Essais automobiles

Essai Renault Rafale E-Tech Full Hybrid : décollage immédiat

Près d’un an après sa présentation au salon aéronautique du Bourget, le Renault Rafale entre enfin en concession. La version coupé de l’Austral, disponible uniquement avec de l’hybridation, compte bien rafler quelques parts de marché. Nous avons été conviés à l’essayer en Espagne, du côté de Séville.

Photo essai Renault Rafale et Caudron-Renault C.460 Rafale 2024

Essai Renault Rafale : Gilles Vidal a encore frappé

Le Renault Rafale est une nouveauté très attendue et très importante pour le constructeur français cette année. En effet, l’essor des SUV Coupé n’est plus un secret et l’Arkana repose sur une base ainsi que sur des codes stylistiques vieillissants. Révélé en juin 2023, il inaugurait un tout nouveau visage repris depuis par le Scénic E-Tech ou le récent Symbioz. Bien que le nouveau logo ou encore la calandre 3D rappelle plus ou moins celle de l’Austral, le reste donne nettement plus de caractère à la face avant. On dit notamment adieu au fameux « C-Shape » et on découvre désormais une signature lumineuse qui rappelle le losange. Tout le véhicule arbore ensuite des lignes très galbées et sculptées. Pour conserver l’espace à bord, la poupe fuyante démarre juste après le montant C et vient s’échouer sur une malle très verticale. À l’arrière, les feux sont eux aussi très stylisés et s’affinent jusqu’au logo en relief, dont celui-ci surplombe l’inscription Rafale en police manuscrite. Enfin, pour une allure toujours plus sportive, on notera également la présence de deux becquets et d’un petit diffuseur couleur carrosserie. Et si j’évoquais en introduction l’Austral, j’aurais peut-être plutôt dû parler de l’Espace tant ses dimensions s’en rapprochent. Le Renault Rafale mesure en effet 4,71 m de long (soit seulement 12 mm de moins), 1,61 m de haut et 1,86 m de large.

Essai Renault Rafale : de la place pour tous

Photo intérieur Renault Rafale 2024

En tant que connaisseur de la marque, vous n’aurez pas non plus de surprise en grimpant à bord. Après avoir été accueilli par l’ambiance sonore conçue par Jean-Michel Jarre, on s’installe bien à l’intérieur d’une Renault contemporaine. On remarque directement la longue dalle numérique qui fait face au conducteur et qui se poursuit jusqu’à l’écran tactile vertical de 12 pouces. Ce dernier projette la dernière version de OpenR Link opéré par Google qui propose un affichage au design soigné, et surtout fluide. On retrouve aussi par exemple le volant presque rectangulaire découvert pour la première fois sur Mégane E-Tech. L’ensemble offre à mon sens un habitacle résolument moderne et accueillant, qui donne envie d’emblée. D’autant plus que les matériaux choisis présentent une qualité perçue flatteuse. On a par exemple de l’ardoise, du cuir, du plastique moussé en partie haute, et du plastique dur n’habillant majoritairement que les parties basses (invisible une fois les portes fermées). Le seul grief que j’ai pu relever se situe au niveau de la boîte à gants, en plastique dur visible cette fois-ci, où l’assemblage me semble à peaufiner.

Pour le Rafale, Renault a choisi de mettre en place des sièges typés sport, en similicuir et Alcantara. En plus d’être joliment dessinés, ils se veulent enveloppants, avec un très bon maintien latéral, et confortables. Ils sont également chauffants et massants. Par ailleurs, les passagers avant ne sont pas les seuls à être bien traités. Car malgré cet aspect de coupé, on est bien reçu à l’arrière, aux jambes comme à la tête. La sensation d’espace est franchement appréciable et permettra d’accueillir des enfants et des adultes. Il est en outre possible de profiter du tout nouveau toit panoramique Solarbay. Cette innovation permet d’opacifier la vitre par segments, à la demande des occupants, selon 4 modes : totalement opaque ou transparent, opaque à l’avant et transparent à l’arrière ou inversement. Enfin, le coffre est plutôt généreux en promettant un volume de 627 litres (532 dm3 VDA).

Essai Renault Rafale : le confort plus que la vigueur

Photo dynamique Renault Rafale 2024

Comme je le disais en introduction, le Renault Rafale n’est vendu qu’avec deux motorisations essence hybride. Une version plug-in 4×4 de 300 chevaux à venir très bientôt et l’E-Tech Full Hybrid de 200 chevaux qui nous intéresse aujourd’hui. Techniquement, on a sous le capot un 3 cylindres 1.2 L TCe turbocompressé de 130 chevaux qui est épaulé par deux moteurs électriques. Un principal qui développe 50 kW (70 ch) et qui est alimenté par une batterie lithium-ion de 2 kWh brut, pour assurer les roulages en électrique. Tandis que le second moteur de 25 kW (34 ch) est dédié aux démarrages du moteur thermique et aux changements de rapports de la boîte à crabots sans embrayage. Vous l’aurez compris, il s’agit ici d’une technologie auto-rechargeable, qui ne nécessite pas de se brancher.

Alors que cette fiche technique et les annonces du constructeur semblent très prometteuses, le Renault Rafale E-Tech 200 ch présente un visage contrasté lors de la conduite, alliant certaines qualités à des défauts qui méritent d’être soulignés. Dès les premiers tours de roue, il s’affirme comme une proposition sérieuse dans le segment des hybrides, se distinguant par une conduite à la fois pétillante et confortable. En effet, le moteur hybride de 200 chevaux dévoile une belle vigueur, assurant des accélérations franches et une bonne réactivité. La transmission automatique se montre souple et généralement bien calibrée, contribuant à une expérience de conduite fluide.

En ville, le Rafale se faufile avec aisance, profitant de l’assistance électrique pour des démarrages silencieux et instantanés. Puis l’atout majeur réside surtout dans le système de roues directrices « 4Control Advanced », qui permet aux roues arrière de pivoter légèrement pour améliorer la maniabilité à basse vitesse et la stabilité à haute vitesse. Cette technologie est particulièrement appréciée lors des manœuvres en milieu urbain, réduisant considérablement le rayon de braquage qui s’établit comme une Clio (!) à 10,4 mètres. Sinon, les suspensions plus fermes que sur un Austral secoueront légèrement plus les occupants sans que cela devienne pour autant invivable ; et le SUV a tendance à trop diffuser des bruits de roulement dans l’habitacle lorsque la route devient granuleuse.

Dans un deuxième temps, comme son nom pourrait le laisser deviner, le Renault Rafale devrait se destiner à une conduite un poil plus dynamique que le reste de la gamme. Dans les faits, ce n’est pas totalement le cas et l’essai a permis de dévoiler quelques réserves. Si le Rafale brille par sa capacité à accélérer grâce à la fée électricité (le 0 à 100 km/h est abattu en 8,9 secondes), les reprises en pleine charge peuvent parfois manquer de mordant, notamment à haute vitesse. La boîte se montre dès lors un peu perdue en provoquant quelques à-coups aléatoires et surtout des creux, qui en plus d’être perturbants, brident complètement son tempérament. Même en mode Sport ! Dommage car, sur route sinueuse, la direction ferme et précise, le châssis bien équilibré, combinés aux quatre roues directrices à nouveau, permettent de négocier les virages avec assurance, offrant ainsi un plaisir de conduite certain.

C’est en matière de confort, à vitesse stabilisée et sur un beau ruban d’asphalte, que le Rafale E-Tech excelle le plus. La position de conduite bien étudiée permet de se sentir à l’aise même lors des longs trajets. Les aides à la conduite, telles que l’assistance au maintien dans la voie et le régulateur de vitesse adaptatif sont maintenant parfaitement au point et apportent un surcroît de sécurité et de sérénité, particulièrement appréciable sur autoroute. Mais ce n’est évidemment pas tout. Là le travail sur l’insonorisation se fait plus présent et on subit moins les assauts extérieurs. Tout comme la suspension qui se montre plus prévenante et donne envie de parcourir quelques centaines de kilomètres à son volant.

Essai Renault Rafale : haut de gamme du constructeur

Photo nouveau Renault Rafale 2024

Si Renault vient de présenter tout récemment la motorisation 300, l’offre commerciale de notre modèle du jour a été simplifiée au maximum. Il est seulement possible de choisir entre deux finitions, Techno et Esprit Alpine. La première s’échange à partir de 45 000 € et la seconde à partir de 49 000 €. C’est cette dernière qui nous intéresse d’ailleurs aujourd’hui. Elle embarque de série le 4Control Advanced, le hayon motorisé, l’accès mains libres, les jantes 20 pouces ou encore des packs de design Alpine. Puis en ajoutant quelques options comme par exemple la peinture bi-ton bleu/noir à 1 150 €, le pack Harmon Kardon à 1 000 € ou le toit Solarbay à 1 500 € on peut obtenir un exemplaire jusqu’à 56 550 €. Grâce à une homologation en cycle mixte WLTP à 107 g/km de CO2, il échappe pour l’instant au malus. En revanche, le malus au poids s’applique et devrait se situer entre 600 et 1200 € selon l’équipement.

Terminons sur un point crucial. Il n’est pas toujours simple de parler consommation lors de ce genre d’essais sur le pouce. Ce que je peux vous dire, c’est que le Renault Rafale s’en sort bien pour un tel gabarit et niveau de puissance. En adoptant une conduite dynamique sur quelques dizaines de kilomètres on se stabilise à 7,5 litres. Sinon, un parcours mixte pourra se situer entre 6 et 7 litres ; puis il est même facile de descendre à 5 l/100 km en étant plus doux avec la pédale d’accélérateur. Son généreux réservoir de 55 litres pourrait vous laisser parcourir plus de 1 000 km !

Essai Renault Rafale : pour résumer

Photo logo arrière Renault Rafale 2024

Fabriqué en Espagne, le nouveau Renault Rafale est déjà disponible en concession. S’il ne cherche pas à battre des records comme son ancêtre le Caudron-Renault C.460 Rafale, il apporte avec lui un design très séduisant et un habitacle soigné. Il sait en plus jongler entre ses aptitudes de grande routière et son comportement pêchu, bien que la conduite typée sportive soit en deçà des attentes. Gageons que la version Esprit Alpine 300 jouera mieux ce rôle !

Essai Renault Rafale : fiche technique

  • Moteur : trois cylindres en ligne, 1 199 cm³, injection directe, essence, turbo + deux moteurs électriques
  • Transmission : boîte automatique à crabots, traction
  • Puissance : 200 ch
  • Couple : 205 Nm
  • Dimensions : 4,71 x 1,87 x 1,61 mètres
  • Poids : 1 714 kg
  • 0 à 100 km/h : 8,9 secondes
  • Vitesse maximale : 180 km/h
  • Capacité de la batterie : 2 kWh
  • Volume de coffre : de 530 à 1 600 litres
  • Émissions de CO2 / malus : 106 g/km / pas de malus
  • Consommation en cycle mixte : 4,7 l/100 km
  • Prix : à partir de 45 000 €

Essai Renault Rafale : les photos

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