totale rupture. Renault a donc ici fait le choix du consensus, un parti-pris assumé quelque peu empruntée aux constructeurs allemands, coutumiers de cette stratégie. Toutefois, si la star du constructeur change peu esthétiquement, ses dimensions évoluent quant à elles bel et bien, avec une longueur en baisse de 1,4 cm, soit un total de 4,05 mètres. Plus large de 7 cm (1,79 mètre), la citadine perd en revanche 3 cm en hauteur (1,44 mètre), au profit bien sûr de l’aérodynamisme, mais aussi du style. Les proportions demeurent donc plutôt harmonieuses, avec ses porte-à-faux très courts et ses lignes globales très arrondies.

Autre différence notable avec la précédente génération, les toutes nouvelle teinte Orange Valencia, Bleu Celadon et Brun Vison, qui viennent enrichir le catalogue désormais composé de dix teintes. De son côté, notre version d’essai est quant à elle habillée du très joli Bleu Iron, en option moyennant 540 €, qui met parfaitement en valeur les lignes de la citadine, et change du blanc, qui est ici la teinte de série, au contraire d’une Peugeot 208 qui a opté pour le très voyant Jaune Faro. A noter également que notre version RS Line se distingue également par des attributs spécifiques, à savoir des boucliers exclusifs, des badges sur les ailes et le coffre, des protections latérales, ainsi qu’un diffuseur arrière et des canules d’échappement chromées. Enfin, le catalogue propose également pas moins de neuf styles de jantes et d’enjoliveurs de 15 à 17 pouces, tandis que trois packs de personnalisations sont également disponibles. Ceux-ci incluent entre autres, un jonc de calandre spécifique, des cabochons de roues ainsi que des détails colorés sur les bas de caisse et le bouclier arrière.

Essai Renault Clio : bond en avant technologique

Photo essai Renault Clio 5 2019 intŽrieur Žcran tactile planche de bord

Si l’extérieur évolue par petites touches, on ne peut vraiment pas en dire autant de l’intérieur, qui fait de son côté un vrai bond en avant, que ce soit en ergonomie comme en qualité perçue. Et pour cause, la présentation générale change du tout au tout, en s’offrant des lignes plus épurées, grâce notamment à la nouvelle planche de bord horizontale, parcourue par une buse d’aération allongée. Avec cette nouvelle génération, Renault prouve qu’il a su écouter ses clients, qui reprochaient notamment à la citadine une finition assez très décevante. Exit les plastiques durs peu flatteurs de la précédente mouture, ici tout, ou presque, est désormais moussé. Bien sûr, quelques éléments restent perfectibles, tout comme certains ajustements au niveau des touches piano sous l’écran tactile notamment, mais l’ensemble demeure toutefois en très nette progression. Une vraie montée en gamme pour la citadine la plus vendue en France, qui n’a désormais plus rien à envier à la Peugeot 208 sur la question que la qualité des matériaux intérieurs. De son côté, la sellerie est également très élégante, tout en faisait la part belle au tissu, le cuir n’étant proposé qu’en option à partir de la finition RS Line.

Autre point à noter, l’évolution du système d’info-divertissement, qui prend désormais la forme d’un écran tactile vertical de 7 pouces de série et pouvant aller jusqu’à 9,3 pouces en option, ce qui fait de cette tablette la plus grande jamais proposée par la marque. Même si l’on est encore loin des 15 pouces de la Tesla Model 3 en termes de taille, celle de la citadine au losange franchit un nouveau cap en ce qui concerne la présentation et l’ergonomie, avec des commandes simplifiées, notamment grâce aux touches piano situées juste en-dessous. Tout a été rendu plus facile d’utilisation, avec de nouveaux raccourcis bien plus clairs, tandis que la présentation a été améliorée, faisant oublier celle, un peu vieillissante, de la Clio 4. Par ailleurs, cette nouvelle génération enrichit également sa dotation technologique d’un combiné numérique de 7 pouces, livré de série à partir de la finition Intens. Celui-ci, un peu moins techno que celui de la 208 affiche l’ensemble des données relatives à la conduite, ainsi que la distance, en secondes, qui nous sépare de la voiture juste-devant. Un petit atout qui lui permet de se distinguer de ses concurrentes.

Profitant d’un empattement de 2,58 mètres identique à la précédente génération et malgré sa longueur en baisse de 1,4 cm par rapport à la précédente mouture, la Renault Clio 5 offre plus d’espace intérieur, et notamment au niveau du coffre. Et pour cause, celui-ci ne gagne pas moins de 40 litres pour atteindre les 340 l, bien que ce volume soit ici énoncé en litres d’eau et non selon la norme VDA, qui est quant à elle plus proche des conditions réelles d’utilisation. Quoi qu’il en soit, le confort général est à la hauteur des attentes, avec une banquette accueillant très bien ses occupants, tandis que l’espace à la tête est quant à lui largement suffisant, tout comme celui aux genoux.

Essai Renault Clio : sérieuse citadine

Photo essai Renault Clio 5 2019 Bleu Iron

En passant à une nouvelle génération, la Renault Clio a également revu sa gamme de motorisations du tout au tout, en proposant désormais aux clients des blocs trois et quatre cylindres essence et diesel dont les puissances s’échelonnent de 65 à 130 chevaux. Pour rappel, et si le catalogue de la précédente version était un peu plus fourni, il se limitait alors à 120 équidés, sans prendre en compte la version RS qui ne devrait malheureusement pas être reconduite sur cette 4ème génération, la faute à la chasse au CO2 qui se fait de plus en plus intense de la part de nos dirigeants. Quoi qu’il en soit, la citadine, dans sa version standard a donc gagné quelques chevaux, avec l’arrivée du TCe 130, sur lequel nous avons décidé de nous concentrer lors de cet essai, après l’avoir comparé au PureTech 130 de la nouvelle Peugeot 208.

Fort de 130 chevaux et d’un couple maximal de 240 Nm à 1 600 tr/min, ce quatre cylindres se montre assez performant pour une conduite quotidienne, bien qu’il atteigne en revanche assez rapidement ses limites sur des parcours un peu plus vallonnés comme nous avons pu en rencontrer lors de notre essai. Bien entendu, les 9 secondes pour réaliser le 0 à 100 km/h ne vous colleront pas au siège, avec une accélération très linéaire, mais cela devrait être suffisant lorsque l’on a besoin d’en avoir un peu sous le pieds, pour les dépassements notamment. Pour rappel, la vitesse maximale est quant à elle établie à 200 km/h, et à moins de vivre à proximité de l’Autobahn allemande, elle ne devrait pas être atteinte tous les jours. En conduite dynamique, la citadine se montre étonnement performante, et se révèle même très plaisante, loin des à-priori que nous pouvions, c’est vrai, avoir au début. Un atout que l’on doit notamment à la nouvelle plateforme CMF-B, qui profite de réglages parfaitement adaptés à une conduite dynamique, avec très peu de roulis et une excellente tenue de route.

Sans être véritablement sportive, malgré son badge RS Line, cette Renault Clio profite d’une vraie efficacité en termes de châssis, en étant rivée au sol en toutes circonstances. Bien sûr, les aides à la conduite n’y sont pas pour rien, alors qu’elles se révèlent bien moins permissives que sur la Peugeot 208, qui s’autorise quant à elle quelques glissades maîtrisées. Rien de tout ça ici, alors que l’ensemble reste très sérieux et homogène, ce qui s’avère bien sûr très rassurant. A noter également que trois modes de conduite sont disponibles, Sport, Eco et My Sense paramétrable. Ceux-ci jouent sur plusieurs réglages, dont la direction, qui se montre d’ailleurs quelque peu aseptisée, ainsi que sur la réactivité du moteur et de la boîte de vitesse. De notre côté, c’est évidemment la configuration Sport qui aura notre préférence, permettant de profiter d’un caractère un plus dynamique.

L’ensemble de la puissance de cette nouvelle Renault Clio est envoyé aux roues avant via une transmission automatique à double embrayage à sept rapports EDC, livrée de série avec ce TCe 130, qui se montre très satisfaisante, offrant des passages de rapports très fluides. On regrettera en revanche un petit temps de latence au démarrage, qui nuit quelque peu au dynamisme de la citadine. On note également l’absence d’un vrai mode manuel, celui proposé repassant en automatique au bout de quelques secondes si l’on n’active pas les palettes. Dommages, certes, mais il est désormais rares de trouver une citadine profitant de cet atout, qui aurait toutefois permis à la Clio de se démarquer. Quoi qu’il en soit, ce TCe 130 coiffant la gamme est la seule version à profiter d’une boîte automatique de série, les autres versions devant en effet se contenter de transmissions manuelles à cinq ou six rapports.

Vraiment bonne à tout faire, la Renault Clio 5 excelle également en ville, grâce à notamment au travail effectué sur l’amortissement, et ce malgré les jantes de 17 pouces de notre version d’essai. La citadine au losange incarne ici un parfait compromis, avec un caractère typé confort, tout en profitant d’une très bonne stabilité même à haute vitesse. En agglomération, la direction, certes un peu trop assistée en conduite sportive devient ici un vrai atout, associée à un rayon de braquage plus que correct, permettant de se faufiler partout et surtout de manœuvrer sans trop de difficultés. Mais le confort se ressent aussi sur de plus longs trajets, et notamment sur autoroute, avec une insonorisation particulièrement travaillée, que l’on doit aussi au choix du quatre cylindres, bien plus discret qu’un trois pattes. Enfin, les 240 Nm de couple à 1 600 tr/min assurent des reprises plutôt intéressantes, notamment sur l’autoroute.

Avec une consommation moyenne de 5,2 l/100 km en cycle mixte, la Renault Clio dans sa version TCe 130 EDC se montre relativement peu gourmande, même si l’on se rapproche dangereusement des 7 litres en conduite sportive. Des chiffres qui restent dont plutôt maîtrisés, tandis que les émissions sont quant à elles de l’ordre de 119 g/km, ce qui équivaut à un malus de 240 € selon le nouveau barème en vigueur au 1er janvier. De quoi être plutôt rassuré par la citadine, qui ne devrait pas trop faire de mal au porte-monnaie, avec des émissions et consommations plutôt raisonnables.

Essai Renault Clio : pour résumer

Photo essai Renault Clio 5 2019 profil jantes

Citadine polyvalente et consensuelle à souhait, la Renault Clio n’a pas souhaité trop changer la recette qui a fait d’elle la plus vendue en France. Si les mauvaises langues ont pu critiquer le manque d’audace de cette nouvelle génération lors de sa présentation, il en ressort que cette 5ème mouture a en réalité bien changé, et surtout pour le meilleur. Profitant d’un style plus moderne, d’un intérieur plus qualitatif et surtout d’excellentes prestations routières, elle n’aura sans aucun doute aucun mal à conserver sa place de première du classement des véhicules les plus écoulés sur le territoire. Toutefois, la nouvelle Peugeot 208 n’est jamais loin, et est surtout prête à en découdre…

Si elle ne transpire pas vraiment la passion, la star de la marque au losange devrait toutefois séduire tous les clients à la recherche d’un véhicule pratique, polyvalent et sûr, pour un prix tout à fait raisonnable. Et puis la Renault Clio, c’est avant tout une valeur sûre, une institution en France depuis le lancement de la 1ère génération en 1990, de quoi lui donner encore plus de crédit, alors qu’elle célèbre justement en 2020 son 30ème anniversaire. Bien sûr, on pourrait reprocher à la citadine son absence de prise de risque, mais qu’importe, car Renault semble avoir trouvé la recette du succès… alors, pourquoi la changer si elle fonctionne ?

L’autre atout de cette Clio 5, c’est aussi son prix, affiché à partir de 14 100 € en finition d’entrée de gamme Life embarquant le trois cylindres SCe 65 associé à une boîte manuelle à cinq rapports. De son côté, notre version d’essai RS Line avec le TCe 130 EDC débute à 24 500 €, un tarif qui inclut notamment la reconnaissance des panneaux de vitesse, le freinage automatique avec détection des piétons ainsi que le régulateur/limiteur de vitesse. En clair, la citadine est un excellent choix pour ceux à la recherche d’une voiture bien sous tous rapports, à la fois confortable et amusante à conduite, s’adressant à un public très large.

Essai Renault Clio 5 : Notre avis

Design extérieur
Présentation intérieure
Technologie
Agrément de conduite
Passion
Rapport qualité / prix

Citadine bonne à tout faire, la Renault Clio 5 reste une fois encore une valeur sûre.

Essai Renault Clio (2019) : les photos

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Marie Lizak

Fondatrice et responsable éditoriale du site Une Fille Au Volant, je suis une passionnée de l'automobile dans tous ses aspects. J'ai pour vocation de partager ma passion avec légèreté et bonne humeur, sans oublier la rigueur et l'information, bien évidemment !

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