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Essai Nissan 370Z 50ème anniversaire : retour aux sources

Célébrant les 50 ans de la branche Z, la Nissan 370Z 50ème anniversaire nous prouve avec audace que l’âge, c’est surtout dans la tête ! Fort d’un V6 3,7 litre inchangé depuis 10 ans, le coupé japonais séduit par son ambiance délicieusement rétro mais jamais dépassée.

Photos Essai Nissan 370Z 50me anniversaire V6 essence 328 chevaux

Dix ans. Une décennie déjà que la Nissan 370Z est présente dans la gamme du constructeur, un âge presque canonique à l’heure où les voitures sont remplacées au bout d’à peine cinq ans. Mais si chez certaines, le poids des années se fait sentir, c’est une tout autre histoire pour cette petite japonaise, qui semble avoir traversé les années sans prendre une seule ride. A vrai dire, et à l’heure où l’on nous inonde de nouveautés électrifiées, de malus écologique et de normes anti-pollution, le coupé a forcément de quoi apaiser l’amoureux de voitures qui sommeille en nous, et qui a du mal, parfois à se réveiller par les temps qui courent. Lancée en 2009, la sportive succède à une 350Z tout aussi réussie et qui a contribué à populariser le badge Z, avec plus d’un million d’exemplaires vendus à travers le monde entre 2003 et 2009.

Mais c’est véritablement la Datsun 240Z qui lança en 1969 la lignée sportive du constructeur nippon, et c’est particulièrement à cette dernière que rend hommage la série spéciale 50ème anniversaire que nous avons pu prendre en mains lors de notre essai. Rendant hommage au premier coupé Z de la marque nippone, cette déclinaison conserve les caractéristiques de la version standard, se distinguant par un design spécifique. Forte d’un V6 charmeur au possible qui se fait de plus en plus rare à l’heure actuelle, où le downsizing est roi, la sportive n’a sur le papier rien à envier à des Audi TT et autres Porsche Cayman, profitant par ailleurs d’une délicieuse touche rétro qui ravira les puristes.

Mais la question que tout le monde se pose, c’est la suivante : la Nissan 370Z est-elle toujours dans le coup, dix ans après sa sortie ? Nous avons tenté d’y répondre lors d’un essai le temps d’un week-end, qui nous aura confirmé que parfois, c’est que c’était mieux avant. Montez donc avec nous à bord du petit coupé japonais qui fait encore tourner les têtes, preuve supplémentaire que l’âge, c’est surtout dans la tête !

Essai Nissan 370Z 50ème anniversaire : un look intemporel

Photos Essai Nissan 370Z 50me anniversaire arrire

Parfois, il y a des autos qui semblent datées alors même qu’elles viennent de sortir. Et puis il y a celles qui demeurent intemporelles, traversant le temps comme si celui-ci n’avait aucune prise sur elles. Parmi ces modèles, on peut notamment citer la Porsche 911, et ce peu importe la génération. Et bien cette Nissan 370Z fait également partie de ce club très fermé, affichant des lignes toujours dans l’air du temps, bien que contrastant désormais avec les carrosseries surélevées des SUV ayant colonisé les routes. Si les sportives actuelles rendent leurs lignes toujours plus abruptes, le coupé japonais joue quant à lui la carte de la rondeur, avec des traits sans aucun angle droit. En résulte une face avant joviale, typique des sportives nippones, à l’image notamment de la Mazda MX-5, et ce quelle que soit la version. A l’arrière, là encore, le dynamisme est bien présent, sans jamais verser dans l’agressivité, puisque nous retrouvons deux larges sorties d’échappement rondes, intégrées dans un discret diffuseur noir.

Sobre sans être passe partout, cette Nissan 370Z reste une vraie voiture de sport et sait le montrer, que ce soit avec sa ligne de toit inclinée et sa nervure sur le capot. A l’avant comme à l’arrière, ses optiques en forme de boomerang sont les seuls éléments anguleux, apportant du caractère à l’ensemble. En bref, le dessin est ici très équilibré et surtout bien proportionné, grâce aux porte-à-faux très courts et à la garde au sol très basse, ne laissant de place à l’erreur lors du passage de dos d’ânes. La ceinture de caisse positionnée assez haut contraste quant à elle avec le toit abaissé, tandis que le coupé culmine à seulement 1,31 mètre, accroissant un peu plus son dynamisme. Ultra compacte, la « Z » affiche une longueur de seulement 4,25 mètres pour 1,84 mètre de largeur mais en impose, notamment dans sa version 50ème anniversaire exclusive.

Celle-ci se distingue par une livrée spécifique, inspirée de la Datsun 240Z « BRE » des années 70, initiatrice de la famille de sportives « Z » et victorieuse de nombreuses compétitions aux États-Unis. Disponible en rouge et blanc, comme notre version d’essai, la Nissan 370Z 50ème anniversaire est également déclinée en gris et noir, une configuration plus sobre mais non mois réussis. Outre les stickers latéraux, cette série limitée à seulement 10 exemplaires en France se pare de coques de rétroviseurs, de montants de pare-brise ainsi que d’un coffre et d’un capot peints en rouge, tandis qu’un fin liseré parcours le flanc de la voiture de l’avant à l’arrière. Enfin, des badges spécifiques apposés sur les ailes avant ainsi qu’à l’arrière viennent compléter l’ensemble, de même que les jantes en alliage spécifique de 19 pouces. Enfin, les plus observateurs remarqueront que cette version n’est pas équipée de becquet arrière, en référence à la 240Z qui en était également dépourvue. Dans sa version standard, le coupé est disponible avec pas moins de 7 teintes de carrosserie, dont l’original Jaune Indiana et le très beau Rouge Ardent.

Essai Nissan 370Z 50ème anniversaire : un intérieur brut mais complet

Photos Essai Nissan 370Z 50me anniversaire intŽrieur volant Žcran tactile

Si l’extérieur ne semble pas avoir subi les assauts du temps, ce n’est pas vraiment la même histoire dans l’habitacle, qui a quand même pris un petit coup de vieux. Normal, me direz, vous, car il est difficile pour un intérieur de rester dans l’air du temps, alors que la technologie ne cesse d’évoluer. Il faut en effet se rappeler qu’il y a dix ans, les écrans tactiles n’en étaient qu’au début de leur démocratisation et n’accueilait pas toutes les fonctionnalités d’aujourd’hui, d’où le nombre de bouton conséquents. Si l’on est donc loin de l’habitacle épuré d’une Tesla Model 3 ou de la présentation futuriste d’une Mercedes Classe A, on aime le côté très rétro de cet intérieur, qui possède, il faut le dire, un charme délicieusement désuet. Bien sûr, les finitions ne sont pas toujours parfaites et la qualité des matériaux est largement perfectible, mais qu’importe, car ce n’est pas vraiment ce à quoi l’on prête attention lorsque l’on est au volant du coupé japonais. Si l’ensemble reste très sobre, on apprécie les touches de rouge sur le levier de vitesse, le bouton d’allumage ou encore les surpiqures des sièges, tandis qu’un logo 50th Anniversary est apposé sur la console centrale.

Toutefois, on apprécie le confort du poste de conduite, qui profite notamment de sièges à réglage électrique, et dans lesquels nous sommes d’ailleurs très bien installés, même lorsque l’on est un petit gabarit. Autre point fort de cet intérieur, son ergonomie, puisque malgré les nombreux boutons et la présentation un peu fouillis au premier abord, chaque commande peut être trouvée rapidement et des disposée de façon logique dans l’habitacle. Enfin, notre version d’essai est également dotée du NissanConnect Premium, un pack incluant notamment l’écran tactile de 7 pouces avec la navigation incluant les informations relatives au trafic. Si la présentation est évidemment datée par rapport à ce qui se fait aujourd’hui, il n’en reste pas moins que le GPS fait parfaitement son job, avec des indications très claires. En bref, cet intérieur est une vraie digital detox plus que bienvenue, nous prouvant que parfois, la technologie n’est pas forcément indispensable, tout du moins à haute dose. De là à aller jusqu’au bout de l’idée et tout quitter pour partir sur une île déserte en 370Z ? Sans doute, à condition qu’il y ait assez de routes sinueuses…

Si l’envie vous prend donc de partir en week-end au volant de cette petite « Z », il faudra voyager léger. Avec un coffre de 235 litres seulement, pas question d’emmener de valise, mais deux petits sacs rentreront toutefois sans aucun problème. Si les rangements dans l’habitacle ne sont évidemment pas nombreux, ils demeurent toutefois largement suffisants avec des bacs de portières pouvant accueillir une petite bouteille d’eau, ainsi qu’une boîte à gants permettant également de loger quelques accessoires de petite taille. Stricte deux places, la sportive profite toutefois d’un petit espace derrière les sièges pour les sacs ou les manteaux, tandis que le poste de conduite accueille deux occupants plutôt confortablement, dans la mesure du raisonnable pour un véhicule aussi compact et sportif.

Essai Nissan 370Z 50ème anniversaire : authentique sportive

Photos Essai Nissan 370Z 50me anniversaire jantes 19 pouces logo

Avec cette Nissan 370Z, le choix est vite fait en ce qui concerne les motorisations, puisque le catalogue est uniquement composé du V6 3,7 litres atmosphérique, qui n’est autre qu’une évolution du bloc 3,5 litres de la précédente 350Z. Celui-ci, qui a fait partie à plusieurs reprises du classement des 10 meilleurs moteurs au monde a donc servi de très bonne base technique au 3,7 litres de notre version d’essai, qui a conservé une bonne partie de ses pièces. Celui-ci revendique donc quelque 328 chevaux pour un couple de 363 Nm qui arrive assez tardivement, atteignant son maximum à 5 200 tr/minute en raison de l’absence de turbocompresseur. Il faudra donc pousser le petit coupé dans les tours et le cravacher pour profiter de toutes ses capacités et révéler son véritable caractère.

Si l’accélération n’est pas forcément à couper le souffle, avec un 0 à 100 km/h abattu en 5,3 secondes pour une vitesse maximale établie à 250 km/h, l’ensemble nous fait quand même vibrer, sans doute grâce à son authenticité. Si elle ne rivalisera en aucun cas avec les 3,4 secondes de sa parfaite opposé, la Tesla Model 3 Performance, cette Nissan 3Z0Z séduit par sa sonorité et par les sensations brutes, que l’on avait presque oublié. Pure propulsion, le coupé joue parfois du popotion lors des démarrages pied au plancher, notamment sur le mouillé, mais toujours sans danger, et surtout, en étant très facile à reprendre en main. On se prend très facilement au jeu, sans jamais se laisser piéger par la voiture, qui reste extrêmement saine grâce à un excellent travail sur le châssis de la part des ingénieurs de la marque. Bien sûr, il est aussi possible de démarrer tranquillement, bien qu’il faudra quelque peu s’habituer à la pédale d’embrayage, assez dure. Un détail qui contribue à l’aspect très brut de cette voiture, qui contraste avec les sportives actuelles du marché, très aseptisées pour la plupart.

Mais c’est encore en courbes que l’on appréciera les qualités de cette Nissan 370Z, qui profite d’un train avant très incisif, malgré une direction un brin floue, qui pourrait être légèrement rigidifiée. S’il faudra se méfier des petits dérapages lors de remises de gaz mal dosées en sorties de virage, on prend un réel plaisir à faire glisser l’arrière-train, tandis que l’ESP, totalement déconnectable veille au grain, sans jamais brider la voiture ni le conducteur. Profitant d’un châssis rigidifié et surtout, d’un centre de gravité abaissé par rapport à la Nissan 350Z, notre version d’essai ne pâtit d’aucune prise de roulis et jouit d’un comportement très sain, joueur juste quand il le faut. Tout ça, on le doit également à la présence d’un différentiel à glissement limité, qui permet également d’offrir une excellente motricité dans les virages. Le freinage, assuré par des disques ventilés en aluminium à quatre pistons à l’avant et deux à l’arrière est quant à lui mordant et surtout endurant, comme nous avons pu le voir lors de notre essai.

Si cette série spéciale peut être choisie avec une transmission automatique à sept rapports, notre version d’essai est quant à elle dotée d’une boîte manuelle à six vitesses, qui correspond parfaitement à la philosophie très brute de ce coupé. Celle-ci profite d’un débattement très court améliorant la réactivité de l’ensemble, mais c’est surtout son système de talon-pointe automatisé baptisé Synchro Rev Control qui nous a donné le sourire. Ce dispositif, qui s’active via le bouton S sur la console centrale ajuste de manière automatique le régime moteur au rétrogradage, offrant des sensations accrues et permettant d’entendre ronronner un peu plus le V6, ce qui fait toujours son petit effet, c’est vrai. A défaut d’être très harmonieux, le son du moteur reste très plaisant à écouter, sans doute parce que l’on en a plus vraiment l’habitude. Il faut dire qu’à l’heure des trois cylindres et des sonorités artificielles venant des enceintes, ça fait du bien de revenir à quelque chose de plus authentique. Toutefois, on regrettera simplement l’absence d’un échappement un peu plus expressif, qui aurait complété l’ensemble avec brio.

Si l’on pourrait reprocher un réglage de suspension un brin trop mou en conduite dynamique, cela se fait bien sûr au profit du confort, qui est étonnement bon pour un véhicule de cette trempe. Malgré son caractère résolument sportif, la Nissan 370Z se révèle presque utilisable au quotidien, à condition de ne pas avoir d’enfants. En ville, le coupé se faufile partout avec aisance, même si l’on déplore un diamètre de braquage assez large, de l’ordre de 11 mètres avec les jantes de 19 pouces. Celles-ci, livrées de série sur cette version 50ème anniversaire ne sont évidemment pas les plus adaptées à la conduite en ville mais elles ne nuisent toutefois pas trop au confort général de la voiture. Enfin, il faudra surtout faire attention à ne pas laisser un bout de pare-chocs sur les dos d’ânes… Si la ville ne fait donc pas trop peur au coupé nippon, l’autoroute n’est en revanche pas son terrain de jeu favori, notamment car il se montre plutôt bruyant, à cause des bruits de roulement omniprésents, bien que le moteur se montre plutôt discret.

Forcément, il fallait bien trouver un défaut à cette Nissan 370Z, et c’est sans surprise du côté de la consommation que ça pêche, avec une moyenne établie à 12,5 l/100 km en cycle mixte. Bien sûr, cela reste indicatif, et il est difficile de descendre en-dessous, tant le coupé nous invite à oublier toute notion d’éco-conduite. L’écologie n’est d’ailleurs pas vraiment inscrite dans son ADN, alors qu’il affiche des émissions de l’ordre de 284 g/km dans sa version dotée d’une boîte manuelle. Un chiffre qui lui vaut de subir le malus maximal de 20 000 € selon le nouveau barème entré en vigueur au début de l’année. Autant dire qu’avec cette punition, nombre d’amateurs seront malheureusement dissuadés de s’en offrir un exemplaire, malgré ses nombreuses qualités…

Essai Nissan 370Z 50ème anniversaire : pour résumer

Photos Essai Nissan 370Z 50me anniversaire logo coffre

Malgré son âge, presque canonique sur un marché en constante évolution, la Nissan 370Z reste encore une excellente alternative aux Porsche Cayman et autres Audi TT, sans parler bien sûr de l’Alpine A110. Délicieusement vintage sans être datée, la sportive japonaise sonne comme un joli pied de nez à une époque où le downsizing et l’électrification envahissent le marché, au détriment des sensations. Parce oui, si le coupé n’offre pas l’accélération la plus fulgurante à l’heure actuelle, il n’en reste pas moins vivant, et c’est aujourd’hui ça qui manque à la plupart des autos récentes, sportives incluses. Rares sont en effet celles qui peuvent nous faire vibrer ainsi sans aller chercher dans des modèles très haut de gamme, et ça, et bien ça fait un bien fou. Preuve s’il en fallait qu’il n’y a pas besoin d’une débauche de chevaux pour se faire plaisir.

Si l’on apprécie les qualités dynamiques de cette Nissan 370Z, on aime aussi sa polyvalence, grâce à ses suspensions relativement souples, assez en tout cas pour rouler au quotidien sans souffrir du dos, et ce malgré la présence de sièges sport. Joueuse juste comme il faut avec ses 238 chevaux envoyés directement sur les roues arrière, la sportive demeure très saine, restant toujours très facile à rattraper en cas de dérapage involontaire, grâce notamment à son poids plume. En réalité, son seul défaut majeur réside dans le léger manque de précision de la direction, qui s’avère d’ailleurs un brin molle pour une auto de cet acabit. Pas d’inquiétude toutefois, ce détail ne nuit pas vraiment au plaisir que procure cette « Z »…

Affiché à partir de 33 500 € dans sa version standard, la Nissan 370Z reste un excellent choix pour tous ceux qui souhaitent s’offrir une sportive tournée à 100 % vers le plaisir, mais n’étant pas incompatible avec une utilisation quotidienne. De son côté, la version 50ème anniversaire s’échange quant à elle contre 41 200 €, un tarif plus que raisonnable pour un modèle aussi exclusif, limité à seulement 10 exemplaires en France. Bien sûr, il faudra également prendre en compte le malus de 20 000 €, qui devrait malheureusement dissuader la plupart des amateurs, et qui pourrait même coûter la vie au coupé, qui devra sans aucun doute faire appel à l’électrification s’il veut survivre avec une prochaine génération. La faute à des normes toujours plus strictes, qui tuent à petit feu le segment des authentiques sportives que tout le monde aime pourtant tant…

 

Essai Nissan 370Z 50ème anniversaire

Design extérieur
Présentation intérieure
Techno
Agrément de conduite
Passion
Rapport qualité / prix

Ambassadrice du plaisir à l'ancienne, la Nissan 370Z ne semble pas avoir pris une ride, et on peut dire que ça fait du bien !

 

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Marie Lizak

Fondatrice et responsable éditoriale du site Une Fille Au Volant, je suis une passionnée de l'automobile dans tous ses aspects. J'ai pour vocation de partager ma passion avec légèreté et bonne humeur, sans oublier la rigueur et l'information, bien évidemment !

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