Essai Smart #3 Brabus : que vaut le SUV électrique sino-allemand ?
Conçue par Mercedes et reposant sur la plateforme du Volvo EX30, la Smart #3 est le second modèle de la nouvelle ère de la marque appartenant à Daimler et Geely. Nous avons eu la chance d’en prendre le volant dans sa version Brabus forte de 423 chevaux.
Si vous entendez parler de Smart, vous pensez sans aucun doute aux petites citadines deux ou quatre places qui pullulent dans les grandes villes, et notamment à Paris. Si la marque a fait sa réputation avec ses ForTwo et ForFour, les choses ont bien changé au fil des années, alors que ces deux petites autos viennent tout juste de quitter définitivement le catalogue, après plusieurs décennies de bons et loyaux services. Mais avant cela, elles ont connu plusieurs évolutions, en devenant notamment 100 % électriques, amorçant alors un tournant pour le constructeur, qui appartenait alors entièrement au groupe allemand Daimler, maison-mère de Mercedes. Sujette à des difficultés, Smart a ensuite et rachetée en partie par le groupe chinois Geely, qui possède notamment Volvo, Polestar ou encore Lotus et Lynk & Co. Un changement de taille pour le constructeur, qui avait déjà pour projet de devenir une marque 100 % électrique au cours des prochaines années.
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Mais désormais, il peut compter sur le savoir-faire de l’entreprise basée à Hangzhou dans le domaine. C’est ainsi que la firme a entamé une importante transition, avec le lancement d’un modèle totalement inédit, qui porte le nom de Smart #1. Ce dernier prend la forme d’un petit SUV urbain, propulsé uniquement par une motorisation électrique. C’est la première voiture de la nouvelle ère de la firme sino-allemande, qui sera bientôt suivie par une seconde. Il s’agit donc de la fameuse #3 (prononcez hashtag three), qui fut officiellement dévoilée en avril 2023 au salon de Shanghai. Cette dernière est en fait la version coupé du premier modèle de la marque depuis son rachat partiel. Elle se décline en plusieurs variantes, dont une retravaillée par le préparateur attitré de la marque, à savoir Brabus. C’est justement cette version que nous avons pu tester lors de notre prise en mains. A noter que cette nouvelle auto, comme la #1 n’est plus produite en France mais en Chine.
Un changement de taille pour le constructeur, puisque ses voitures électriques ne sont alors plus éligibles au bonus écologique. Mais nous y reviendrons un peu plus tard. En attendant, place à l’essai de cette nouvelle Smart #3 Brabus, forte de 423 chevaux et d’une accélération totalement démentielle. Mais a t-elle vraiment toutes les cartes en mains pour se faire une place sur un marché de plus en plus concurrentiel ? Pour le savoir, nous vous proposons de découvrir dès à présent notre prise en mains complète ci-dessous !
Essai Smart #3 Brabus : un style dynamique et fun
Il y a quelques années encore, les voitures de Smart affichaient un look tout en rondeur, pas forcément très consensuel, notamment pour les premières générations. Mais depuis le lancement de la #1, les choses ont très nettement changé, et la firme a trouvé un style bien plus mature et abouti. Forcément, nous retrouvons celui-ci sur la nouvelle #3, qui reprend les principaux attributs esthétiques de sa petite sœur, à commencer par sa face avant. Cette dernière se veut très simple, afin d’optimiser l’aérodynamisme, alors que le Cx (coefficient de traînée) est affiché à 0,27, ce qui est assez correct. Et cela, on le doit à la calandre pleine, qui surmonte cependant un bouclier ouvert pour refroidir le moteur électrique. Juste au-dessus, la signature lumineuse s’étend sur toute la largeur de la voiture, et nous rappelle dans une moindre mesure celle de la Volkswagen ID.3. De profil, le SUV coupé électrique affiche une silhouette dynamique, avec son toit légèrement incliné, tout comme sa lunette arrière.
Le véhicule affiche des dimensions relativement généreuses, avec une longueur de 4,40 mètres, soit 13 centimètres de plus que sa petite sœur. La largeur est quant à elle affichée à 1,84 mètres pour une hauteur de 1,55 mètre. Un beau bébé que cette Smart #3, qui se positionne comme un modèle compact rival, ou plutôt cousin du Volvo EX30. La partie arrière rappelle quant à elle la face avant, avec là encore deux feux allongés et arrondis, reliés entre eux par une fine bande lumineuse. Le hayon se veut très épuré, de même que la ligne globale de la voiture. Cette dernière se dote notamment de poignées intégrées à la carrosserie, afin de réduire la résistance à l’air. A noter que la version Brabus se distingue par des éléments spécifiques, tels que les logos sur les boucliers avant et arrière, ainsi que la prise d’air sur le capot au-dessus du logo, entre autres. Plusieurs styles de jantes sont également proposées, dont une version permettant de réduire la consommation.
Essai Smart #3 Brabus : attention à l’ergonomie
Il est maintenant temps de nous installer derrière le volant de cette Smart #3 Brabus, dont le poste de conduite a été conçu et dessiné par les équipes de Daimler. Au premier abord, on apprécie le dessin global de la planche de bord, qui nous rappelle notamment les productions de Mercedes, notamment au niveau de la console centrale. Cette dernière est plutôt pratique et fait la part belle aux rangements, tandis que le sélecteur de vitesse est sur le volant. Ce qui nous rappelle notamment ce que propose la marque à l’étoile, ainsi que Tesla. En revanche, tous les boutons physiques ont disparu, puisque l’intégralité des commandes sont désormais intégrées dans l’écran tactile. Ce dernier affiche une diagonale de 12,8 pouces et est compatible avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil, mais demande un certain temps d’adaptation. Et pour cause, il s’avère assez peu pratique et assez difficile à utiliser, même si les graphismes sont très agréables et colorés.
Il est associé à un petit combiné numérique de 9,2 pouces, complété par un affichage tête-haute de 10 pouces projeté sur le pare-brise. De quoi profiter de toutes les informations indispensables à la conduite en un coup d’œil, sans avoir à quitter la route des yeux. Un très bon point, qui contraste avec la dalle tactile centrale. Cependant, le reste du poste de conduite est très agréable et étonnement spacieux. En effet, la Smart #3 Brabus affiche un empattement de 2,79 mètres et accueille confortablement jusqu’à cinq personnes à son bord. A l’arrière, l’espaces aux jambes et à la tête est plutôt correct, tandis que le conducteur et son passager profitent de sièges réglables électriquement et chauffants. Le volume de coffre est quant à lui compris entre 370 et 1 160 litres lorsque la banquette est rabattue. La présentation globale est quant à elle globalement qualitative, de même que les finitions. Les matériaux sont de bonne facture et on apprécie la touche de sportivité apportée par les ceintures rouges sur la version Brabus de notre essai.
Essai Smart #3 Brabus : de la puissance, mais un comportement perfectible
Au total, deux versions sont disponibles dans la gamme de la Smart #3, avec une dotée d’un seul moteur électrique à l’arrière et une Brabus qui en embarque deux, pour une puissance totale de 423 chevaux. C’est donc sur cette déclinaison que nous avons jeté notre dévolu pour cette prise en mains, alors qu’elle s’annonce comme une voiture sportive, signée par l’emblématique préparateur. De quoi lui permettre de rivaliser frontalement avec la future Abarth 600e encore en cours de développement par la firme italienne. Forte d’un couple de 543 Nm disponible instantanément, cette variante réalise le 0 à 100 km/h en seulement 3,7 secondes et affiche une vitesse maximale limitée à 180 km/h seulement. Au total, quatre modes de conduite sont disponibles, jouant sur la fermeté de la direction ainsi que sur la réponse de l’accélérateur, avec une configuration Brabus qui aura eu notre préférence. Cette dernière offre alors des accélérations canon, d’autant plus qu’une fonction Launch Control est également disponible.
Mais si le caractère sportif de cette Smart #3 est avéré, encore faut-il que le comportement soit à la hauteur. Et c’est là que ça se complique. Car si le SUV compact reprend la plateforme SEA du Volvo EX30, il s’avère en revanche nettement moins dynamique à l’usage, et notamment sur les routes sinueuses. Sans doute est-ce dû au typage assez souple des suspensions, qui vont de pair avec une prise de roulis assez importante. Pourtant, l’amortissement est également assez ferme sur certaines aspérités de la route, ce qui peut nuire au confort pour les passagers les plus sensibles. Dommage donc pour cette voiture, qui sera donc plus agréable à conduire en ville qu’à un rythme soutenu. Sur des trajets du quotidien, on appréciera la régénération au freinage, qui peut être réglée sur deux niveaux, via l’écran tactile. Dommage que Smart n’ai pas fait le choix des palettes, comme chez Kia ou sur la nouvelle Peugeot e-3008, entre autres.
Le freinage est quant à lui assez moyen, mais heureusement, la voiture compense par une belle dotation d’aides à la conduite, avec entre autres le régulateur de vitesse adaptatif ainsi que l’assistant dans les embouteillages et de la conduite autonome de niveau 2. En revanche, certaines sont bien trop intrusives, telles que le système anti-collision ainsi que l’alerte de survitesse, avec des signaux sonores très agaçants. La Smart #3 Brabus se dote d’une batterie affichant une capacité brute de 66 kWh, qui lui offre alors une autonomie allant jusqu’à 415 kilomètres selon le cycle européen WLTP. La recharge de 10 à 80 % se fait quant à elle en moins de 30 minutes sur une borne en courant continu, à une puissance de 150 kW. A noter que le SUV électrique n’est désormais plus éligible au bonus écologique, puisqu’il est fabriqué en Chine, et plus précisément au sein de l’usine située à Xi’An. Enfin, la consommation moyenne reste raisonnable, tournant autour des 16,5 kWh/100 km.
Essai Smart #3 Brabus : pour résumer
Smart nous offre une proposition très intéressante avec sa nouvelle #3, qui se décline en une version Brabus très alléchante. Outre son style, qui apporte un vent d’air frais à la gamme, le SUV compact affiche des performances de haut vol, notamment en ce qui concerne l’accélération bluffante. Dommage cependant que le comportement global soit un peu en-deçà des attentes, tandis que les aides à la conduite sont un peu trop intrusives. Gros bémol également en ce qui concerne l’ergonomie de l’écran tactile, qui est pourtant très agréable à regarder. Espérons que Smart apporte quelques petites améliorations à sa voiture, qui a tout le potentiel pour être l’un de ses best-sellers au cours des prochaines années.
Essai Smart #3 Brabus : notre avis
Design extérieur
Présentation intérieure
Technologie
Agrément de conduite
Rapport qualité / prix
Il ne manque pas grand-chose à cette nouvelle Smart #3 Brabus pour être réellement une très bonne voiture, mais elle demeure encore perfectible sur certains points.
Essai Smart #3 Brabus : fiche technique
- Moteur : moteurs électriques synchrones à aimants permanents
- Transmission : boîte automatique, transmission intégrale
- Puissance : 428 chevaux
- Couple : 543 Nm
- Dimensions : 4,40 x 1,84 x 1,55 m
- Poids : 1 910 kg
- 0 à 100 km/h : 3,7 secondes
- Vitesse maximale : 180 km/h
- Capacité de la batterie :66 kWh
- Autonomie : 415 km
- Temps de charge : 10 à 80 % en moins de 30 minutes à 150 kW
- Volume de coffre : de 370 à 1 160 litres
- Émissions de CO2 / bonus : 0 g/km / pas de bonus
- Prix : à partir de 49 815 €










