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Essai Mazda MX-30 : à contre-courant

Arrivé sans que personne ne s’y attende, le Mazda MX-30 fait un pari simple : apporter une touche de nouveauté sur le marché des SUV électriques, tout en restant abordable. Promesse tenue ?

Photo Mazda MX-30 Crystal Soul Red 2021

D’ordinaire, lorsqu’une marque dévoile un nouveau modèle, c’est rarement une surprise. Car avant la présentation officielle, il y a généralement le concept, lui-même annoncé par un ou plusieurs teasers, sans parler des éventuels spyshots. Bref, difficile de ne pas le savoir lorsqu’un constructeur nous prépare quelque chose. Surtout quand l’auto en question est le tout premier modèle électrique d’une marque, alors que celle-ci marque généralement un vrai tournant, sur lequel il est primordial de communiquer. Enfin, ça, c’est comme ça que ça se passe la plupart du temps. Sauf chez Mazda, qui a levé le voile sur son tout nouveau MX-30 à la surprise générale, alors que rien ne laissait présager la révélation d’une auto aussi importante pour la marque japonaise. C’est donc en 2019, à l’occasion du salon de Tokyo, que naquit le SUV compact électrique, premier modèle branché de la marque. Une grande première donc pour Mazda, symbolisé par l’appellation même de l’auto. Car non, celle-ci n’a rien à voir avec la MX-5, puisque la firme rappelle que le préfixe « MX » signifie en réalité « Mazda Experimental ». Comprenez que l’un comme l’autre sont des modèles bien à part dans la gamme.

À voir également :
→ notre article sur le Mazda MX-30
→ notre essai de la Peugeot e-2008
→ notre essai de la Mazda MX-5 RF

Car pour être à part, il l’est vraiment ce MX-30, et pas seulement par rapport au reste des productions de la marque. Si sa motorisation électrique en fait un véhicule tout à fait dans l’air du temps, de même que sa silhouette haute sur patte, le SUV compact fait néanmoins office d’ovni sur le marché. Par son style déjà, à la fois épuré, agressif et sensuel, par ses étonnantes portes antagonistes mais également par sa petite autonomie, qui semble aller à contre-courant de la tendance actuelle, qui fait plutôt dans la surenchère de kilomètres. Autant dire que ce nouveau venu sur le marché a de quoi intriguer, mais aussi se distinguer sur un marché de plus en plus concurrentiel, que ce soit du côté des Asiatiques avec le Hyundai Kona électrique et le Kia e-Niro ou des Françaises, avec la Peugeot e-2008. Autant dire que le petit SUV aura fort à faire pour espérer voler des clients à ces références, mais pas de panique, car il a bien plus d’un tour dans son sac, ça c’est sûr. Car si vous connaissez un peu l’histoire de Mazda, vous savez que la marque n’est pas vraiment du genre à faire comme tout le monde. Et ce MX-30 le prouve une fois de plus…

Nous vous proposons donc de découvrir plus en détails cet étonnant SUV compact, lors d’un essai complet de la version haut de gamme Modern Confidence. C’est parti !

Essai Mazda MX-30 : un style attachant

Photo portes antagonistes Mazda MX-30 2021

Ce qui est déroutant avec ce Mazda MX-30, c’est avant tout son look. Car si celui-ci reprend le langage stylistique Kodo cher à la marque et décliné sur tous ses modèles depuis quelques années déjà, il le fait également évoluer avec brio. Plus qu’une simple version électrique du CX-30, ce nouvel arrivant tient à avoir sa propre personnalité, et ça se voit. Car si l’on reconnait tout de suite la filiation avec le reste de la gamme, notamment au niveau de la face avant, le SUV compact s’en distingue également habilement, en adoptant des trains moins sensuels et plus nets, notamment par rapport à la très latine Mazda 3. Un parti-pris assumé par le Japonais, qui arbore une face avant épurée, avec sa fine calandre intégrant des feux tout en longueur également, ainsi que le logo de la marque en son centre. A l’arrière, l’ensemble tranche avec ses lignes plus rondes et son popotin galbé, tandis que les connaisseurs noteront le lien de parenté avec la MX-5 au niveau des feux. Si l’ensemble est plutôt épuré, ce Mazda MX-30 tient à reprendre les codes esthétiques du segment des SUV, cela se traduisant bien sûr par une hauteur de caisse surélevée et par des protections de carrosseries sur les flancs et les passages de roues, cette fois-ci carrés. Des attributs tout à fait dans l’air du temps, plutôt bien intégrés sur ce nouveau-venu.

Avec sa hauteur de 1,55 mètre seulement et sa longueur de 1,40 mètre, le Mazda MX-30 affiche une silhouette plutôt flatteuse, et loin d’avoir l’air mastoc comme certains modèles concurrents. Une petite prouesse stylistique que l’on doit également au toi bi-ton très incliné, donnant au Japonais des airs de SUV coupé, très tendance à l’heure actuelle. Une impression accrue par l’absence de poignées à l’arrière, qui peut sembler quelque peu déroutante au premier abord. Mais on l’a dit, Mazda n’a pas vraiment l’habitude de tout faire comme les autres, et cela se vérifie une fois de plus. Que l’on aime ou pas, le style de ce SUV ne laisse en tout cas pas indifférent, se différenciant très largement de ses rivaux par des lignes sophistiquées mais jamais bling-bling, dans la lignée des autres modèles de la marque. Du côté de la personnalisation, Mazda a une fois de plus fait le choix d’une gamme relativement restreintes, avec huit configurations, dont trois versons tricolores comme notre version d’essai. Celle-ci est habillée du superbe Soul Red Crystal, associé à un toit noir. Un seul choix de jante est disponible, à savoir une monte 18 pouces en alliage.

Essai Mazda MX-30 : trait d’union

Photo sièges avant Mazda MX-30 2021

L’accès à bord se fait ici via d’étonnantes portes antagonistes, rendant alors hommage à la Mazda RX-8, produite de 2003 à 2012. Si celles-ci ne sont pas forcément les plus pratiques au monde, bien qu’elles facilitent l’installation aux places arrière, on ne peut qu’apprécier le joli clin d’oeil à l’histoire de la marque, ainsi que l’originalité de ce dispositif, assez peu répandu sur des modèles de grande série. Lancé en 2020, ce Mazda MX-30 est arrivé sur le marché l’année du 100ème anniversaire de la marque. Une date qui n’a évidemment pas été choisie au hasard pour ce SUV, qui symbolise en quelque sorte l’avenir de la marque, et qui rend également hommage à une histoire très riche, faite d’innovations et de révolutions en tout genre. Véritable trait d’union entre le passé et le futur, ce MX-30 est donc bourré de petits clins d’oeil assez sympathiques, à l’image du liège omniprésent dans l’habitacle. Car vous ne le saviez peut-être pas, mais avant de faire des voitures, Mazda, ou plus précisément Toyo Cork Kogyo Co., Ltd, était spécialisée dans la fabrication de bouchons de liège pour l’industrie vinicole. De quoi briller lors de vos prochains diners entre amis ! L’occasion également pour Mazda de proposer quelque chose de différent, mais aussi de plus écologique, alors que le tissu des sièges est fait à partir de bouteilles recyclées, tandis que le cuir est quant à lui d’origine végétale

Si la planche de bord noire peut sembler un peu austère, on apprécie en revanche la clarté apportée par la sellerie grise de notre version d’essai, adoptant l’ambiance Modern Confidence. Celle-ci, pour l’heure unique dans la gamme rend l’intérieur très accueillant, et nous invite à nous installer dans le siège conducteur chauffant à réglage électrique. Si l’écran principal est identique au reste de la gamme et n’est toujours pas tactile, celui-ci est désormais accompagné d’un second de sept pouces, facile cette fois-ci, commandant alors la climatisation. Apportant une touche supplémentaire de modernité, celui-ci est alors installé sur la console centrale flottante, offrant de nombreux rangements mais ne facilitant pas vraiment l’accès aux prises USB. Globalement, l’intérieur de ce Mazda MX-30 est plutôt bien pensé et très contemporain, tandis que l’habitabilité est très bonne, à l’avant comme à l’arrière, malgré le toit incliné. Les passagers installés sur la banquette seront en effet plutôt à leur aise grâce à un bel espace aux jambes, même si la visibilité est limitée du fait de l’épais montant de porte. Enfin, le volume de coffre, affiché à 366 litres reste plutôt correct pour le segment.

Essai Mazda MX-30 : prestations intéressantes mais autonomie limitée

Photo statique Mazda MX-30 2021

Alors que la plupart des constructeurs se lancent dans une course effrénée à celui qui proposera la plus grande autonomie, Mazda décide de son côté d’aller à contre-courant, en faisant le choix de proposer une petite batterie de seulement 35,5 kWh, permettant alors de parcourir 200 kilomètres en une seule charge. Un parti-pris pour le moins étonnant de la part de la marque japonaise, qui ne rassure pas forcément au premier abord, alors que beaucoup de clients peinent justement à se jeter à l’eau, de peur de manquer de batterie pour réaliser leurs trajets quotidiens. Pourtant, il faut savoir qu’en moyenne, les automobilistes français ne parcourent qu’une cinquantaine de kilomètres par jour pour se rendre sur leur lieu de travail, ce qui laisse en théorie pas mal de marge. Mais en pratique ? Car si la jauge descend de manière plutôt raisonnée, en totale cohérence avec le nombre de kilomètres parcourus, difficile d’être sereins à l’idée de s’éloigner de chez soi. Il faudra donc déployer être vigilants à caresser la pédale d’accélérateur pour limiter la consommation, et éviter au maximum les autoroutes. Vous l’aurez donc compris, ce Mazda MX-30 reste avant tout un modèle urbain, destiné à la vie de tous les jours et non pas aux grands départs en vacances.

Photo feux arrière Mazda MX-30 2021Une fois que l’on sait cela, il est plus aisé de profiter de ce MX-30, qui embarque donc sous son capot un moteur électrique e-Skyactiv développant 145 chevaux pour un couple de 271 Nm. Certes, le SUV n’est pas forcément le plus rapide, avec un 0 à 100 km/h réalisé en plus de neuf secondes, mais sa motorisation branchée lui assure une certaine réactivité et de très bonnes relances, malgré un poids plutôt élevé de 1 645 kilos, dû au poids des batteries. Il ne faudra donc pas vous attendre à prendre le volant d’une ballerine, alors que la prise de roulis reste assez importante en courbes. Mais en réalité, ce n’est pas franchement en conduite dynamique que le SUV s’appréciera le mieux, même si l’auto est tout à fait convaincante et fidèle au principe du Jinba Ittai tant promu par Mazda, signifiant « faire corps avec sa monture ». Si le plaisir ne sera pas le même qu’au volant d’une MX-5, bien sûr, il sera en fait plus subtil, prenant la forme d’une conduite souple et d’un discret son au démarrage et à l’accélération, rappelant celui d’un moteur thermique. Par ailleurs, son centre de gravité très bas permet de profiter d’une bonne tenue de route et d’un comportement globalement sain.

Les suspensions plutôt souples sont assez bien calibrées, avec un réglage privilégiant le confort au dynamisme. C’est donc sur des trajets de tous les jours que le Mazda MX-30 se sentira le plus à l’aise, alors que les parcours urbains favoriseront les économies d’énergie, grâce aux cinq modes de régénération au freinage pouvant être choisis via les palettes au volant. En actionnant celle de gauche à fond, il sera alors possible de conduite à une seule pédale, un peu comme ce que propose la Nissan Leaf avec sa e-Pedal. Sa très bonne insonorisation, ainsi que son diamètre de braquage étonnamment réduit font du SUV compact un vrai allié pour la conduite quotidienne. Bardé de technologies d’aide à la conduite, pour la plupart livrées de série, le Mazda MX-30 ne fait pas pour autant dans la débauche d’innovations, proposant alors des assistances efficaces mais jamais trop présentes, offrant une certaine liberté au conducteur. Du côté de la consommation, celle-ci est plutôt correcte, comme nous l’avons évoqué un peu plus tôt, affichée à environ 19 kWh/100 km. Si la recharge plafonne à 6,6 kW sur les bornes publiques de 11 et 22 kW, il est également possible de récupérer 80 % d’autonomie sur une borne rapide via une prise Combo CSS, permettant de profiter d’une puissance allant jusqu’à 50 kW.

Essai Mazda MX-30 : pour résumer

Photo avant Mazda MX-30 2021

Surprenant sur de nombreux points, ce Mazda MX-30 prend le contre-pied de la tendance actuelle avec son autonomie très limité. Si celle-ci pourrait dissuader certains clients, le SUV compact a alors toute sa place en tant que 2ème voiture du foyer, permettant alors d’effectuer les trajets domicile-travail sans encombres. Il faudra simplement s’assurer d’avoir de quoi recharger son véhicule chez soi ou au bureau, faute de quoi il faudra sans doute se tourner vers un véhicule thermique. Mais pour les clients qui remplissent toutes les conditions nécessaires à l’achat d’un véhicule électrique, ce MX-30 fait tout à fait le boulot, se démarquant par son tarif plutôt raisonnable par rapport à ses rivaux, avec une dotation technologique très complète. Affiché à partir de 33 900 € dans sa version d’entrée de gamme, le petit Japonais affiche un rapport prix/équipement bien plus intéressant que ses concurrents, et seule son autonomie de seulement 200 kilomètres WLTP pourrait donc jouer en sa défaveur.

Essai Mazda MX-30 : notre avis

Design extérieur
Présentation intérieure
Technologie
Agrément de conduite
Rapport qualité / prix

Si son autonomie reste un peu trop faible, le Mazda MX-30 possède de nombreux autres atouts et constitue une alternative intéressante pour un prix raisonnable au vu des prestations.

Essai Mazda MX-30 : fiche technique

  • Moteur : moteur électrique synchrone à aimants permanents
  • Transmission : traction, boîte automatique à un rapport
  • Puissance : 145 chevaux
  • Couple : 271 Nm
  • Dimensions : 4,40 x 1,80 x1,56 mètres
  • Poids : 1 645 kilos
  • 0 à 100 km/h : 9,7 secondes
  • Vitesse maximale : 140 km/h
  • Autonomie : 200 km
  • Volume de coffre : de 366à 1 171
  • Émissions de CO2 / malus : 0 g/km / bonus écologique de 6 000 €
  • Consommation en cycle mixte : environ 19 kWh/100 km
  • Prix : à partir de 33 900 €

Essai Mazda MX-30 : les photos

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Marie Lizak

Fondatrice et responsable éditoriale du site Une Fille Au Volant, je suis une passionnée de l'automobile dans tous ses aspects. J'ai pour vocation de partager ma passion avec légèreté et bonne humeur, sans oublier la rigueur et l'information, bien évidemment !

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