Essai Renault Scénic E-Tech 220 ch : que vaut le rival de la Peugeot e-3008 ?
Élu « Voiture de l’année 2024 », le Renault Scénic E-Tech marque un tournant pour le constructeur en devenant 100 % électrique. Nous avons essayé le SUV dans sa version Iconic, forte de 220 chevaux et d’une grande batterie de 87 kWh.
Si Renault n’a pas donné de date précise quant à la transformation complète de sa gamme pour devenir 100 % électrique, elle devra se faire au plus tard en 2035. C’est en effet l’échéance qui a été annoncée par l’Union Européenne, à laquelle la vente de voitures thermiques neuve sera strictement interdite. Mais rassurez-vous, la firme au losange devrait largement être dans les temps, alors qu’elle a dévoilé début 2021 sa Renaulution, qui inclut entre autres un vaste plan d’électrification. Au programme, plusieurs modèles zéro-émission, dont la R5 E-Tech qui avait été présentée sous forme de concept-car à ce moment-là.
Depuis, la citadine est enfin arrivée dans les concessions, et elle sera bientôt suivie de la nouvelle Renault 4 qui avait été dévoilée lors du dernier Mondial de l’auto de Paris, en octobre. Mais si le constructeur tricolore mise sur le néo-rétro, il regarde également vers l’avenir. C’est ainsi qu’il a dévoilé l’an dernier une nouvelle génération de son Scénic, qui n’a plus grand-chose à voir avec la précédente génération. En effet, de monospace, il devient un SUV familial, une silhouette bien plus dans l’air du temps. Et surtout, il passe désormais à l’électrique, qui devient la seule motorisation disponible dans son catalogue. Néanmoins, plusieurs alternatives sont proposées.
Totalement réinventé, le Renault Scénic E-Tech semble sur le papier avoir perdu tous les atouts qui ont contribué au succès de la précédente mouture. Mais qu’en est-il sur le papier ? Pour le savoir, nous avons pu prendre le volant de la version Iconic la plus haut de gamme, qui embarque un moteur de 220 chevaux et qui a le droit à une grosse batterie de 87 kWh. Une configuration polyvalente, qui permet au SUV de chasser notamment sur les terres de la nouvelle Peugeot e-3008, entre autres. Découvrez dès à présent notre prise en mains de celui qui a été nommé Voiture de l’Année 2024 !
Essai Renault Scénic E-Tech 220 ch : un style totalement nouveau
C’est en 1996 qu’est dévoilée la première génération du Renault Scénic, dont le nom est en fait l’acronyme de « Safety Concept Embodied in a New Innovative Ca r», qui peut se traduire par « Concept de Sécurité Intrinsèque dans une Nouvelle Voiture Innovante ». A cette époque, ce nouvel arrivant sur le marché adoptait une silhouette de monospace, qui le suivra durant toute sa carrière, jusqu’à la quatrième génération, produite de 2016 à 2023. Mais entre-temps, en 2022 pour être plus précis, le constructeur lève le voile sur un inédit concept-car, baptisé Scénic Vision. Celui-ci avait alors pour but de préfigurer la prochaine génération, dont la version de série fut officialisée en septembre 2023, lors du salon de Munich. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que celle-ci n’a plus rien à voir du tout avec la voiture que l’on connaissait jusqu’alors.
En effet, fini le monospace devenu ringard, place à un SUV moderne, qui reprend les codes esthétiques initiés par le constructeur, sous l’impulsion de son nouveau directeur du style, Gilles Vidal. Ainsi, nous retrouvons des lignes particulièrement affûtées et agressives, notamment au niveau de la face avant. Celle-ci s’offre une calandre pleine en dégradé comme sur la Peugeot e-3008, qui adopte un motif en forme de losanges. Elle intègre également les optiques à LED, tandis qu’elle est encadrée de feux verticaux rappelant des prises d’air. De profil, le SUV affiche une silhouette assez élancée, grâce à sa ligne de toit assez basse, tandis qu’il repose sur des jantes de 19 à 20 pouces. Enfin, la partie arrière est également très travaillée, avec des feux au design original, ainsi que des appendices conçus pour améliorer l’aérodynamisme.
Essai Renault Scénic E-Tech 220 ch : un habitacle spacieux pour la famille
Si le Renault Scénic perd sa silhouette de monospace, certes un peu datée mais très pratique, et qu’il mesure 4 centimètres de moins que l’Arkana, il brille cependant par son habitabilité très satisfaisante. Et ce même s’il est également plus court qu’une Volkswagen ID.4, entre autres. En effet, le SUV électrique affiche un empattement de 2,78 mètres, ce qui reste somme toute assez généreux et qui permet de loger confortablement jusqu’à cinq personnes. Il faudra opter pour l’Espace pour avoir le droit à une configuration sept places. Les passagers de la banquette arrière auront tout le loisir d’étendre leurs jambes, tandis que l’espace à la tête est aussi très correct malgré la hauteur globale assez basse. De plus, ils profitent d’un accoudoir central très bien pensé. A l’avant aussi, le conducteur et son passager sont gâtés, avec des sièges à la fois beaux et confortables, même si ce dernier devra le régler à la main.
Bonne nouvelle, ils sont également chauffants, tout comme le volant sur notre version d’essai et ils offrent une grande amplitude de positions. La présentation du poste de conduite est quant à elle calquée sur celle de la Mégane E-Tech. Nous retrouvons ainsi un grand écran tactile de 12 pouces intégrant la dernière version du système OpenR Link avec Google intégré. Celui-ci est compatible avec Apple CarPlay et Android Auto, mais fait l’impasse sur l’assistant vocal Reno de la R5 E-Tech. Le SUV a tout de même le droit à un planificateur d’itinéraire intégré. On apprécie globalement les graphismes modernes mais classiques, ainsi que la prise en mais globale, grâce aux raccourcis tout en haut. et Les rangements sont également nombreux à bord, tandis que le coffre affiche un volume compris entre 545 et 1 670 litres.
Essai Renault Scénic E-Tech 220 ch : il a presque tout bon
A l’heure actuelle, le Renault Scénic E-Tech se décline en deux versions, toutes 100 % électriques. La première revendique 170 chevaux et embarque une batterie de 60 kWh reprise de la Mégane, qui lui permet de parcourir jusqu’à 420 kilomètres en une seule charge. La seconde, que nous avons pu prendre en mains affiche quant à elle une puissance de 220 chevaux pour un couple de 300 Nm. Les deux configurations sont équipées d’un seul moteur et adoptent donc une architecture traction. Reste à savoir si une variante dotée d’une transmission intégrale sera un jour ajoutée au catalogue, ce qui n’est pas à exclure. Notre modèle d’essai a le droit à une grosse batterie, héritée du Nissan Ariya que nous avions pu essayer. Celle-ci affiche une capacité de 87 kWh et permet d’atteindre une autonomie généreuse de 620 kilomètres selon le cycle WLTP.
La recharge s’effectue en théorie de 15 à 80 % en 37 minutes sur une borne de 150 kW en courant continu, ce qui n’est pas vraiment à la hauteur de certains concurrents. Par exemple, la Tesla Model Y n’a besoin que de 25 minutes, un chiffre qui baisse à 18 minutes pour la Hyundai Ioniq 5. Mais hormis ce détail, le Renault Scénic E-Tech reste une voiture très convaincante, surtout sur la route. En effet, il se révèle très polyvalent et particulièrement agréable en ville, d’autant plus qu’il est doté du freinage régénératif pouvant être réglé sur plusieurs niveaux. Il fait cependant l’impasse sur la conduite à une seule pédale. On apprécie sa maniabilité surprenante, ainsi que sa direction très souple. Celle-ci va de pair avec un amortissement également typé confort, qui absorbe parfaitement toutes les aspérités de la route. Un vrai atout, notamment sur les ralentisseurs et les autoroutes.
Sur ces dernières, le SUV s’en sort très bien, d’autant plus qu’il est équipé d’un système de conduite semi-autonome de niveau 2. Dommage néanmoins que les bruits aérodynamiques soient assez présents à haute vitesse, notamment au niveau des rétroviseurs. Si le Scénic affiche une puissance généreuse, il ne faudra pas non plus s’attendre à des accélérations fulgurantes, même si son poids reste relativement raisonnable pour une voiture de ce type, puisqu’il est affiché à 1 842 kilos. Le comportement n’est évidemment pas des plus incisifs, mais il demeure tout de même assez rassurant dans l’ensemble, malgré quelques remontées de couple dans la direction en sortie de virage. Le couple instantané permet de son côté de s’insérer facilement sur l’autoroute ou de dépasser sans crainte. Enfin, le freinage est satisfaisant, tant en termes d’efficacité que de ressenti de la pédale, ce qui n’est pas le cas de tous ses concurrents.
Essai Renault Scénic E-Tech 220 ch : pour résumer
La question que tout le monde se pose est la suivante au sujet de ce nouveau Renault Scénic E-Tech : mérite t-il son titre de voiture de l’année 2024 ? Sans aucun doute. Et pour cause, le SUV électrique possède de solides atouts dans l’ensemble, malgré quelques petits couacs comme l’absence de frunk ou encore le volume de coffre en baisse. Mais sur la route, il se montre très convaincant, et surtout particulièrement polyvalent. On apprécie également son bel espace à bord, ainsi que sa dotation technologique complète. Cependant, il faudra composer avec un prix affiché à partir de 35 990 euros. Ce qui donne cependant le droit au Scénic de bénéficier du bonus écologique, d’autant plus qu’il est certifié Origine France Garantie.
Essai Renault Scénic E-Tech 220 ch : notre avis
Design extérieur
Présentation intérieure
Technologie
Agrément de conduite
Rapport qualité / prix
Si le nouveau Renault Scénic perd certains atouts de son ancienne silhouette de monospace, il évolue en beauté, dans tous les sens du terme.
Essai Renault Scénic E-Tech 220 ch : fiche technique
- Moteur : moteur électrique synchrone à rotor bobiné
- Transmission : boîte automatique à un rapport, traction
- Puissance : 220 ch
- Couple : 300 Nm
- Dimensions : 4,47 x 1,86 x 1,57
- Poids : 1 872 kg
- 0 à 100 km/h : 7,9 secondes
- Vitesse maximale : 170 km/h
- Capacité de la batterie : 87 kWh
- Autonomie : 620 km WLTP
- Temps de charge : de 15 à 80 % en 37 minutes à 150 kW
- Volume de coffre : de 545 à 1 670 litres
- Émissions de CO2 / bonus : 0 g/km / 4 000 €
- Prix : à partir de 42 990 €









