Olivia Parédé, itinéraire d’une pilote à cent à l’heure

C’est ce vendredi soir que j’ai pu m’entretenir par téléphone avec Olivia Parédé, jeune pilote karting de 19 ans, au palmarès déjà bien rempli et prometteur. Rencontre avec une passionnée de vitesse, qui vit à cent à l’heure au volant de son kart.

A en voir ses photos, difficile de croire qu’Olivia, belle blonde de 19 ans est une mordue de l’automobile et particulièrement de karting, la discipline dans laquelle elle baigne depuis ses 7 ans.

En effet, tout laissait présager que cette jeune étudiante en BTS management des unités commerciales allait consacrer une grande partie de sa vie à ce sport, qui mérite d’être plus connu.

A 7 ans donc, elle commence les courses amateur à chaque vacances dans son club de karting, où elle pilote un kart de location, soutenue par son père. C’est à 13 ans qu’elle débute la compétition, puis à 14 ans, son père lui offre son premier kart, c’est alors le début d’une carrière très prometteuse.

Sa première compétition se déroule à Toulouse, « Le Défi Féminin », où elle échoue à la 8ème place, alors que seules les quatre premières pouvaient accéder à une compétition plus élevée à Paris. Coup de chance pour elle, le responsable voit en elle un potentiel intéressant et décide de la faire participer à cette compétition. Malheureusement, le niveau est trop élevé et elle doit abandonner à cause d’une entorse au poignet.

Olivia, toujours battante ne se résigne pas et décide de continuer la compétition et ne cesse d’évoluer depuis, puisqu’elle a ensuite participé à de nombreuses autres, notamment le Championnat du Sud, qui consiste en quatre courses par an dont elle en gagné plusieurs et n’a cessé d’augmenter de catégories, en passant d’un kart de 125 cm3 d’une vitesse maximale de 120 km/h en catégorie nationale dans laquelle elle est restée trois ans à un kart plus puissant et rapide, puisqu’il peut atteindre les 150 km/h, en catégorie X30.

Il existe encore deux catégories, dont les karts peuvent atteindre les 200 km/h équipés de vitesses, mais pour le moment, la jeune pilote compte rester en X30 quelques temps avec le but d’évoluer ensuite.

Elle avoue que l’un de ses rêves serait de s’essayer au pilotage sur voitures, et notamment de participer à la Clio Cup, même si ce n’est pas encore d’actualité pour l’instant.

Une pilote qui n’a pas froid aux yeux, consciente des difficultés

Selon elle, cette discipline exige un mental de battant et de l’humilité, en effet, il ne faut surtout pas avoir peur de perdre, car c’est comme ça que l’on progresse. Physiquement, pour Olivia « il faut être capable d’une grande concentration et avoir la force de tenir durant une course de 30 minutes dans un kart », surtout lorsque les conditions météo deviennent difficiles, puisque la saison se déroule de mars à novembre.

A la question de la place des femmes dans ce sport et ce monde, la pilote avoue sans mal qu’il est difficile de se faire une place parmi les hommes, qui peuvent se montrer un peu mauvais joueur, comme lors d’une édition du Championnat du Sud, où l’un des concurrents, un peu énervé de s’être fait doublé l’avait alors précipité dans l’herbe. Bien que cela reste assez rare pour Olivia, qui estime être chanceuse «J’estime avoir plutôt de la chance car je m’entend bien avec les garçons et je n’ai jamais eu de grosses crasses de leur part comme certaines peuvent subir ».Néanmoins, même si lors de la course l’intention de « nuire » est souvent là, la plupart du temps, une fois le casque retiré et le moteur arrêté, les excuses sont au rendez-vous.

Malgré la place importante que prend le karting sans sa vie, Olivia a encore de nombreux projets, aussi bien personnels que professionnels, notamment celui de finir ses études de commerce pour travailler dans une concession automobile.

Plus étonnant, elle a également un projet qui lui tient beaucoup à coeur, celui de rentrer dans la gendarmerie et de passer son concours de pilote de rapidité d’intervention, au sein de la brigade d’intervention rapide, celle qui utilise les Megane RS lors de leurs interventions.

Un beau palmarès et un bel avenir qui se profile pour la jeune pilote, pétillante et pleine de projets qui n’a pas froid aux yeux et qui compte bien réussir dans sa discipline, c’est tout ce qu’on lui souhaite en tous les cas.

Marie Lizak

©Facebook/Olivia Parédé
©Facebook/Olivia Parédé

Découvrez l’interview complet:

Une fille au volant: Bonjour Olivia, tout d’abord, pourrais-tu te présenter en quelques mots?

Olivia Parédé: Je m’appelle Olivia Parédé, j’ai 19 ans et je suis actuellement étudiante en BTS management des unités commerciales. Je pratique le karting depuis maintenant 7 ans mais je me rend également trois fois par semaine dans une salle de musculation, pour me maintenir en forme pour la pratique du karting.

UFV: Pourrais-tu m’expliquer ce que l’automobile représente pour toi?

O.P: C’est une grande passion qui m’a été transmise par mon père depuis que je suis très jeune, car c’est à 7 ans que je débute ce sport avec d’abord un kart de location puis à 13 ans que je commence la compétition, c’est ensuite à 14 ans que mon père m’a offert mon premier kart.

UFV: D’ou t’es venu cette passion pour le karting et quel est ton parcours?

O.P: C’est à l’âge de 7 ans que j’ai commencé ce sport sur un kart de location, avec lequel je participait à des courses à chaque vacances. A mes 13 ans, j’ai participé à Toulouse au Défi Féminin », où les quatre premières avaient ensuite accès à une course de compétition. Je suis malheureusement arrivée 5ème mais comme j’était la plus jeune et que le responsable du karting a cru en moi, il m’a finalement laissé prendre part à cette compétition qui se déroulait à Paris. Malheureusement elle s’est mal passée car je n’avais pas le niveau, et j’ai dû abandonner à cause d’une entorse au poignet. Malgré tout je ne me suis pas découragée et j’ai tenu à continuer la compétition. J’ai participé au Championnat du Sud qui consiste en 4 courses par an, j’étais alors en catégorie nationale, c’est à dire que je pilotais un kart de 125 cm3, dont la vitesse pouvait aller jusqu’à 120 km/h, j’y suis restée 3 ans. C’est à ce moment là que j’ai commencé à avoir des contacts dans le milieu et plusieurs personnes ont voulu que j’intègre leur team. L’année dernière j’ai augmenté de catégorie, je suis passée sur un kart plus puissant, allant jusqu’à 140 km/h, j’ai remporté plusieurs courses du Championnat du Sud et je suis arrivée première féminine de 2013-2014. Je suis actuellement en catégorie X30 sur un kart allant jusqu’à 150 km/h. Cette année, je participe à ma première compétition internationale, la Coupe du Monde Féminine qui se déroule en Italie en avril. Je participe également tous les ans au championnat de France féminin.

UFV: Comment comptes-tu évoluer dans ce sport?

O.P: En 6 ans, j’ai évolué de trois catégories, il en reste encore deux à passer, cette année pour le moment je pense rester en X30, mais plus tard j’aimerais évidemment entrer dans la plus haute catégorie. Un de mes rêves serait également de m’essayer à la Clio Cup, mais je n’en ai pas encore l’occasion.

UFV: Quelles sont les qualités qu’il faut avoir et les exigences de cette discipline selon toi?

O.P: Pour moi, au niveau mental, il faut être très compétitif, combattant et surtout ne pas être déçu de perdre. Physiquement, il faut être capable d’une grande concentration et avoir la force de tenir durant une course de 30 minutes dans un kart dans des conditions climatiques parfois difficile, surtout en été lorsqu’il fait très chaud, car il faut savoir qu’une saison de kart début en mars et se termine en novembre.

UFV: Est-ce difficile d’être une fille dans ce monde automobile et plus particulièrement dans cette discipline, où les femmes ne sont pas beaucoup représentées?

O.P: Oui, c’est très dur car en dehors des courses, les garçons sont contents d’avoir des « copines » mais une fois le casque mis et la course commencée, ils détestent avoir de la concurrence des filles sur la piste, surtout quand elles les dépassent. Il faut savoir que les filles qui exercent ce sport sont souvent considérées comme des garçons, par exemple lors d’une course je me rappelle que nous n’étions que deux filles sur trente concurrents. J’estime avoir plutôt de la chance car je m’entend bien avec les garçons et je n’ai jamais eu de grosses crasses de leur part comme certaines peuvent subir, par exemple lors de la finale du Championnat du Sud il y a fois ans, un des concurrents était énervé que je le double et m’a sorti dans l’herbe. C’est vrai que sur le moment c’est dans un but méchant mais le plus souvent à la fin ils viennent et s’excusent, c’est un « rôle » en quelque sorte qu’ils se donnent.

UFV: As-tu des projets personnels ou professionnels pour cette nouvelle année?

O.P: Tout d’abord, comme je suis en première année, j’aimerais passer mon BTS puis ensuite débuter une licence de commerce mais je ne sais pas encore dans quelle filière. J’ai également deux projets personnels: Rentrer dans la gendarmerie et passer mon concours de pilote de rapidité d’intervention [NDLR: Les forces de police spécialisés dans la poursuite à grande vitesse à bord des Mégane RS]. Professionnellement, j’aimerais travailler dans une concession automobile.

Propos recueillis par Marie Lizak

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