Essai Abarth 124 GT : cousine italienne

Quelques semaines après la Mazda MX-5, nous avons décidé de prendre le volant de sa cousine éloignée, l’Abarth 124 dans sa version GT pour un essai hommage à celle dont le renouvellement en plus qu’incertain.

Essai Abarth 124 GT face avant profil jantes

Il y a quelques semaines, nous prenions le volant de la Mazda MX-5 dans ses deux variantes 132 et 184 chevaux, et nous l’avions particulièrement appréciée, pour de nombreuses raisons. Mais vous n’êtes pas sans savoir que la petite japonaise a également une cousine italienne, la Fiat 124, produite sur la même plateforme mais s’en distinguant par des motorisations différentes développées par la marque turinoise. Dévoilé pour la première fois en novembre 2015 au salon de Los Angeles, le cabriolet n’a toutefois pas attendu bien longtemps avant de monter en puissance. Et pour cause, celui-ci a gagné dès le mois de mars suivant une inédite variante retravaillée par Abarth, à l’occasion du salon de Genève, profitant de nombreuses améliorations par rapport à la version standard.

Malheureusement, l’avenir de la sportive, dans sa version classique comme Abarth est plus que compromis, comme l’a laissé entendre Olivier François, le patron de la marque. Il se pourrait en effet que celle-ci ne soit pas renouvelée à la fin de l’actuelle génération, alors que les ventes ne sont pas vraiment satisfaisantes. Mais ce ne sont officiellement pas les résultats qui font se questionner les dirigeants du constructeur, mais bien les coûts que la 124 représente. Si celle-ci dégage en effet quelques bénéfices, son assemblage à Hiroshima, sur les chaînes de la Mazda MX-5 posent de nombreux problèmes de logistique, tout en faisant flamber les prix de la production à cause du transport. La Fiat 124 Spider, tout comme sa version Abarth semblent donc condamnées, mais nous avons tout de même voulu prendre le volant de cette dernière, pour savoir ce qu’elle vaut vraiment, notamment face à sa cousine japonaise.

C’est donc le temps d’un week-end que nous avons pu prendre en mains cette Abarth 124 dans sa version GT à toit rigide, qui se distingue notamment par ses éléments en fibre de carbone. L’occasion de voir ce qu’elle a de plus (ou de moins) que la Mazda MX-5, mais également de lui rendre un dernier hommage, alors que le segment des sportives abordables est de plus en plus menacé dans nos contrées, la faute à une fiscalité toujours plus écrasante. Quoi qu’il en soit, profitons tant qu’il est encore possible de ce que le marché nous offre pour l’instant, avec une 124 ayant échappé à l’électrification, de quoi satisfaire les puristes, et pour notre plus grand plaisir également !

Essai Abarth 124 GT : sportive sobriété

Essai Abarth 124 GT arrière feux jantes échappement monza essence

Malgré sa filiation avec la Mazda MX-5, la 124, qu’elle soit Fiat ou Abarth profite d’un style bien à elle, inspiré de la Fiat 124 Sport Spider de 1966. Nous découvrons donc une face avant un peu plus agressif que sa cousine, avec deux grands feux arrondis, venant terminer un long capot nervuré, et ce quelle que soit la version. Toutefois, vous l’aurez deviné, la variante Abarth se distingue tout de même véritablement de la Fiat, notamment grâce à ses boucliers avant et arrière plus agressifs, intégrant quatre sorties d’échappement. La signature lumineuse demeure quant à elle inchangée, avec des feux arrière carrés laissant entrevoir la carrosserie en leur centre.

Mais ce n’est pas tout, car pour se distinguer de la Fiat 124, la déclinaison retravaillée par les sorciers d’Abarth se démarque également par un kit aérodynamique spécifique, incluant, en plus des boucliers, des prises d’air plus imposantes ainsi que des jupes latérales élargies. Par ailleurs, l’Abarth 124 se décline également dans une version GT encore plus radicale esthétiquement parlant, se distinguant cette fois-ci par un toit rigide en fibres de carbone, ainsi que des rétroviseurs assortis, tandis que des jantes OZ Racing de 17 pouces plus légères de 3 kg chacune viennent compléter l’ensemble. Enfin, un pack Gris Forgiato sobre mais élégant vient apporter la touche finale au style de cette Abarth 124 GT, des éléments tels que la lame avant peints en rouge.

Avec une longueur de seulement 4,05 mètres pour 1,23 de hauteur, l’Abarth 124 GT profite de belles proportions, grâce à ses porte-à-faux ultra-courts. L’ensemble est esthétiquement très réussi, même si la sobriété de la Mazda MX-5 est sans doute plus aisée à assumer au quotidien selon nous. Par ailleurs, et pour ceux qui trouveraient cette 124 encore trop discrète, la division sportive de Fiat propose également un pack Officine Abarth optionnel, incluant des éléments extérieurs spécifiques tels que les coques de rétroviseurs, la lame avant et le cache crochet de remorquage rouge, tandis que le coffre et le capot sont alors peints de la couleur de la carrosserie. Pour rappel, notre version d’essai arbore de son côté la très sobre peinture métallisée Gris Alpi Orientali 1974, qui lui va à ravir, il faut bien l’avouer.

Essai Abarth 124 GT : en rouge et noir

Essai Abarth 124 GT intérieur volant sièges

Lorsque l’on monte dans cette Abarth 124 GT, difficile au premier abord d’être dépaysé tant le lien de parenté avec la Mazda MX-5 est évident. Et pour cause, nous retrouvons une présentation identique au coupé japonais, avec sa console centrale permettant de profiter de quelques rangements, ainsi que son écran de 7 pouces tactile uniquement à l’arrêt. Pas de grands changements donc dans cet habitacle, qui rest toujours très bien pensé et ergonomique, même si quelques rangements supplémentaires ne seraient une fois encore pas de trop. Comme pour sa cousine nippone, il faudra ici se passer de vraie boîte à gants, au risque de ne plus avoir de place pour les jambes du passager, en raison de la place occupée par la boîte de vitesse. Très épuré, l’intérieur s’affranchit de tout le superflu et chaque commande est donc très simple à trouver, sans avoir besoin de quitter la route des yeux trop longtemps.

Comme pour la MX-5, les finitions sont ici plus que correctes, avec des matériaux de bonne facture et une belle qualité perçue. Si l’ensemble ressemble donc trait pour trait à la Fiat 124 standard ainsi qu’au cabriolet japonais, cette 124 GT se distingue par des éléments spécifiques, tels que le combiné d’instrumentation à fond rouge, l’Alcantara sur la planche de bord ainsi que la sellerie en cuir rouge et noir recouvrant des sièges sport chauffants. Des tapis de sol Officine Abarth avec des inserts en aluminium, ainsi qu’un pédalier sport viennent compléter la dotation, tout comme le volant sport avec un point milieu rouge. Autant d’éléments qui permettent d’apporter une touche de sportivité à un habitacle globalement assez sobre dans sa version standard.

Si cette Abarth 124 joue la carte du dynamisme, elle n’en reste pas moins relativement confortable, puiqu’elle profite de série d’un Pack Confort incluant, entre autres, la climatisation automatique le système hi-fi Bose avec neuf haut-parleurs et des tweeters dans les appuie-têtes. Comme sur la MX-5, l’habitabilité n’est logiquement pas le point fort de l’italienne, notamment pour des grands gabarits qui pourront rapidement se retrouver à l’étroit au niveau des jambes. Et pour cause, les sièges offrent une amplitude de réglage plutôt restreinte, qui s’explique évidemment par la volonté de ne pas rogner sur le volume de coffre. Celui-ci est par ailleurs un peu plus grand que celui de la MX-5, avec pas moins de 140 litres contre 130 pour sa cousine asiatique, de quoi partir en week-end sans aucun souci.

Essai Abarth 124 GT : plaisir du week-end

Essai Abarth 124 GT face avant calandre capot feux

Si la Fiat 124 propose plusieurs niveaux de puissance pour son quatre cylindres 1,4 litre MultiAir, avec 140 et 160 chevaux, la déclinaison Abarth se contente quant à elle de 170 équidés issus du même bloc. Si cela peut sembler peu par rapport à la version standard, alors que le couple de 250 Nm à 2.500 tr/min ne change également pas, le coupé italien n’a pas vraiment besoin de beaucoup plus, alors que son poids dépasse à peine la tonne, avec 1.060 kg, grâce notamment à sa dotation dépouillée et ses éléments en fibre de carbone. De quoi offrir à la sportive un vrai tempérament dynamique, alors que le 0 à 100 km/h est ici réalisé en seulement 6,8 secondes, pour une vitesse maximale fixée à 232 km/h. Toutefois, et si les chiffres sont plutôt bons, ce n’est pas vraiment en ligne droite que l’Abarth 124 GT révèle tout son potentiel, mais bien dans les courbes des routes sinueuses de nos campagnes…

Et pour cause, l’italienne se révèle particulièrement amusante dans les tournants et se distingue de la Mazda MX-5 par son turbo, permettant d’atteindre le couple maximal à plus bas régime. Un atout, qui certes, ne plaira pas forcément aux puristes, mais qui assure de belles reprises et de franches accélérations à chaque sortie de virage, au contraire d’une MX-5 qu’il faudra davantage cravacher et faire monter dans les tours. Bien plus joueuse du popotin que sa cousine japonaise, la sportive au scorpion jouit d’une philosophie totalement différente, laissant volontiers glisser son arrière-train, notamment sur sol mouillé. Rassurez-vous toutefois, le différentiel mécanique à glissement limité vient calmer les ardeurs de cette cavalerie survoltée et assure assez de stabilité pour ne jamais se mettre en danger. Il est donc tout à fait possible de se balader tranquillement, mais aussi de vraiment s’amuser si le cœur vous en dit.

Quoi qu’il en soit, l’ensemble est plus que plaisant à conduire, avec un train avant facile à manier et s’inscrivant parfaitement dans les courbes, tandis que la direction est très bien calibrée pour une utilisation polyvalente. De son côté, la boîte de vitesse manuelle à six rapports, qui peut également être remplacée par une transmission automatique à six rapports également, est quant à elle assez similaire à celle de la MX-5, avec des passages de rapports toujours très courts, au profit de l’efficacité, encore une fois. Livrée de série avec des suspensions Bilstein, l’italienne joue évidemment la carte du sport, au détriment du confort, que l’on retrouvera plutôt sur sa sage cousine nippone. Toutefois, si ces liaisons au sol ne sont pas idéales pour une utilisation quotidienne, et notamment sur autoroute, où les aspérités peuvent vite mettre notre dos à rude épreuve, elles font parfaitement le job lorsque le rythme s’accélère. Un autre atout qui permet à la sportive de profiter d’une prise de roulis quasiment inexistante.

Ce tableau idyllique est également complété par un échappement Monza laissant les passants profiter d’une douce musique au passage de cette Abarth 124 GT, avec une sonorité rauque bien présente à chaque moment. Un bruit par ailleurs amplifié avec le mode Sport, pour le plus grand plaisir de nos oreilles, même si le toit rigide de notre version d’essai l’atténue très largement, permettant de rendre l’ensemble plus vivable au quotidien. Et pour cause, si cet échappement est très plaisant le temps d’un week-end, pas sûr qu’il soit simple à assumer au quotidien, là où justement, la Mazda MX-5 se veut quant à elle bien plus discrète dans la vie de tous les jours. Malgré la présence du toit en dur, qui n’aura pas été vraiment frustrante durant cet essai pluvieux, l’Abarth demeure très bruyante à haute vitesse, avec de forts sons aérodynamiques qui peuvent vite devenir agaçants lors de longs trajets. Mais c’est un reproche que l’on pourra aussi bien faire à la MX-5, notamment dans sa version à capote souple. Et oui, le bruit n’est pas l’apanage des italiens…

Accélérer, elle sait faire, mais cette Abarth 124 GT sait également ralentir le rythme quand il le faut, grâce à ses freins Brembo mordants et efficaces, et ce même sous la pluie. Cela s’explique également par son poids plume, aux antipodes de la tendance à l’embonpoint des modèles actuels. Une cure d’amincissement qui entraîne forcément une consommation plus que raisonnable, avec seulement 6,4 l/100 km annoncés en cycle mixte, même s’il faudra s’attendre à quelques litres supplémentaires en conduite dynamique, mais rien de bien grave. En revanche, avec 148 grammes de CO2 rejetés par kilomètre, le roadster au scorpion écope d’un malus de 1.373 €, qui sera bientôt porté à 3.331 € au 1er janvier prochain. Un montant qui plombe évidemment ce véhicule pourtant si plaisant, alors même que sa reconduction est plus que compromise…

Essai Abarth 124 GT : pour résumer

Essai Abarth 124 GT logo détail badge

Plus axée sur la performance que la Mazda MX-5, l’Abarth 124 GT est aussi bien moins polyvalente que cette dernière, en raison de ses attributs plus sportifs que sont les suspensions Bilstein et l’échappement Monza. LE parfait compromis ? La nippone pour tous les jours et l’Italienne pour le week-end, tant les deux sont complémentaires. On appréciera toutefois la belle latine pour sa sportivité assumée et sa propension à bouger ses fesses quand il le faut, mais aussi pour son couple à plus bas régime grâce à son turbocompresseur, la rendant plus dynamique à l’accélération et en sorties de courbes.

Proposée à partir de 40.900 €, l’Abarth 124 GT est bien plus onéreuse que la MX-5, et ce même dans sa version 30th Anniversary, qui profite d’une dotation et d’un caractère similaire. La différence reste toutefois raisonnable et s’explique sans aucun doute par la présence d’éléments en fibre de carbone, un matériau plus prestigieux qui a évidemment un prix. Quoi qu’il en soit, le tarif demeure toutefois justifié pour un modèle si axé sur la performance, dont il est sans doute assez difficile de se lasser tant il s’avère amusant. Pas forcément adaptée à une conduite quotidienne, l’italienne demeure toutefois un excellent choix pour se faire plaisir le week-end.

  • Prix Abarth 124 Spider : à partir de 34.500 €
  • Prix Abarth 124 GT (hors options) : à partir de 40.900 €
  • Prix du modèle essayé (avec options) : 45.850 €

Marie Lizak

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