Essai Peugeot 208 et e-208 : la citadine aux dents longues

Dévoilée au dernier salon de Genève, la nouvelle Peugeot 208 compte bien détrôner la 5ème génération de la Renault Clio, et mise sur ses nombreux atouts. Parmi eux, sa déclinaison 100 % électrique, dont nous avons également pu prendre le volant.

Essai Peugeot 208 2019 GT Line avant arrière jaune faro rouge elixir

C’est en 2012 que naquit la première génération de la Peugeot 208, succédant elle-même à une 207 au succès retentissant, plébiscitée par la presse comme le grand public. Après six ans de carrière et un restylage en 2015, il était également temps pour la citadine de se renouveler, avec un but : grapiller des parts de marché à sa rivale de toujours, la Renault Clio, qui occupe la première place du classement des modèles le plus vendu depuis des années. C’est donc au salon de Genève, en mars dernier que la marque au lion a dévoilé une seconde génération totalement inédite de son best-seller, en même temps que le constructeur au losange présentait quant à lui la 5ème génération de sa citadine à succès.

Profitant d’un coup de crayon en rupture totale avec une précédente mouture très sage, cette nouvelle variante signe également l’arrivée d’une inédite version électrique, normes environnementales obliges. Et pour cause, dès l’année prochaine, l’ensemble des constructeurs devront afficher une moyenne sous les 95 grammes de CO2 pour l’ensemble de leur gamme, sous peine d’écoper d’une lourde amende. Mais il ne s’agit ici pas de la seule nouveauté de cette Peugeot 208, qui fait également un vrai bond en avant technologique, notamment dans l’habitacle, tandis que la gamme de motorisations a quant à elle évolué avec subtilité, afin de mieux coller aux exigences du marché actuel.

C’est donc sur les routes ensoleillées du Portugal, près de Comporta, que nous avons pu tester cette nouvelle génération de la Peugeot 208, dans sa versions PureTech 130 GT Line ainsi que sa déclinaison électrique. L’occasion de se rendre compte des évolutions de la citadine, et surtout de savoir si elle a conservé le dynamisme pour laquelle beaucoup l’aiment tant !

Essai Peugeot 208 : elle a les crocs

Essai Peugeot 208 2019 GT Line Rouge Elixir jantes

Lorsque l’on jette un œil à cette nouvelle Peugeot 208, la différence est plus que frappante avec la précédente génération, qui adoptait de son côté un style très sage, certes réussi mais restant tout de même très consensuel. Pour cette seconde mouture, les équipes de designers dirigées par Gilles Vidal sont reparties d’une feuille blanche et ont oublié la philosophie passe-partout de l’ancienne citadine pour lui offrir au contraire un look osé. Un style assumé, qui ne plaira peut-être pas à tout le monde mais qui reste dans la lignée des dernières productions de la marque, avec une nouvelle identité de marque initiée sur la 2ème génération de la 3008 puis déclinée à tous les nouveaux modèles, dont la dernière 2008. Parmi les éléments forts de cette nouvelle signature esthétique, les crocs lumineux sont sans doute les plus significatifs, de même que les optiques, plus agressives, tout comme la calandre, largement agrandie. Notons également que la citadine joue des codes du SUV pour rester tendance, en adoptant sur les versions les plus haut de gamme des protections latérales en plastique.

A l’arrière, cette nouvelle mouture fait également évoluer ses feux, qui conservent les fameuses griffes du lion mais qui changent de forme, tout en étant désormais reliés entre eux par un bandeau noir. Un élément de style de plus en plus à la mode chez les constructeurs, arrivé au sein de la gamme Peugeot avec la nouvelle 3008 mais également décliné sur la seconde génération de la 508. Le bouclier évolue également, et s’il peut paraît quelque peu proéminent, cela s’explique par des Essai Peugeot 208 2019 GT Line détail custodecontraintes en termes de sécurité. Quoi qu’il en soit, la poupe se révèle un peu plus clivante que l’avant, avec un hayon qui semble un peu vide, en raison d’optiques placées très haut. Affichant des dimensions toujours très contenues, cette Peugeot 208 s’allonge toutefois quelque peu par rapport à la précédente génération, avec une longueur de 4,06 mètres, contre 3,96 mètres auparavant. La citadine perd toutefois quelques centimètres en hauteur, ainsi qu’en largeur, au profil du dynamisme.

Déclinée en plusieurs version, la nouvelle Peugeot 208 arbore un style bien spécifique à chacune, et notamment sur la variante GT Line, qui se distingue par des jantes et une calande spécifiques, ainsi que par des passages de roues noirs. De son côté, la e-208, la seule à proposer la finition GT profite quant à elle d’une inédite calandre couleur carrosserie, de passages de roues noir brillant ainsi que de logos distinctifs, tandis que lion change quant à lui de teinte selon l’angle de vue. Par ailleurs, et cela est plutôt inhabituel, la teinte de série est ici le très beau Jaune Faro, tandis qu’un choix de huit couleurs au total est proposé au catalogue, dont les très beaux Bleu Vertigo et Rouge Elixir. Enfin, un choix de cinq styles de jantes de 15 à 17 pouces est également disponible pour les clients.

Essai Peugeot 208 : cockpit modernisé

Essai Peugeot e-208 2019 combiné numérique i-cockpit 3D

Dans l’habitacle aussi, la nouvelle Peugeot 208 fait un vrai bond en avant, avec une présentation entièrement renouvelée, s’inscrivant un peu plus dans la lignée des dernières productions de la marque. L’ensemble gagne en qualité perçue, tout en conservant les attributs qui ont fait le succès des intérieurs de la marque, à savoir l’I-Cockpit, inité sur la première génération de la citadine en 2013 et ici reconduit, bien que modernisé. Les grands principes de base sont ici respectés, avec le petit volant et les compteurs placés en hauteur, bien que ceux-ci deviennent désormais numériques dès le 3ème niveau de finition, avec un affichage 3D inédit, à la manière d’un hologramme. Si celui-ci n’apporte rien de plus et n’est pas forcément indispensable, il reste tout de même agréable à regarder et apporte une touche technologique plutôt sympa à l’ensemble. Par ailleurs, ce combiné est comme toujours associé à un écran tactile de 5 à 10 pouces selon la finition, posé sur la planche de bord comme sur les 3008 et 5008. Celui-ci n’est en revanche pas commandable via des touches piano mais par des boutons à retour haptique pour un style plus épuré.

Globalement, la présentation est flatteuse sur la version GT Line que nous avons pu tester durant notre essai, avec des sièges recouverts de tissu surpiqué de vert, un détail qui apporte une touche de couleur dans un habitacle plutôt sobre. On apprécie par ailleurs le motif de la sellerie, mais également de la planche de bord, qui arbore un habillage imitant la fibre de carbone. En revanche, on apprécie moins la console centrale Essai Peugeot 208 2019 siège dossier appuie tête intérieuren plastique brillant, qui a tendance à très mal vieillir et à être particulièrement sensible aux micro-rayures et aux traces de doigts. Les ajustements sont quant à eux plutôt bons, même s’ils peuvent parfois être un peu approximatifs par endroit, même s’il faudra vraiment être très pointilleux. Enfin, les sièges, réglables électriquement (côté conducteur seulement) sont confortables et offrent également un excellent maintien lorsque le rythme s’accélère.

Avec un empattement de 2,54 mètres identique à la précédente génération, la nouvelle Peugeot 208 n’est pas forcément plus habitable qu’avant, mais profite toutefois d’une banquette arrière un peu plus inclinée, profitant au confort général des occupants. Ceux-ci risqueront toutefois de se sentir quelque peu à l’étroit au niveau des jambes, mais n’oublions pas qu’il s’agit avant tout d’une citadine, et que les places arrière sont généralement peu utilisées. Enfin, et malgré des porte-à-faux allongés, la sochalienne voit son volume de coffre réduit, n’offrant que 265 litres, contre 285 litres pour la précédente génération. C’est loin de sa rivale, la Clio, qui propose quant à elle un volume de 300 à 391 litres. Seul avantage, le volume est identique sur la e-208, les batteries étant en effet logées sous le plancher.

Essai Peugeot 208 : lionne à trois pattes

Essai Peugeot 208 2019 face avant dynamiques signature lumineuse LED

Avant de passer à la pratique, un peu de théorie sur cette nouvelle Peugeot 208, qui voit sa gamme de motorisations évoluer, pour se concentrer notamment sur l’essence, mais surtout pour accueillir une nouvelle déclinaison 100 % électrique dont nous avons également pu prendre le volant. Les clients auront donc le choix entre un 1,2 litre PureTech décliné en versions 75, 100 et 130 chevaux, un 1,5 litre BlueHDi 100 chevaux ainsi qu’une e-208 forte de 136 équidés. Si nous avons pu prendre brièvement le volant de toute la gamme, nous allons cette fois-ci nous concentrer sur le PureTech 130 venant coiffer l’offre, mais également sur l’incontournable version zéro-émission. Celle-ci rencontre d’ores et déjà un franc succès auprès des clients, comme en témoignent les nombreuses commandes déjà enregistrées.

Incarnant le haut de gamme, le trois cylindres 1,2 litre PureTech 130 devrait sans aucun doute occuper une grande place dans les ventes de la marque, alors qu’il représente le moteur thermique le plus puissant actuellement proposé. Fort de 230 Nm de couple à 1.750 tr/min, il se veut plutôt dynamique, et est idéal en ville pour une utilisation Essai Peugeot 208 2019 jaune faro GT Line profil jantes 17 poucesquotidienne, assurant de belles relances quand cela est nécessaire, et notamment sur l’autoroute. Bien sûr, l’ensemble peut paraître quelque peu léger une fois que l’on sort des agglomérations, en particulier sur des routes vallonnées comme nous avons pu en parcourir lors de nos essais. Quelques chevaux supplémentaires n’auraient en effet pas été de trop pour tenir le rythme lorsque celui-ci est un peu plus soutenu. A noter par ailleurs que le 0 à 100 km/h est abattu en 8,7 secondes, ce qui est plutôt bon pour le segment, tandis que la vitesse maximale culmine de son côté à 208 km/h. Coïncidence ? Sans doute pas, alors que la marque fête cette année ses 208 ans

Sans surprise, le PureTech 130 est livré de série avec la boîte automatique EAT8, reconnaissable de l’extérieur par son levier initié sur la seconde génération de la Peugeot 3008, puis décliné sur les dernières productions de la marque, dont la 308 et la nouvelle 508. Comme toujours, celle-ci est avant tout typée confort et garantit des passages de rapports tout en douceur, sans aucun à-coup. En ville, elle est donc une alliée de taille, permettant par ailleurs d’abaisser quelque peu la consommation, même si elle a tendance à gommer les performances de la voiture en conduite plus dynamique. Comme nous l’avions déjà remarqué lors de notre essai de la 508 GT l’année dernière, la boîte à huit rapports a tendance à être vite larguée et a du mal a suivre la cadence. Heureusement, le mode Sport donne tout de même un peu plus de pep’s à l’ensemble, en améliorant justement la réponse du moteur et de la boîte, tout en durcissant la direction. Bonne nouvelle par ailleurs, la sonorité artificielle sortant des enceintes a finalement été supprimée, laissant à la place rugir le trois-pattes, qui reste toutefois un peu bruyant lorsque l’on monte dans les tours.

Conçue avant tout pour une utilisation urbaine, la nouvelle Peugeot 208 profite de son petit gabarit et de son diamètre de braquage réduit pour se faufiler partout. En revanche, on regrettera un amortissement parfois un brin ferme sur les routes irrégulières, même si la citadine reste globalement confortable, avec une direction très souple mais offrant une assez bonne remontée d’information. En conduite plus dynamique, le bilan est un peu plus mitigé, alors que l’ensemble est très typé confort, au détriment du dynamisme pourtant bien présent chez les derniers modèles du constructeur. Reposant sur la nouvelle plateforme CMP du groupe PSA, qu’elle partage notamment avec la DS 3 Crossback, la nouvelle 208 se montre parfois un peu pataude en courbes, avec une petite tendance au sous-virage à haute vitesse. En revanche, l’ensemble est loin d’être mauvais, ne vous y méprenez pas, et le châssis reste tout de même très affuté pour une citadine. Si celle-ci n’est donc pas forcément la plus agile de la gamme, car ce n’est tout simplement pas son ambition, elle reste toutefois sécurisante dans la vie quotidienne, rassurez-vous.

Par ailleurs, on apprécie la maniabilité de la petite franc-comtoise, grâce notamment à son petit volant présent depuis la première génération. Sa légèreté, grâce à ses 30 kg de 

Essai Peugeot 208 2019 dynamique PureTech Allure bleu vertigo

moins sur la balance, est quant à elle un vrai atout, et la conduire sur les routes sinueuses de la côte portugaise est loin d’être frustrant, voire même plutôt amusant, ce qui est rare pour un modèle destiné à la ville. Par ailleurs, la nouvelle Peugeot 208 profite d’un sélecteur de modes de conduite proposant trois configurations (Normal, Eco et Sport), permettant de faire subtilement évoluer le caractère de la citadine selon les besoins. Enfin, le freinage est quant à lui toujours très performant, même s’il faudra se contenter de tambours sur les versions d’entrée de gamme.

Nous avons également pu prendre rapidement le volant de la nouvelle e-208, embarquant sous son capot un moteur 100 % électrique de 136 chevaux. Reposant sur l’inédite plateforme e-CMP, cette déclinaison adopte un comportement routier similaire à la version thermique, mais offre un dynamisme accru, notamment à l’exercice du 0 à 100 km/h, désormais abattu en 8,1 secondes. Pas de quoi nous coller au siège, c’est sûr, mais avec son couple de 260 Nm disponible immédiatement, l’ensemble s’avère très plaisant à conduire, profitant d’excellentes relances. On apprécie également les différents modes de conduite, bien que la configuration Sport et la conduite dynamique en général soit à réserver pour les courts trajets, l’autonomie annoncée de 340 km WLTP baisse très rapidement. Celle-ci, offerte par la batterie de 50 kWh cachée sous le plancher peut toutefois être récupérée en 8 heures sur une Wall Box de 7,4 kW, tandis que 80 % de la charge peut être effectuée en 30 minutes sur une borne rapide 100 kW.

Enfin, la nouvelle Peugeot 208 profite d’une belle dotation d’aides à la conduite, avec le Pack Safety livré de série dès le premier niveau de finition, incluant la reconnaissance des panneaux de signalisation avec préconisation de la vitesse, l’alerte de franchissement involontaire de ligne ainsi que l’alerte attention conducteur et le freinage automatique d’urgence. De son côté, la version GT Line dont nous avons pu prendre le volant est quant à elle enrichie d’équipements supplémentaires, dont la commutation automatique des feux de route, la caméra de recul ou encore le Pack Safety Plus, qui se distingue par le freinage automatique d’urgence fonctionnant de jour comme de nuit. En ce qui concerne la consommation, celle-ci reste plutôt raisonnable avec un cycle mixte établi à 4,5 litres environ, même s’il faudra sans doute ajouter un ou deux litres supplémentaires en conduite plus dynamique, comme nous avons pu le voir lors de notre essai. De plus, avec des émissions de l’ordre de 101 g/km, la citadine est exemptée de malus, et le sera l’an prochain, même avec l’arrivée du nouveau barème débutant à 110 grammes.

Essai Peugeot 208 : pour résumer

Essai Peugeot 208 2019 capot logo détail calandre

Dynamique et séduisante sur tous les points, la nouvelle Peugeot 208 est incontestablement une réussite, même si quelques défauts mineurs s’invitent, notamment en ce qui concerne l’habitabilité, en baisse par rapport à la précédente génération. Amusante à conduite, même sur des routes sinueuses d’ordinaire plus adaptées à de plus grosses cylindrées, la citadine pourrait toutefois manquer un peu d’agilité, ce qui n’est en soi pas un gros problème, mais il est vrai que Peugeot nous avait habitué à mieux sur ce point. Quoi qu’il en soit, elle se sentira parfaitement à l’aise dans son univers qu’est la ville, grâce à son gabarit trapu et sa maniabilité. On regrettera simplement un amortissement parfois un peu mal calibré, mais qui n’est une fois encore pas un défaut majeur.

Proposée à partir de 15.500 € dans sa version d’entrée de gamme Like, la nouvelle Peugeot 208 profite d’une dotation de série intéressante et a assurément toutes les cartes en main pour chasser sur les terres de la Renault Clio, et peut-être un jour lui voler sa place de leader des ventes en France. Adoptant une stratégie de renouvellement totalement différent en repartant d’une feuille blanche, la citadine sochalienne ose et incarne la volonté de la marque de monter en gamme, tout en s’intégrant parfaitement dans la nouvelle identité stylistique du constructeur. Une vraie réussite pour celle dont on devrait encore parler longtemps, et qui rencontre déjà un franc succès en termes de ventes, et notamment dans sa déclinaison électrique, tandis que sa rivale au losange se contera quant à elle de l’hybridation.

  • Prix de base Peugeot 208 : à partir de 15.500 € 
  • Prix Peugeot 208 GT Line PureTech 130 EAT8 : à partir de 26.300 €
  • Prix Peugeot e-208 : à partir de 32.100 € (bonus écologique non déduit)

Marie Lizak

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