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Essai Audi e-tron GT : beauté sous tension

Après la Porsche Taycan, Audi sort le grand jeu avec sa nouvelle e-tron GT, déclinée en version Quattro et RS. Une copie conforme de sa cousine de Stuttgart ? Pas vraiment.

Photo essai Audi RS e-tron GT électrique 2021

Il y a quelques années encore, l’électrique, c’était un truc d’écolo, absolument pas sexy et encore moins sympathique à conduire. Mais le temps a passé, les technologies ont évolué et le style aussi, devenant plus séduisant, comme en témoignent certaines nouveautés assez sympathiques. Impossible de ne pas penser aux créations de Tesla, bien sûr, première marque à concevoir des modèles zéro-émission de grande série au look élégant et aux performances intéressantes. Depuis, les constructeurs ont mis un point d’honneur à rendre leurs autos désirables, alors que les normes deviennent si contraignantes que l’électrique deviendra un passage obligé. C’est ainsi que son nées les Porsche Taycan et autres Honda E, entre autres, deux autos radicalement différentes, mais avec un point commun : celui d’attirer les regards et de faire tourner les têtes. Mais il y a une autre voiture qui fait le même effet : l’Audi e-tron GT. Avec son look de concept-car échappé d’un salon automobile, la berline devrait elle aussi attirer l’attention. Mais plus qu’un style, cette nouvelle venue dans la gamme, c’est aussi un vrai tournant pour la marque aux anneaux, qui s’aventure sur un tout nouveau terrain : celui des sportives électriques.

Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai. Car vous ne le saviez peut-être pas, mais en 2010, Audi avait tenté une expérience pour le moins insolite, qui s’était malheureusement soldée par un échec cuisant. La firme aux anneaux avait en effet créé une R8 e-tron 100 % électrique, produite en petite série entre 2012 et 2013, non commercialisée. Ce n’est qu’en 2015 qu’une seconde génération fut développée, cette fois-ci bel et bien vendue, mais en toute discrétion. Et pour cause, l’auto n’était pas visible sur le configurateur ni dans les concessions, et très peu de communication avait été faite autour de cette supercar, dont le V8 avait été remplacé par deux moteurs électriques, développant quelque 462 chevaux au total. Bref, la première tentative d’Audi de commercialiser une sportive électrique fut assez mitigée. Peut-être était-ce trop précoce ? Nous ne le saurons jamais. Mais quelques années plus tard, la firme d’Ingolstadt semble avoir tiré des leçons de son échec et revient avec un produit plus abouti que jamais : la nouvelle Audi e-tron GT. Déclinée en version Quattro et RS, la berline électrique semble avoir tous les arguments pour séduire. Mais en pratique, est-ce vraiment le cas ?

C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant le volant de deux versions, lors de de deux journées passées à explorer les très jolies routes du Lubéron. On vous emmène ?

Essai Audi e-tron GT : sculpturale

Photo profil Audi RS e-tron GT 2021

Oui, cette nouvelle Audi e-tron GT reprend la base technique de la Porsche Taycan. Pourtant, rien ne laisse penser que les deux berlines possèdent le moindre lien de parenté, tant elles sont différentes sur le plan esthétiques. En effet, les deux n’ont rien à voir du tout, chacune héritant des spécificités techniques de sa marque respective. Chez Porsche, on s’inspire en effet de la 911 et de la Panamera, tandis que du côté d’Audi, on reprend les gimmicks bien connus depuis quelques années, avec entre autres la calandre Singleframe, ici très fortement revue pour donner à la berline électrique un style exclusif. Celle-ci peut alors être peinte couleur carrosserie ou être au contraire plus contrastante, comme sur notre version d’essai. Bien sûr, ce choix ne plaira pas à tout le monde, mais cela ne manquera en revanche pas d’attirer l’attention, comme nous l’avons vu lors de notre essai. Mais c’est vue de derrière que cette nouvelle Audi e-tron GT est la plus réussie selon nous, avec sa signature lumineuse inédite, et ses feux reliés entre eux par un bandeau lumineux. Sous cet angle, l’auto est agressive mais n’en fait pas trop, avec son imposant diffuseur évidemment dénué de sorties d’échappement.

De profil, la berline est également très réussie, s’offrant une ligne très élégante avec son toit fuyant et sa lunette très inclinée. Les plus observateurs pourront éventuellement remarquer une petite ressemblance avec la Porsche Taycan au niveau de la partie haute, mais cela reste assez discret, alors que le reste de la voiture est en rupture totale avec ce que nous propose la marque de Stuttgart. Longue de près de cinq mètres, cette Audi e-tron GT est un beau bébé au gabarit imposant, mais au centre de gravité très bas. Durant notre essai, nous avons eu la chance de pouvoir prendre en main les deux versions proposées, à savoir la version Quattro, qui incarne l’entrée de gamme, ainsi que la déclinaison RS, plus performante. Et ce qui nous a le plus frappé, sur le plan esthétique, c’est avant tout l’absence de vraies différences entre les deux versions, au style quasiment identique. Seules les logo permettent de distinguer les deux déclinaisons, de même que les jantes de série. Une qualité ou un défaut ? Cela dépendra des clients, certains souhaitant une voiture discrète, tandis que d’autres pourraient vouloir un peu plus d’exclusivité. Pour cela, il faudra donc aller chercher dans le configurateur et opter pour une teinte personnalisée, moyennant pas moins de 5 500 €.

Il est désormais temps de monter à bord de cette Audi e-tron GT, après avoir admiré ses très belles lignes un petit moment. Et si ces dernières se montrent totalement inédites par rapport à ce que la marque à l’habitude de nous proposer, tout en reprenant des éléments déjà connus, l’intérieur se veut quant à lui bien plus classique. Au risque de décevoir ? Certainement, alors que nous aurions pu nous attendre à un peu plus d’exclusivité, comme Porsche l’a fait avec sa Taycan. Mais attention, ce n’est pas pour ça que ce poste de conduite est mauvais, bien au contraire. Car dans la continuité de ce que nous sert la firme aux anneaux depuis des années, cet habitable est toujours très qualitatif visuellement et plus en profondeur. Les matériaux sont évidemment très haut de gamme et la berline fait honneur à la réputation de la marque sur ce point. Les assemblages sont quant à eux très bons également, et l’ensemble est très beau à regarder, c’est un fait. Le confort est également au rendez-vous pour les passagers à l’avant, bien que ceux qui prendront plus sur la banquette arrière pourront se sentir un peu plus à l’étroit, du fait de la garde au toit relativement basse. Mais dans l’ensemble, cette Audi e-tron GT accueille très bien ses occupants, grâce entre autres à son empattement de 2,90 mètres.

Bien sûr, la berline fait également la part belle à la technologie, omniprésente dans ce poste de conduite. Nous retrouvons bien évidemment un large écran tactile de 10,1 pouces, accueillant un système MMI au design tout à fait dans l’air du temps, associé à un combiné numérique de 12,3 pouces. Un Virtual Cockpit peronnalisable affichant toutes les données indispensables, ainsi que la navigation, la piste audio ou encore la consommation électrique. Le tout avec des graphismes très modernes et très clairs. Bref, l’ensemble est très contemporain, sans être aussi techno que la Porsche Taycan, avec sa foule d’écrans pas toujours indispensables. Deux philosophies bien distinctes, qui permettent de créer une vraie différence entre les deux cousines germaniques. Enfin, l’habitabilité est au rendez-vous à bord de cette Audi e-tron GT, qui profite d’un bel espace à bord, comme nous l’avons vu plus tôt. En revanche, le coffre de 350 litres est un peu léger pour une auto qui a vocation a faire de la route, et même si celui-ci est secondé par un second rangement de 85 litres à l’avant.

Essai Audi e-tron GT : électrisante

Photo statique Audi e-tron GT Quattro 2021

Comme nous l’avons expliqué plus tôt, la nouvelle Audi e-tron GT se décline en deux versions bien distinctes : la Quattro, plutôt conçue pour tailler la route et la RS, au tempérament bien plus sportif. Et vous verrez que malgré leur ressemblance sur le plan esthétiques, ainsi que leur base commune, les deux n’ont en réalité pas du tout le même caractère. Reposant sur la plateforme J1 développée par Porsche pour sa Taycan, la berline électrique reprend donc logiquement certaines caractéristiques technique de cette dernière, et notamment son architecture 800 volts, qui permet d’offrir des performances plus élevées mais également d’abaisser légèrement le poids ainsi que le temps de recharge. Celle-ci peut alors être effectuée à une puissance maximale de 270 kW, permettant alors de passer de 5 à 80 % d’autonomie en seulement 23 minutes. Mais assez de théorie, passons désormais à la pratique, alors que nous avons pu prendre le volant des deux versions de la berline sportive lors de notre essai. L’occasion de mieux cerner leurs différences une fois sur la route. Et malgré les apparences, celles-ci sont plus marquées que l’on pense…

C’est en mode Confort que ces deux jours d’essais débutent donc, d’abord derrière le volant de la version Quattro. C’est alors bien aidé des quatre roues directrices que nous arrivons à nous extirper de l’étroit parking où nous attendaient notre voiture. Une option incluse dans le Pack Dynamique, facturé 5 400 € qui s’avère quasiment indispensable, rendant l’auto presque aussi maniable qu’une citadine, lui permettant ainsi de se faufiler aisément dans les rues les plus étroites. Avec un typage de suspension très souple, l’Audi e-tron GT se révèle très confortable, et ce quelle que soit la version choisie. L’amortissement adaptatif fait quant à lui très bien le travail, et rend l’auto ultra confortable, ce qui s’apprécie notamment sur les voies rapides, rendant l’auto idéale pour les longs trajets. Un vrai atout, d’autant plus que l’insonorisation est également très bien travaillée. Il faudra donc se montrer vigilant pour ne pas risquer de perdre bêtement quelques points, alors que la vitesse grimpe sans que l’on s’en rende forcément compte. Forte d’une autonomie oscillant entre 472 et 488 kilomètres en fonction de la version, la berline reste dans la moyenne du marché, profitant d’un très bonne gestion de l’énergie, limitant ainsi la consommation. Et pour cause, nous avons relevé une moyenne autour des 21 kWh durant notre essai, où la conduite sportive fut pourtant de mise.

Et pas de doute, cette e-tron GT, qu’elle soit en Quattro ou en RS est une vraie Audi, avec le dynamisme qui caractérise la marque. Si son poids, dépassant les deux tonnes se fait parfois ressentir, la berline reste surprenante d’agilité au vu de son gabarit, tandis que la prise de roulis est quasiment inexistante. Cependant, on pourrait tout de même reprocher la légèreté de la direction, même en mode Sport, qui donne assez peu d’informations sur l’adhérence, ce qui nous aura causé quelques petites surprises durant notre prise en mains. Mais si le comportement routier est très bon sur les routes sinueuses, sans pour autant offrir l’agilité d’une MX-5, l’Audi e-tron GT séduit surtout par son incroyable accélération, avec un 0 à 100 km/h réalisé en 3,3 secondes seulement pour la version RS coiffant la gamme. A titre de comparaison, c’est seulement un dixième de plus que la Porsche Taycan Turbo. De quoi mettre au tapis la plupart des sportives, le tout dans le silence le plus total. Ou presque. Car un discret son de vaisseau spatial émane cependant des enceintes en mode Sport, ce qui est plutôt déroutant au début mais auquel on finit par s’habituer par la suite.

Si l’Audi e-tron GT Quattro est déjà une vraie bombe électrique, les amateurs de sensations se tourneront plus volontiers vers la version RS, au tempérament plus affirmé. Car celle-ci profite alors d’une foule d’améliorations la rendant encore plus extrême, sans toutefois l’être autant qu’une Porsche Taycan Turbo S. Une volonté assumé de la part de la marque aux anneaux, qui a souhaité laissé la sportivité à sa cousine de Stuttgart, sans pour autant faire de son e-tron GT une auto pépère. Car cette déclinaison RS n’est pas là pour faire de la figuration, bien au contraire. Et pour cause, celle-ci profite d’un centre de gravité abaissé, ainsi que d’un différentiel sport piloté installé sur l’essieu arrière, offrant une motricité optimale dans les courbes. Et cela se ressent, alors que cette RS se comporte de manière encore plus saine, pouvant alors passer encore plus rapidement dans les virages. Si cette déclinaison est livrée de série avec des freins acier six piston, il est indispensable de cocher l’option carbone-céramique, réduisant le poids d’une vingtaine de kilos et offrant un mordant nettement meilleur. Car malgré ses nombreuses technologies et assistances, l’Audi RS e-tron GT reste soumise à la physique, et ses 2,3 tonnes ne sont pas si simples à immobiliser, croyez-le.

 Essai Audi e-tron GT : pour résumer

Photo profil Audi e-tron GT Quattro 2021

Loin d’être une copie conforme de la Porsche Taycan, malgré leurs nombreux points communs, l’Audi e-tron GT est une vraie routière sportive, à la fois docile et survoltée. Faite de multiples facettes, cette nouvelle création aux anneaux est une vraie réussite sur le plan technique, offrant des performances de haut vol, ainsi qu’un vrai arsenal technologique au service du confort. Bien sûr, on pourrait reprocher quelques petites choses à cette dernière-née, à commencer par son poids, tandis que son style pourrait ne pas faire l’unanimité. Mais qu’importe, car cette nouvelle venue dans la gamme apporte vraiment un vent d’air frais dans la gamme et sur le marché, et ne manque pas d’attirer les regards et d’attiser la curiosité. Indéniablement réussie, cette Audi e-tron GT aurait presque de quoi séduire les plus réfractaires à l’électrique. Sauf qu’il faudra avoir un compte en banque bien garni pour espérer l’avoir un jour dans son garage, alors que la berline n’est éligible à aucun bonus écologique.

Essai Audi e-tron GT : notre avis

Design extérieur
Présentation intérieure
Technologie
Agrément de conduite
Passion
Rapport qualité / prix

Laissant la sportivité plus radicale à la Porsche Taycan, cette Audi e-tron GT est une vraie routière polyvalente et ultra-dynamique. Seul son prix constitue un vrai obstacle à l'achat, alors que les prestations sont globalement bonnes.

Essai Audi e-tron GT : fiche technique

  • Moteur :  deux moteurs électriques synchrones à aimants permanents
  • Transmission : transmission intégrale, deux rapports
  • Puissance : 530 ch / 646 ch
  • Couple : 630 Nm / 830 Nm
  • Dimensions : 4,99 x 1,96 x 1,41 mètres
  • Poids : 2 347 kg / 2 315 kg
  • 0 à 100 km/h : 4,1 / 3,3 secondes
  • Vitesse maximale : 240 / 250 km/h
  • Autonomie : 488 / 472 km
  • Volume de coffre : 350 litres à l’avant, 85 litres à l’arrière
  • Émissions de CO2 / malus : 0 g/km / pas de bonus
  • Consommation en cycle mixte : 18,8 / 19,3 kWh
  • Prix : à partir de 101 500 €

Essai Audi e-tron GT : les photos

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Marie Lizak

Fondatrice et responsable éditoriale du site Une Fille Au Volant, je suis une passionnée de l'automobile dans tous ses aspects. J'ai pour vocation de partager ma passion avec légèreté et bonne humeur, sans oublier la rigueur et l'information, bien évidemment !

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