Essai Mazda MX-5 1.5 Skyactiv-G 132 ch : haut-régime

Petit cabriolet plaisir par excellence, la Mazda MX-5 se décline dans une version d’entrée de gamme de 132 chevaux aux nombreuses qualités. Nous en avons pris le volant le temps d’un week-end ensoleillé sur les routes de la région parisienne.  

Essai Mazda MX-5 cabriolet essence skyactiv 132 ch road trip

Lorsque l’on parle de voiture plaisir, le choix se fait de plus en plus rare depuis quelques années, alors que la chasse à la moindre petite particule de CO2 fait rage. C’est encore plus vrai pour les cabriolets, qui sont désormais considérés comme une véritable espèce en voie de disparition, qui subsiste presque exclusivement chez les constructeurs haut de gamme. Pourtant, certaines marques grand public tentent de sauver cette carrosserie encore synonyme de plaisir et de vacances, quel que soit le temps. Outre Volkswagen, qui a dévoilé il y a quelques semaines une insolite variante décapotable de son T-Roc, Mazda se pose comme le vrai sauveteur du cabriolet dans sa version la plus accessible avec sa MX-5.

Lancée en 1989, et célébrant cette année ses 30 ans avec une série spéciale il y a quelques semaines, la petite japonaise a su marquer les esprits et les générations, sans jamais prendre une ride. Un petit miracle que l’on doit à une recette appliquée à la lettre depuis trois décennies déjà, depuis la présentation de la NA au salon de Chicago : un petit cabriolet léger, fun à conduire et surtout accessible à tous. Profitant en plus d’un vrai capital-sympathie qui provoque sourires et réactions amicales en tout genre, la Mazda MX-5 puise son inspiration dans l’esprit des petits roadsters britanniques des années 1960 que sont les Lotus Elan et autres Triumph Spitfire. Pour cette nouvelle génération, introduite en 2015, la sportive nippone n’a pas perdu une once de charme, alors que plus d’un million d’automobilistes ont déjà craqué sur sa bouille et ses qualités depuis 30 ans maintenant.

Après avoir eu la chance de tester durant plusieurs jours la série spéciale 30th anniversary célébrant les trois décennies du cabriolet, c’est cette fois-ci une version un peu plus conventionnelle que nous avons pu essayer. Il s’agit en effet de la variante embarquant le 1,5 litre Skyactiv-G de 132 chevaux en finition de milieu de gamme Dynamique, qui revendique justement une vraie pêche, malgré une puissance réduite. Nous en avons donc pris le volant pour quelques jours, avec une question en tête : quelques chevaux en moins, c’est vraiment grave ? Pour le savoir, nous avons parcouru les plus belles routes de la vallée de Chevreuse durant un week-end une fois encore très ensoleillé.

Essai Mazda MX-5 1.5 Skyactiv-G 132 ch : intemporelle 

Essai Mazda MX-5 arrière feux été

Si cette Mazda MX-5 a considérablement évolué par rapport à la version originelle de 1989, elle conserve toutefois l’essence même de ce qui a fait son succès, à savoir un empattement et un capot long, ainsi que des porte-à-faux très courts. Nous retrouvons évidemment les mêmes lignes arrondies, ainsi que la face avant semblant afficher un sourire jovial et accueillant, même si les puristes déplorent un regard plus agressif que sur les précédentes générations. C’est vrai, mais les designers ont toutefois réussi à donner un air plus dynamique au petit cabriolet, sans pour autant le rendre vraiment méchant, ce qu’il n’est évidemment pas. Inspiré par le design Kodo cher à la marque et que l’on retrouve sur d’autres modèles, qui signifie « l’âme du mouvement, » la MX-5 est une belle réussite stylistique, et ferait presque oublier qu’elle partage son châssis avec la Fiat 124 Spider tant leurs looks respectifs sont différents. Modernisée sans pour autant trop en faire, elle évolue tout de même très largement par rapport à la précédente génération, sans pour autant créer de véritable rupture, au contraire de certains modèles, qui ont besoin de se réinventer pour pouvoir toujours séduire.

Profitant de proportions harmonieuses, la Mazda MX-5 séduit par ses courbes et n’a en réalité pas vraiment besoin d’artifices en tout genre. Le constructeur l’a bien compris, et propose donc une dotation esthétique assez simple, quel que soit le niveau de finition, afin également de garantir des tarifs accessibles au plus grand nombre. Ici présentée en version intermédiaire, le roadster se distingue en réalité assez peu de l’entrée de gamme, au style déjà bien affirmé grâce à son bouclier avant agrémenté d’une discrète lame noire, ainsi que ses jantes de 16 pouces noires, qui s’accordent parfaitement avec la teinte rouge Soul Red Crystal de notre version d’essai. Une élégante robe qui coûte tout de même la bagatelle de 900 €, mais qui sied parfaitement au petit roadster et à sa capote noire. Proche cousine de la Fiat 124, la MX-5 adopte des dimensions similaires, avec une longueur de seulement 3,92 mètres, pour une hauteur d’1,20 mètre. Un petit gabarit qui n’empêche pas la nippone de s’imposer sur les routes, comme en témoignent les nombreux regards et autres pouces levés, sans parler bien sûr des signes amicaux d’autres propriétaires, et ce peu importe la génération.

Essai Mazda MX-5 1.5 Skyactiv-G 132 ch : minimalisme intérieur

Essai Mazda MX-5 intérieur sièges

Comme pour la version 30th Anniversary, l’intérieur de cette MX-5 en finition Dynamique est là encore très sobre, et même un peu plus que lors de notre précédent essai. Et pour cause, les surpiqures orange sont en effet réservées à cette série spéciale limitée à 200 exemplaires en France, et il faudra se contenter de plus discrets détails rouges, qui apportent toutefois une touche de sportivité nécéssaire à un habitacle qui serait sans doute un brin austère sans eux. Les sièges sont sur cette version recouverts d’une sellerie en cuir, dont la qualité n’est pas forcément la plus grande, mais qu’importe, car il faut se souvenir que le petit roadster reste avant tout un modèle très accessible. Quoi qu’il en soit, et malgré la présence de quelques plastiques durs peu gênants, la qualité de finition reste tout de même très bonne, avec des ajustements plus que corrects. Petit détail qui nous donne le sourire : les sièges chauffants, livrés de série sur notre version d’essai et indispensables pour rouler décapoté même en plein hiver. Seul bémol en revanche, comme lors de notre dernière prise en main, le manque de rangements dans l’habitacle, avec des bacs de portes supplémentaires qui n’auraient pas été de trop. Malheureusement, la boîte à gants n’aurait en revanche pas pu prendre place devant le passager, celui-ci pâtissant déjà d’un espace aux jambes restreint à cause de la boîte de vitesse.

Au chapitre de la technologie embarquée, celle-ci occupe une place minimale, juste ce qu’il faut pour que la MX-5 soit dans l’ère du temps, sans trop en faire. Pas de combiné numérique donc mais un affichage analogique à l’ancienne, un bon moyen également pour Mazda de réaliser des économies, alors qu’un écran ne serait de toutes façons pas vraiment indispensable. Le conducteur peut tout de même profiter du système d’infodivertissement intégré dans un écran de 7 pouces, tactile uniquement à l’arrêt en revanche. Le reste du temps, c’est via une molette placée sur la console centrale qu’il faudra le commander, ce qui nuit toutefois grandement à l’ergonomie. En revanche, on appréciera le reste de l’habitacle, très bien pensé, offrant un accès simplifié à l’ensemble des commandes. Au chapitre de l’habitabilité, celle-ci reste correcte pour un si petit véhicule, et l’on regrettera simplement le manque de recul des sièges, qui peut s’avérer gênant pour les plus grands gabarits. Toutefois, cela se ferait au détriment du coffre, qui affiche quant à lui un volume de 130 litres, suffisant pour partir en week-end à deux, sans trop faire de concessions sur la taille des sacs de voyages.

Essai Mazda MX-5 1.5 Skyactiv-G 132 ch : retour aux fondamentaux 

Essai Mazda MX-5 profil jantes cabriolet

Si certains constructeurs proposent un nombre incalculable de déclinaisons pour un même modèle, chez Mazda, on ne se prend pas la tête, ni celle des clients. Seulement deux motorisations sont disponibles, à savoir un petit 1,5 litre Skyactiv-G de 132 chevaux et un 2,0 litres Skyactiv-G de 184 équidés, réservé à la finition la plus haut de gamme Sélection, ainsi qu’à la version 30th Anniversary. C’est cette fois-ci le plus petit moteur que nous avons choisi d’essayer, afin de savoir s’il possède un caractère vraiment différent de celui que nous avons testé quelques semaines plus tôt. Si nous avions vraiment apprécié le « gros » moteur, pour son dynamisme et son côté anticonformiste, en opposition totale avec la mode du downsizing, il est désormais temps de donner sa chance à l’entrée de gamme, qui semble également avoir de bons arguments pour séduire, et surtout prouver que la puissance ne fait pas tout.

Avec son couple de 152 Nm à 4.500 tr/min contre 205 Nm pour le 2,0 litres 184 chevaux, ce petit quatre cylindres pourrait sembler un peu léger en termes d’accélération. Pourtant, et même si 8,3 secondes sont désormais nécessaires pour réaliser l’exercice du 0 à 100 km/h, contre 6,5 secondes, la différence est en réalité assez peu perceptible dans la conduite du quotidien. Et pour cause, avec ses 29 kg de moins sur la balance, la MX-5 en version 132 chevaux profite d’un vrai régime, et même si cela peut sembler peu, ça reste tout de même une belle baisse sur un poids dépassant à peine la tonne. De quoi offrir des sensations vraiment très plaisantes, tout en conservant une tenue de route à toute épreuve et une prise de roulis quasi-inexistante. Si l’ensemble est en effet très stable, grâce à un châssis parfaitement travaillé, le petit roadster se montre parfois très joueur. Le train arrière est en effet très simple à faire valser si on le souhaite, mais jamais sans surprendre ni mettre qui que ce soit en danger, tant l’ensemble est prévisible et se rattrape avec une facilité déconcertante.

Plus confortable que la version 30th Anniversary , qui est quant à elle livrée avec les suspensions Bilstein de série, la Mazda MX-5 132 ch se veut bien plus polyvalente et utilisable au quotidien, même s’il faudra toujours bien freiner avant les dos d’ânes. Sa boîte manuelle à six rapports, désormais la seule proposée tant la transmission automatique avait été délaissée par les acheteurs est quant à elle parfaitement adaptée à la petite nippone, qui conserve l’essence même des petits roadsters plaisirs, à l’heure où la boîte mécanique est généralement chassée des catalogues. On appréciera les rapports ultra-courts offrant un vrai dynamisme au petit cabriolet, qui nécessite toutefois qu’on le pousse dans les tours pour véritablement découvrir tout son potentiel, du fait de son moteur atmosphérique. On ne peut évidemment pas s’en plaindre, alors que le turbo est désormais légion sur la majorité des sportives récentes, alors forcément, ça fait un bien fou de revenir aux fondamentaux.

Nous ne reviendrons pas sur la grande maniabilité du petit roadster, que nous avions déjà évoqué lors de notre précédent essai, les dimensions contenues ainsi que le diamètre de braquage n’évoluant en effet pas. Pour des plus longs trajets nécessitant notamment de prendre l’autoroute, on reprochera les forts bruits aérodynamiques du fait de la capote souple, un problème qui devrait toutefois être moindre sur la version RF à toit rigide. Quoi qu’il en soit, le confort, même si l’on est loin d’une berline routière est plus que correct, permettant de partir en road-trip sans avoir à se poser de question, ni à emmener des coussins supplémentaires. Toutefois, les amateurs pourront quant à eux opter pour le pack Sport, intégrant les sièges Recaro, les suspensions Bilstein ainsi que la barre anti-rapprochement. Ici, pas de mode de conduite faisant sortir une fausse sonorité des enceintes, tout est authentique et provient soit du moteur, soit de l’échappement. Celui-ci confère un son agréable et sportif, sans être trop fort pour devenir désagréable sur le long terme.

Essai Mazda MX-5 : en résumé 

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Avec sa MX-5 132 chevaux, Mazda nous prouve que la puissance ne fait pas tout, bien au contraire. Tout aussi plaisante à conduire que la variante 184, il est vrai, un peu plus pêchue, notamment dans sa déclinaison 30th Anniversary, notre version d’essai est mérite sa place dans le cœur des passionnés et des puristes. Respectant parfaitement l’ADN du roadster originel, avec son poids plume et sa puissance loin de la course à laquelle s’adonne la plupart des constructeurs aujourd’hui, la nippone a véritablement tout bon. Mais c’est aussi pour son impertinence qu’elle nous séduit, adoptant un vrai moteur thermique, quatre cylindres, atmosphérique et associé à une boîte manuelle, faisant un vrai pied de nez à la tendance actuelle et aux lubies de nos dirigeants à promouvoir l’électrique à outrance. Si rien ne nous dit qu’elle n’adoptera pas un jour l’électrification pour avoir une chance de survivre, la Mazda MX-5 joue aujourd’hui un rôle de petite rebelle qui nous fait craquer.

Affichée à partir de 26.400 €, la Mazda MX-5 est un excellent choix pour tous ceux à la recherche d’un véhicule pour se faire plaisir au quotidien et le week-end, sans faire de compromis. Avec une consommation en cycle mixte annoncée à 6,1 litres et dépassant difficilement les 8 litres en conduite sportive, le roadster reste très sobre, malgré ses apparences. Un bon point, alors que ses émissions plutôt contenues de 138 g/km lui permettent d’afficher un malus relativement raisonnable de 540 € seulement. Alors, parfaite cette MX-5 ? Presque, d’autant plus que ses quelques défauts que sont le manque de rangements et l’insonorisation sont relativement mineurs par rapports à ses nombreuses qualités. Bref, nous, on fonce !

Marie Lizak

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