Essai Mitsubishi Outlander PHEV : la force tranquille
Présenté dès 2021, le Mitsubishi Outlander PHEV n’est finalement arrivé en France qu’en 2025. Mais que vaut ce SUV hybride sur les routes ? Découvrez la réponse ci dessous !
Quatre années se seront donc écoulées entre sa révélation et sa commercialisation chez nous, dans un marché de l’hybride rechargeable qui n’a cessé d’évoluer entre-temps. Sur notre territoire, il n’est proposé qu’en version PHEV, avec une chaîne de traction annoncée comme plus efficiente et mieux adaptée aux usages actuels. Ancien best-seller en France comme en Europe, l’Outlander avait su trouver son public. Mais dans un contexte désormais bien plus concurrentiel, ce retour tardif suffit-il à lui redonner une place de choix sur le segment ?
Essai Mitsubishi Outlander PHEV : à l’américaine !
À l’extérieur, le Mitsubishi Outlander PHEV ne cherche pas à faire dans la discrétion. La face avant est plutôt massive, presque verticale, avec de très gros blocs optiques bien visibles, encadrés par une imposante pièce chromée et surmontés d’une fine signature lumineuse. Au centre, la large calandre noire intègre le logo ainsi que des lames horizontales et des ouvertures en nid d’abeille.
Le choix est assumé : là où beaucoup de constructeurs tendent à faire disparaître les projecteurs et à réduire le chrome, l’Outlander fait exactement l’inverse. Le résultat peut sembler un peu daté, et il l’est en partie si l’on se réfère à sa présentation initiale, surtout en photo. Mais en réalité, il dégage une vraie présence. Dans la configuration essayée, je dois reconnaître qu’il en impose. Le rouge lui va particulièrement bien et les grandes jantes participent clairement à l’allure générale, même si pour son usage j’aurais un peu peur de vite les abîmer. De profil, c’est sans doute la partie la plus réussie.
Avec ses 4,72 m de long, soit pas loin de 2,5 cm en plus que la précédente génération, il affiche des proportions étirées. Les surfaces vitrées sont assez réduites par rapport aux grandes portes, la chute de toit est bien inclinée, presque sportive, et la hauteur de 1,75 m lui donne une belle stature. Une ligne marquée parcourt toute la carrosserie et structure l’ensemble. Le dessin est plus classique qu’à l’avant, mais aussi plus cohérent. À l’arrière, la simplicité domine, avec un pare-chocs couleur carrosserie sans effet particulier et une malle sobre, simplement soulignée par des feux plus effilés, plutôt réussis.
Essai Mitsubishi Outlander PHEV : on s’y sent bien, tout simplement
On poursuit à l’intérieur du Mitsubishi Outlander PHEV, et l’on retrouve un peu la même philosophie qu’à l’extérieur. L’ambiance est massive, assez rustique dans le bon sens du terme, et je dois dire que j’aime bien ça ! La planche de bord joue sur des lignes très verticales et horizontales, avec une grosse console centrale bien présente. Il n’y a pas vraiment d’originalité dans le dessin des buses d’aération ou dans l’architecture générale, mais l’ensemble paraît solide et cohérent.
Les matériaux sont simples mais plutôt flatteurs visuellement, la finition m’a semblé correcte sur notre modèle d’essai. L’objectif n’est de toute façon pas de chercher à rivaliser avec les références premium. Comme la teinte rouge, j’ai là aussi apprécié la configuration avec une teinte de garniture marron. C’est chaleureux et ça contraste agréablement avec l’aspect un peu robuste de l’ensemble. Les sièges, avec leurs motifs de cuir travaillés sur les assises et les contre-portes, apportent une petite touche plus soignée. Sur le plan pratique, c’est également très convaincant.
Le sélecteur de vitesse tombe bien en main et surtout, on conserve de nombreux boutons physiques : climatisation, sièges ventilés/chauffants, radio, caméra 360°, modes de conduite ou réglages électriques. Tout est accessible sans devoir passer en permanence par l’écran central. Celui-ci mesure d’ailleurs 12,3 pouces, avec un système très classique, pas forcément le plus intuitif du marché, mais suffisamment réactif. Je pense que la plupart des utilisateurs basculeront rapidement sur Apple CarPlay ou Android Auto. En face, le combiné d’instrumentation numérique de 12,3 pouces lui aussi est simple, lisible, et complété par un affichage tête haute bienvenu.
À l’arrière, l’espace aux jambes est particulièrement généreux, même pour des adultes de grande taille, avec une vraie marge entre les genoux et les dossiers avant. Le plancher quasiment plat permet d’installer une troisième personne au centre dans des conditions correctes, sans devoir composer avec un tunnel de transmission trop envahissant. En revanche, la garde au toit est un peu plus limitée pour les grands gabarits. Au-delà d’1,85 m ou 1,90 m, des adolescents très grands ou des adultes pourraient commencer à se sentir à l’étroit. Le toit panoramique apporte heureusement de la luminosité et une sensation d’espace supplémentaire. Côté coffre, on dispose de 472 litres en configuration classique, et jusqu’à environ 1 400 litres une fois la banquette rabattue. À noter enfin que le millésime 2026 ajoute une prise 220 V, un détail pratique pour alimenter de petits appareils.
Essai Mitsubishi Outlander PHEV : taillé pour rouler sereinement
Il est temps de démarrer. Mais pour cela, voyons ce qui se cache sous le capot et le plancher. Le Mitsubishi Outlander PHEV repose sur la plate-forme CMF-CD de l’alliance, également utilisée par des modèles comme les Renault Austral ou Espace, même s’il ne reprend pas leurs motorisations. Par rapport à la précédente génération déjà proposée en hybride rechargeable, l’évolution technique est importante. On retrouve un quatre cylindres atmosphérique 2,4 litres développant 136 chevaux, associé à une transmission de type CVT intégrant un générateur. À cela s’ajoutent deux moteurs électriques, un sur chaque essieu : 116 chevaux à l’avant et 136 chevaux à l’arrière. L’ensemble forme donc une transmission intégrale électrique, sans liaison mécanique classique entre les deux trains.
La puissance cumulée atteint 306 chevaux, pour un couple maximal de 450 Nm. Encore faut-il une capacité énergétique suffisante pour exploiter pleinement cette configuration. Elle repose ici sur un pack affichant 22,7 kWh brut, dont 16,8 kWh réellement utilisables. Au volant de cette quatrième génération du Mitsubishi Outlander PHEV, je découvre un SUV très orienté vers le confort. Les suspensions sont en fait très souples, clairement calibrées pour filtrer les irrégularités, sans être cassantes. Mais en revanche, sur certaines déformations marquées, la caisse peut se montrer un peu trop mobile et ça secoue les occupants peut-être un poil trop malheureusement. Les grandes jantes de 20 pouces de notre version d’essai n’aident sans doute pas ; à mon sens, les 18 pouces des premiers niveaux de finitions seront plus cohérentes si l’on cherche à optimiser à la fois le confort et la consommation. L’insonorisation n’est pas irréprochable non plus.
Les surfaces frontales importantes génèrent forcément des bruits d’air perceptibles sur voie rapide, mais l’ensemble reste en adéquation avec son positionnement, qui ne vise pas le registre premium comme je le disais plus haut. Le quatre cylindres et la transmission à variation continue (CVT) peuvent aussi surprendre les non-initiés lors des fortes sollicitations, avec un régime qui monte de façon assez linéaire. Cela dit, la sonorité demeure raisonnable et ne devient jamais stridente. À vitesse stabilisée, le groupe thermique se fait discret, et en conduite électrique, très fréquente lorsque la charge le permet, le silence domine évidemment. Justement, c’est cette partie électrifiée qui rend l’auto globalement apaisante à mener. Malgré un gabarit conséquent et un poids d’environ 2 200 kg, je l’ai alors trouvée facile à prendre en main. Les transitions entre les différentes sources d’énergie sont peu perceptibles et le rayon de braquage de 11 mètres seulement aide vraiment dans les manœuvres.
Vous l’aurez compris, ce SUV n’a clairement pas été pensé pour une conduite dynamique. Si l’on hausse le rythme, on ressent du roulis et un certain flou dans la direction, qui manque un peu de consistance autour du point milieu. Mais ce n’est pas sa vocation, alors pas de soucis. En adoptant un style plus coulé, il se montre cohérent et rassurant. La transmission intégrale permanente assure un très bon niveau d’adhérence, notamment sur chaussée humide, où je n’ai constaté aucun patinage intempestif, comme c’est parfois le cas. Les accélérations sont franches, avec un 0 à 100 km/h annoncé en 7,9 secondes, ce qui reste une valeur solide pour un modèle de ce gabarit. Les relances sont tout aussi convaincantes grâce au couple immédiatement disponible. Puis le freinage fait partie des bonnes surprises : la pédale offre un ressenti naturel et le mordant est bien dosé, ce qui met rapidement en confiance. Enfin, il ne se limite pas à l’asphalte. Fidèle au savoir-faire de la marque en matière de tout-terrain, il propose plusieurs modes de conduite adaptés aux surfaces meubles. Avec près de 20 cm de garde au sol et un angle d’attaque supérieur à 18°, il pourra s’aventurer sans difficulté sur des chemins, en forêt ou à la montagne. Il ne s’agit pas d’un franchisseur pur et dur, mais pour un usage loisir ou professionnel, il se montre tout à fait à l’aise.
Sur le plan de l’autonomie électrique, le Mitsubishi Outlander PHEV annonce 85 kilomètres selon le cycle WLTP. Dans la réalité, c’est plus nuancé. En hiver, lors de mon essai, j’ai plutôt constaté entre 50 et 60 km sans difficulté
particulière. En conditions plus clémentes, on peut raisonnablement viser autour de 70 km. Il est également capable de rouler en mode 100 % électrique jusqu’à 135 km/h, ce qui permet d’emprunter des voies rapides sans démarrer le quatre cylindres. Il faut simplement garder à l’esprit qu’à cette allure, l’autonomie fond beaucoup plus vite. En usage hybride, la consommation devient difficile à figer tant elle dépend du profil du trajet ou de votre sollicitation de la pédale d’accélérateur : on peut évoluer entre 1 et 4 l/100 km. Une fois l’accumulateur vidé, le tableau change. Sur un trajet de 150 km de départementales, sans pratiquer d’éco-conduite à outrance, j’ai relevé 6,8 l/100 km, ce qui reste une bonne surprise pour un SUV de 300 ch. En revanche, si l’on hausse le rythme ou sur autoroute, la moyenne peut rapidement approcher les 9 à 10 l/100 km. Comme on le répète très souvent, il faut vraiment jouer le jeu et brancher le plus souvent possible pour en tirer le meilleur. Côté recharge justement, le chargeur embarqué accepte seulement jusqu’à 3,7 kW, soit environ 6 h 30 pour une charge complète. Il est aussi compatible avec la charge rapide en courant continu à 50 kW, permettant de passer de 10 à 80 % en 32 minutes. Dommage que cela passe par un connecteur CHAdeMO, aujourd’hui bien moins répandu en France que le CSS.
Pour terminer, l’un des points forts de ce nouveau Mitsubishi Outlander est probablement son tarif. Si la gamme moteur est très réduite, de nombreuses finitions sont quant à elles disponibles afin de bien cibler vos besoins et votre budget. L’engin débute à 52 090 € en finition Invite qui embarque de série la caméra 360°, combiné numérique, jantes 18 pouces, système audio Yamaha Premium à 8 haut-parleurs ou encore l’ouverture sans clé. Un tarif très bien placé compte tenu de sa taille, sa cavalerie et son équipement. Des concurrents tels que le Peugeot 5008, le Mazda CX-60 ou encore le Volkswagen Tayron sont souvent moins habitables, moins équipés ou moins puissants. Mon modèle d’essai coiffe la gamme grâce à la finition Instyle+ qui inclut le toit panoramique, les sièges en cuir et chauffants/ventilés/massants, les jantes 20 pouces, le hayon électrique ou encore l’affichage tête-haute. Il s’échange au prix de 66 590 €. À cela peut s’ajouter une peinture à 1 250 €, et c’est tout, il n’y a pas d’autres options à ajouter. Des offres sont proposées fréquemment, n’hésitez pas à aller en concession pour en savoir plus. Enfin, s’il est exempté de malus écologique, il n’échappe pas au malus au poids, bien que ce dernier soit réduit grâce à l’hybridation : un peu moins de 8 000 €. Aïe ! Cependant, plusieurs exemptions existent, renseignez-vous !
Essai Mitsubishi Outlander PHEV : pour résumer
Au final, le Mitsubishi Outlander PHEV revient avec une proposition claire et cohérente. Il ne cherche pas à impressionner par un comportement dynamique ou une technologie révolutionnaire, mais par son homogénéité. Spacieux, confortable, bien équipé et doté d’une motorisation performante, il répond aux attentes d’un SUV familial moderne à condition de pouvoir le recharger régulièrement. Certes, le budget reste élevé dans l’absolu, mais au regard des prestations et de la puissance disponible, le positionnement tarifaire reste presque une bonne affaire face à plusieurs concurrents parfois moins généreux. Le marché a évolué depuis sa présentation, mais il conserve des arguments solides. Alors oui, il est en droit de retrouver sa place dans le paysage des hybrides rechargeables familiaux.














