Essais automobiles

Essai Renault Mégane RS Trophy EDC : étoile filante

Profitant d’un léger restylage avant la retraite, la Renault Mégane RS Trophy est pourtant encore au sommet de sa forme. Nous avons voulu prendre le volant de celle qui reste encore la référence du segment.

Photo statique essai nouvelle Renault Mégane RS Trophy EDC

C’est en 2004 que naît la toute première version de la Renault Mégane RS, alors basée sur la 2ème génération de la compacte. Le début d’une longue histoire pour la sportive, devenue au fil des années une véritable icône, et surtout une référence sur le marché. Déclinée en de nombreuses versions, notamment en sport auto, elle fut plébiscitée à de nombreuses reprises par la presse spécialisée, élue notamment « meilleure compacte sportive » par Top Gear et What Car ?. Un beau palmarès pour cette Mégane RS, que rien ne semble pouvoir arrêter. Sauf les normes environnementales, qui auront fini par avoir sa peau, alors qu’elle prendra sa retraite en 2023, au terme de sa 3ème génération. La faute à une écologie punitive qui souhaite voir disparaitre les voitures plaisir, et à un malus de plus en plus sévère, désormais plafonné à 30 000 €. Mais ne parlons pas de choses qui fâchent.

Car si la compacte déchaînée va bien devoir faire ses adieux, ce n’est pas sans s’offrir un nouveau restylage, prouvant que la marque au losange n’a pas vraiment envie de voir partir sa star. Une belle manière de continuer à faire vivre la sportive, qui s’était déjà déclinée en une radicale version Trophy R, vendue à seulement 30 exemplaires. Nous aurions alors pu croire que cette variante aurait signé la fin de la compacte. Et bien non, puisque celle-ci continue donc encore un peu sa carrière, pour notre plus grand plaisir ! Déjà très sympa dans sa version standard, forte de 280 chevaux, elle l’est encore plus dans sa déclinaison Trophy, retravaillée par les ingénieurs de Renault Sport afin de développer 300 équidés et d’offrir des performances globales en hausse. Et le programme des réjouissances nous fait déjà saliver : nouveau turbo, échappement à clapet actif ou encore suspensions raffermies. Sans parler de la dotation de série, qui reprend la quasi-totalité de ce qui est proposé en option sur la Renault Mégane RS 280. Il n’y a pas à dire, la marque a mis les petits plats dans les grands.

Nous avons donc voulu profiter des beaux jours pour nous installer derrière le volant de cette Renault Mégane RS Trophy, avant qu’elle ne prenne sa retraite. Et pour cet essai, nous avons opté pour la version équipée de la boite EDC, capable d’encaisser un couple plus important que la transmission manuelle. De quoi se faire plaisir et s’amuser sur les jolies routes de la région parisienne…

Essai Renault Mégane RS Trophy EDC : toujours aussi désirable

Photo essai Renault Mégane RS Trophy 1.8 EDC

Avec son renouvellement en 2017, la Renault Mégane RS avait opéré un très gros changement en termes de style, en s’offrant des traits plus anguleux, repris de la version standard, tout en compléter son look par une foule d’éléments spécifiques. Trois ans plus tard, l’heure du restytage a sonné pour la compacte sportive, qui, comme la version standard, n’évolue en fait pas beaucoup. En effet, le plus gros des changements se concentrent autour des feux avant et arrière, tandis que le style général de l’auto reste identique à la précédente version. Et c’est tant mieux, car cette Renault Mégane RS Trophy reste hautement désirable, et surtout reconnaissable au premier coup d’oeil. La faute entre autres à ses voies élargies, notamment à l’arrière, conférant à la compacte des formes plus que désirables. Autant dire que la vue de ses ailes bombées dans le rétroviseur nous donne de furieuses envies d’excès de vitesse. Qu’il nous faudra bien sûr réfréner, au risque de voir notre permis s’envoler en un claquement de doigts. Et le moins que l’on puise dire, c’est que cette Mégane RS Trophy attire le regard, et fait tourner les têtes, malgré ses quelques années au compteur.

Un succès que l’on doit également à sa face avant très expressive, avec sa lame ornée de l’inscription Trophy et ses antibrouillards en forme de damier, ainsi que son diffuseur arrière, percé d’une seule et unique sortie d’échappement centrale. Plus agressive que la regrettée Peugeot 308 GTi, cette Renault Mégane RS se veut toutefois plus sage que certaines de ses rivales, et notamment la Honda Civic Type R. Un choix malin de la part des designers de la marque, qui ont réussi à rendre la sportive reconnaissable tout en étant facile à assumer au quotidien. A condition toutefois d’opter pour une couleur plus discrète que le Jaune Sirius de notre version d’essai, aussi beau soit-il. Facturé 1 600 €, comme le superbe Orange Tonic, celui-ci va parfaitement à la compacte, et se marie parfaitement avec les jantes de 19 pouces aux inserts rouges livrées de séries. Notre modèle était de son côté chaussé d’une monte optionnelle allégée de même taille, offrant une réduction de poids de 2 kilos par jante, ainsi qu’une meilleure aération des freins. Des étriers peints en rouge viennent d’ailleurs compléter le look de la sportive.

Essai Renault Mégane RS Trophy EDC : habitacle presque inchangé

Photo planche de bord Renault Mégane RS Trophy EDC

Il est désormais temps de s’installer à bord de cette Renault Mégane RS, après avoir admiré le design extérieur pour le moins réussi. Comme dans la plupart des déclinaisons sportives de modèles grand public, il ne faut évidemment pas s’attendre à un dépaysement total. Comme ses rivales, la compacte conserve donc le même poste de conduite que la version standard, mais l’upgrade cependant un peu, juste ce qu’il faut pour le rendre un peu plus sportif. On remarquera bien sûr d’emblée les sièges baquet, à l’excellent maintien latéral, recouverts d’Alcantara et dont l’appuie-tête est brodé du logo RS en rouge. Egalement chauffants, ils ne sont en revanche pas réglables électriquement, pour le conducteur comme le passager. Outre les discrets détails rouges, sur le volant, les surpiqures et le levier de vitesse, on remarque également le revêtement en fausse fibre de carbone sur les portes. Si cela apporte une certaine sportivité, l’aspect « tissu » fait tout de même un peu cheap. Si la qualité perçue gagnerait à être légèrement améliorée, la présentation est plutôt réussie dans l’ensemble.

On appréciera notamment le très beau volant en Alcantara, ainsi que l’écran tactile de 9,3 pouces en position verticale, abritant l’ensemble du système d’info-divertissement R-Link. Celui-ci est plutôt bien pensé, malgré quelques petits défauts d’ergonomie qui peuvent nuire à l’expérience globale, néanmoins en nette amélioration par rapport à ce qui se faisait quelques années plus tôt. De son côté, le conducteur est assisté par un combiné numérique de 10,2 pouces personnalisable, affichant clairement toutes les informations relatives à la conduite, alors qu’un affichage tête-haute vient compléter l’ensemble. Avec un empattement affiché à 2,67 mètres, la Renault Mégane RS Trophy reste une compacte polyvalente, capable d’accueillir plutôt confortablement cinq occupants. La banquette arrière plutôt confortable et la garde au toit suffisante permettent alors de loger des enfants comme des adultes sans trop de soucis. De son coté, le coffre, dont le volume oscille entre 384 et 1 247 litres n’est pas forcément immense mais reste tout à fait correct et conviendra à la plupart des besoins. Son seuil de chargement assez bas facilite par ailleurs l’accès, rendant cette Mégane RS tout à fait utilisable tous les jours.

Essai Renault Mégane RS Trophy EDC : toujours la référence ?

Photo avant Renault Mégane RS Trophy EDC jaune sirius

Voici maintenant le moment tant attendu, celui où enfin, on démarre le moteur, d’une simple pression sur le bouton situé à droite du volant. Là, le quatre cylindres 1,8 litre turbocompressé, qui équipe également l’Alpine A110 dont nous avons pris le volant quelques mois plus tôt d’ébroue doucement, faisant légèrement rugir l’échappement. Celui-ci est équipé de clapets, qui permettent alors de moduler le son émis en fonction du mode de conduite. Et cela va sans dire que c’est la configuration la plus sportive qui aura notre préférence, rendant l’auto encore plus expressive qu’elle ne l’est déjà. Si le moteur est le même que pour la version standard de 280 chevaux, les ingénieurs de Renault Sport lui ont cependant apporté quelques modifications, afin de le rendre encore plus performant. Au programme donc, un nouveau turbo, plus gros et désormais installé sur des roulements à billes en céramique. S’il est également possible d’opter pour une boite manuelle sur cette Renault Mégane RS Trophy, il faut cependant savoir que la version équipée de la transmission EDC à double embrayage encaisse un couple plus puissant, atteignant les 420 Nm.

Une différence qui peut sembler anecdotique, d’autant plus que les performances pures sont identiques entre les deux versions, avec un 0 à 100 km/h réalisé en 5,7 secondes. Sans doute que la première partie de l’accélération sera un peu plus puissante, mais dans les faits, cela ne change pas grand-chose. Cependant, la transmission EDC sera sans doute le meilleur choix si vous prévoyez de vous offrir cette Mégane RS comme daily, la rendant alors très polyvalente. Il vaudra cependant mieux jouer des palettes en conduite sportive, afin de pallier à la légère latence que l’on peut constater en mode automatique. Dommage cependant que ces dernières soient installées un peu trop haut, un détail qui ne l’est pas tant que ça si vous avez de petites mains. Dans cette configuration l’ensemble moteur-boite se montre très réactif et plaisant, alors que le mode Sport améliore la réactivité de ces deux éléments. De son côté, la direction est consistante juste comme il faut, assez pour être utilisée tous les jours et pour conduire sur piste si l’envie vous prends. La polyvalence est donc le maître-mot de cette Mégane RS Trophy, qui se veut à la fois très sage et très efficace en fonction des envies du conducteur.

Reposant sur un châssis cup raffermi de 25 % et profitant d’un autobloquant de série, cette Trophy promet d’offrir efficacité et motricité, notamment dans les courbes. Cependant, et si l’ensemble place évidemment la barre très haut, la feu-Peugeot 308 GTi est selon nous encore un cran au-dessus en terme de tenue de route et de plaisir, malgré une puissance légèrement inférieure. Ultra-saine et littéralement rivée au sol, la Mégane RS s’offre, comme son ancienne rivale, un différentiel à glissement limité Torsen, rattrapant les petits excès de confiance du conducteur. De leur coté, les pneus Brigestone Potenza S007 offrent un excellent grip à haute vitesse, même si les roues avant ont du mal à accrocher la route lors des des départs arrêtés. A noter qu’une fonction Launch Control est également disponible, sans pour autant être vraiment indispensable. Car en réalité, cette Mégane RS s’appréciera mieux sur les routes sinueuses qu’en ligne droite, grâce à son châssis affuté, sans que l’auto ne soit très radicale pour autant. Car dans l’ensemble, et malgré son caractère résolument sportif, la compacte reste très polyvalente et a avant tout vocation à être utilisée au quotidien.

Certes, les suspensions sont plutôt fermes, mais celle-ci ne cassent pas le dos du conducteur et de ses passagers sur chaque dos d’âne. Sans pour autant être un modèle de confort, cette Mégane RS Trophy reste très correcte dans ce domaine, mais il faudra peut-être opter pour la version standard si vous souhaitez encore plus de polyvalence. Malgré sa silhouette de compacte, notre modèle d’essai n’est cependant pas le plus maniable du marché, malgré son système 4Control à quatre roues directrice, qui devrait alors réduire le diamètre de braquage. Si ce dispositif ne prouve donc pas son efficacité à basse vitesse, il améliore néanmoins la tenue de route de l’auto en conduite sportive, les quatre roues étant alors tournée dans le même sens. Sur autoroute, la compacte se comporte bien et se révèle tout à fait propice aux longs voyages, tandis que l’isolation permet de préserver les occupants du son du moteur. Un bruit artificiel peut cependant émaner des enceintes en mode Sport si vous le souhaitez, offrant d’ailleurs un rendu plutôt naturel par rapport à ce que peuvent proposer d’autres constructeurs.

Essai Renault Mégane RS Trophy EDC : pour résumer

Photo jantes 19 pouces Renault Mégane RS Trophy EDC

Toujours au top de sa forme, la Renault Mégane RS Trophy allie performances et polyvalence, sans compromis. Bien sûr, elle n’est pas exempte de petits défauts mineurs, mais dans l’ensemble, la compacte reste l’une des références du segment, de plus en plus déserté par les constructeurs. Un brin moins efficace qu’une Peugeot 308 GTi selon nous, la sportive au losange reste un parfait daily, à la fois sage quand il le faut et devenant une bête d’efficacité une fois le mode Sport activé. Bien sûr, il faudra composer avec une consommation relativement élevé, et un malus qui l’est tout autant. Mais pas de quoi assombrir un tableau plutôt flatteur dans l’ensemble pour celle qui rencontre toujours beaucoup de succès après des passionnés. Une chose est sûre, elle va nous manquer cette Mégane RS Trophy, alors que son départ à la retraite est prévu en 2023…

Essai Renault Mégane RS Trophy EDC : notre avis

Design extérieur
Présentation intérieure
Technologie
Agrément de conduite
Passion
Rapport qualité / prix

Très efficace tout en restant également polyvalente, cette Renault Mégane RS Trophy est une valeur sûre pour ceux qui recherchent un véhicule sportif à utiliser au quotidien.

Essai Renault Mégane RS Trophy EDC : fiche technique

  • Moteur : quatre cylindres en ligne, 1 798 cm3, essence, turbocompressé, injection directe, 16 soupapes
  • Transmission : Boite mécanique robotisée à double embrayage et six rapports, traction
  • Puissance : 300 ch à 6 000 tr/min
  • Couple : 420 Nm
  • Dimensions : 4,36 x 1,81 x 1,44 m
  • 0 à 100 km/h : 5,7 secondes
  • Vitesse maximale : 255 km/h
  • Volume de coffre : de 384 à 1 247 litres
  • Consommation moyenne : 8,4 l/100 km
  • Émissions de CO2 / malus : 190 g/km / 9 550 €
  • Prix : à partir de 48 200 €

Essai Renault Mégane RS Trophy EDC : les photos

Tags

Marie Lizak

Fondatrice et responsable éditoriale du site Une Fille Au Volant, je suis une passionnée de l'automobile dans tous ses aspects. J'ai pour vocation de partager ma passion avec légèreté et bonne humeur, sans oublier la rigueur et l'information, bien évidemment !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer