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Essai Nissan GT-R Nismo : rapide et furieuse

Véritable mythe sur roues, la Nissan GT-R Nismo continue de faire rêver malgré son âge avancé. Imposante à l’extérieur, elle est tout simplement bestiale une fois derrière le volant.

Photo essai Nissan GT-R Nismo V6 blanc lunaire 2021

Lorsque l’on parle de supercars, on pense instantanément au trio Ferrari, Lamborghini, McLaren, parfois à des marques plus exotiques telles que Bugatti ou Koenigsegg. Mais peu évoquent la Nissan GT-R, qui mérite pourtant tout à fait cette appellation. Un peu à part dans cet univers, la sportive japonaise telle qu’on la connaît fut lancée en 2007, succédant à la mythique Nissan Skyline GT-R R34, également retravaillée par Nismo entre 2003 et 2007. Dès sa sortie, l’actuelle génération, depuis restylée à cinq reprises n’a cessé de faire des émules, faisant parler d’elle pour son look d’abord, mais également pour ses performances hors du commun. En 2009, la supercar japonaise fait en effet son entrée dans le livre Guiness des records, devenant alors la voiture « quatre places de production la plus rapide du monde sur le 0 à 100 km/h », avec une performance réalisée en 3,3 secondes. Voilà qui annonce la couleur, alors que l’auto n’a depuis cessé d’évoluer par petites touches, avec un tournant en 2013, année durant laquelle fut officialisée la version Nismo, revue et corrigée tant sur le plan esthétique que mécanique.

Et quelles évolutions ! Puissance, couple, amortisseurs et kit aérodynamique, tout à été retravaillé pour rendre l’auto encore plus bestiale. En 2019, la Nissan GT-R Nismo a connu quelques modifications supplémentaires, incluant des éléments en carbone, de nouvelles ouïes sur les ailes ainsi que des jantes Rays de 20 pouces, tandis que la motorisation n’a pas été modifiée. Les performances n’ont quant à elles cessé de progresser au fil des années, jusqu’à atteindre un niveau inouï, comme nous avons pu le voir durant notre essai. Remaniée par les ingénieurs japonais jusqu’à devenir la version la plus radicale et la plus bestiale jamais créée, cette nouvelle GT-R Nismo s’est offert le luxe de s’équiper de turbocompresseurs issus de la compétition GT3, permettant de gagner encore en efficacité, grâce un lag et un poids réduits. Un bel exemple des modifications discrètes en apparence mais qui revêtent une importance capitale à un tel niveau de performances.

Mais au quotidien, ça fait quoi de rouler en Nissan GT-R ? Nous avons voulu le savoir, et nous avons donc eu la chance de prendre le volant de la supercar le temps d’un week-end pour le moins sportif. Embarquement immédiat, et un conseil, attachez bien votre ceinture, parce que ça va secouer !

Essai Nissan GT-R Nismo : provocation assumée

Photo trois quarts arrière Nissan GT-R Nismo 2021

Avez-vous déjà croisé une Nissan GT-R Nismo en liberté ? Si c’est le cas, vous avez beaucoup de chance, car il est plus courant d’apercevoir n’importe quelle Ferrari que Godzilla, qui semble ne s’autoriser que de rares sorties sur route ouverte. Quel dommage ! Car voir cette auto en vrai et sur Instagram, c’est loin d’être la même histoire. Si elle est déjà impressionnante en photo, dans la vraie vie, la supercar est tout à fait démentielle. Ultra basse et en même temps si imposante, la sportive japonaise adopte des lignes torturées et acérées, qui lui donnent un vrai caractère. Sans parler de l’incroyable kit aérodynamique signé Nismo, composé d’une large lame à l’avant et de prises d’air en carbone sur le capot, ainsi que de jupes latérales. Mais si l’avant a déjà une sacrée prestance, avec ses antibrouillards entourés de noir et sa calandre béante, ce n’est rien par rapport à l’arrière, qui se pare d’un énorme aileron intégralement réalisé en fibres de carbone, offrant un appui supplémentaire dépassant la centaine de kilos. En bas, un imposant diffuseur intègre pas moins de quatre sorties d’échappement en titane, reliées à une ligne particulièrement expressive lorsque l’on monte dans les tours.

Longue de 4,70 mètres, cette Nissan GT-R Nismo est un beau bébé, qui se distingue également par de nombreux attributs esthétiques spécifiques, tels que les coques de rétroviseurs noires ainsi que les inserts rouges sur les bas de caisse. Mais outre ces aspects purement visuels, la supercar a également fait une petite cure de carbone, afin de limiter son embonpoint. Un matériau omniprésent donc, que l’on retrouve sur le toit, tandis que le capot, les ailes ainsi que le volet de coffre ont également été réalisé à base de fibres de carbone. Autant dire qu’il ne vaut mieux pas avoir un accrochage, même léger, au volant de la sportive. Enfin, des jantes de 20 pouces en aluminium forgé viennent compléter le style de la sportive, qui se décline en sept teintes de carrosserie dont l’original Orange Mécanique et le très beau Blanc Lunaire de notre version d’essai. Vous vous en doutez, dire que cette Nissan GT-R Nismo ne laisse pas indifférent est un doux euphémisme, et cela s’est confirmé lors de notre prise en main, alors que nous avons reçu un nombre incalculable de sourires et de pouces en l’air. Car c’est aussi ça, le vrai atout de cette auto : son capital-sympathie énorme, que l’on ne retrouve pas avec d’autres supercars. C’est bien simple, elle attire les regards et attise la curiosité, le tout avec toujours beaucoup de bienveillance. Et ça, ça fait plaisir.

Il est désormais temps de s’installer à bord de cette Nissan GT-R Nismo, dont l’intérieur accuse logiquement le poids des années. Si l’ensemble est un peu daté visuellement, la qualité est cependant toujours au rendez-vous, avec des matériaux haut de gamme, dont l’Alcantara, présent un peu partout, que ce soit sur le volant comme sur la planche de bord, entre autres. On appréciera également les sièges baquet aux accents rouges, à la fois enveloppants et bien confortable que ce à quoi nous pourrions nous attendre. Si les passagers à l’arrière se sentiront très à l’étroit, ils pourront néanmoins avoir une très belle vue sur l’arrière des sièges, réalisés en fibres de carbone. Si l’on regrettera l’absence de réglage en hauteur pour le conducteur comme son passager, la position de conduite reste assez satisfaisante, pour tous les gabarits. Si l’écran tactile affiche un design un peu daté, on appréciera toutefois la compatibilité avec Apple CarPlay, qui apporte une vraie touche de modernité à l’ensemble. Enfin, vous vous douterez bien que l’habitabilité n’est pas le point fort de la sportive nippone. Pourtant, si le coffre n’est pas vraiment facile d’accès, il se révèle assez profond et plutôt spacieux, affichant un volume de 315 litres, ce qui reste largement suffisant.

Essai Nissan GT-R Nismo : démentielle

Photo essai Nissan GT-R Nismo V6 3,8 litre 600 ch 2021

Passé toutes ces considérations purement esthétiques et pratiques, l’heure est enfin venue de démarrer cette Nissan GT-R Nismo, qui ne demande qu’à s’élancer sur la route. Une simple pression sur le bouton rouge situé sur la console centrale nous permet alors de faire rugir le V6 3,8 litre biturbo, assemblé à la main par l’un des maîtres mécaniciens en charge de son assemblage. Baptisés Takumi, ils sont au nombre de cinq à travers le monde et sont les seuls à être en mesure de donner vie au coeur de la supercar, apposant alors leur nom sur leur oeuvre une fois celle-ci achevée. Un détail qui est loin d’être anodin, et qui prouve à quel point cette GT-R est plus qu’une simple auto, mais un véritable mythe sur roues, depuis des décennies. Aussi étonnant que cela puisse paraître lors de nos premiers mètres, encore peu assurés, l’auto se montre plutôt docile, bien plus que ce à quoi nous aurions pu nous attendre. En réalité, la principale difficulté reste de s’habituer au gabarit, et à son mètre quatre vingt dix de large. Heureusement, la direction très souple nous est d’une grande aide, nous permettant de nous faufiler presque partout, bien aidés par les nombreux capteurs.

Mais si l’auto pourrait constituer un très bon daily pour qui aurait un compte en banque suffisamment garni, c’est sur les voies plus rapides que celle-ci pourra le mieux s’exprimer. Et quoi de mieux que les belles routes de la vallée de Chevreuse pour mettre à l’épreuve les 600 chevaux installés sous le capot en carbone ? Une simple pression sur la pédale d’accélérateur permet alors de libérer toute la cavalerie, alors que le couple de 652 Nm envoyé vers les quatre roues nous donne un vrai coup de pied aux fesses à chaque passage de rapport. L’ensemble permet alors à la sportive de réaliser le 0 à 100 km/h en seulement 2,8 secondes, pour une vitesse maximale de 315 km/h. Des chiffres totalement démentiels, alors que l’auto ne semble vouloir qu’une chose : accélérer toujours plus. Autant dire qu’il aura été impossible d’atteindre les limites de cette dernière lors de cet essai, malgré nos tentatives, tant celles-ci sont loin, très loin. Bien plus que celles de notre permis de conduire, malheureusement. Car à mesure que l’on presse l’accélérateur, l’appui augmente et la voiture ne demande qu’une chose, aller encore plus vite. Mais ne vous y méprenez pas, cette Nismo est loin d’être une voiture de ligne droite, car dans les courbes, la supercar se comporte incroyablement bien aussi.

Chaque virage est l’occasion de tester la qualité de développement du châssis, qui permet alors à cette GT-R d’encaisser les G latéraux sans montrer le moindre signe de fatigue. Malgré son poids de 1,7 tonne, la sportive se montre plutôt agile et ne prend pas une once de roulis, même à très haute vitesse. Exemple d’efficacité, elle s’appréciera alors mieux une fois tous les réglages passés en mode R. De son côté, la boîte robotisée à six rapports fait également un excellent travail, permettant même de se passer des palettes au volant, pourtant très agréables à prendre en mains. Un vrai tour de force de la part des ingénieurs de la marque, rendant la voiture encore plus efficace. Sa transmission intégrale permet quant à elle de profiter d’un grip optimal, même par temps humide comme nous avons pu le voir durant notre essai. Répondant au quart de tour grâce à une suralimentation revue, l’ensemble moteur/boite est tout simplement excellent, tandis que l’auto rattrape aisément tous les excès de confiance du conducteur, même lorsque les conditions d’adhérence sont loin d’être optimales. Enfin, on mentionnera également le freinage, assuré par des freins Brembo en céramique, ultra efficace et endurant, encaissant les appuis sur la pédale de gauche sans faiblir.

Essai Nissan GT-R Nismo : pour résumer

Photo profil Nissan GT-R Nismo 2021

Pas besoin de vous faire un dessin pour vous faire comprendre à quel point cette Nissan GT-R Nismo est un véritable monstre sur quatre roues. N’usurpant pas son surnom de Godzilla, la sportive est tout simplement un missile taillé pour la piste et l’Autobahn, se montrant tout aussi à l’aise sur des routes plus sinueuses. Ses quelques petits défauts sont rapidement oubliés, alors que ses performances et les sensations qu’elles distille sont tout bonnement incomparables. Aussi sauvage que docile en conduite plus coulée, cette GT-R pourrait très bien être utilisée tous les jours si le coeur vous en dit, à condition de ne pas avoir peur du prix du plein. Avec une consommation affichée à 11,8 litres en cycle mixte et un réservoir d’une capacité de 74 litres, préparez-vous à passer du temps à la station-service. Par ailleurs, inutile de vous parler du malus écologique, affiché à 30 000 €, en raison des 275 grammes de CO2 rejetés par kilomètre. Mais c’est un détail, surtout au vu du prix de l’auto, qui débute à partir de 210 000 € dans cette version revue et corrigée par Nismo. Certes, ce n’est pas à la portée de toutes les bourses, mais une chose est sûre, elle les vaut tout à fait.

Essai Nissan GT-R Nismo : notre avis

Design extérieur
Présentation intérieure
Technologie
Agrément de conduite
Passion
Rapport qualité / prix

Totalement démentielle, cette Nissan GT-R Nismo est plus extrême et aboutie que jamais. Pour notre plus grand plaisir !

Essai Nissan GT-R Nismo : fiche technique

  • Moteur : six cylindres en V, biturbo, 3 799 cm3, 24 soupapes, essence, admission variable
  • Transmission : boite robotisée à six rapports, transmission intégrale
  • Puissance : 600 ch à 6 800 tr/min
  • Couple : 652 Nm à 3 600 tr/min
  • Dimensions : 4,69×1,90×1,37 mètres
  • Poids : 1 703 kilos
  • 0 à 100 km/h : 2,8 secondes
  • Vitesse maximale : 315 km/h
  • Volume de coffre : 315 litres
  • Émissions de CO2 / malus : 275 g/km / 30 000 €
  • Consommation en cycle mixte : 11,8 l/100 km
  • Prix : à partir de 210 000 €

Essai Nissan GT-R Nismo : les photos

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Marie Lizak

Fondatrice et responsable éditoriale du site Une Fille Au Volant, je suis une passionnée de l'automobile dans tous ses aspects. J'ai pour vocation de partager ma passion avec légèreté et bonne humeur, sans oublier la rigueur et l'information, bien évidemment !

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