Essai Mazda MX-5 30th Anniversary : attention à l’addiction

Trente ans déjà que la Mazda MX-5 sillonne les routes du monde entier et fait tomber tout le monde sous son charme, grâce à sa philosophie et surtout sa bouille. Nous avons eu la chance de pouvoir en prendre le volant, dans sa série spéciale 30th Anniversary, limitée à seulement 200 exemplaires en France.

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Trente ans. Un bel âge que peu d’autos peuvent désormais se targuer d’atteindre, hormis certains mythes, comme la Ford Mustang ou la Jeep Wrangler. Un cap que vient désormais de passer la Mazda MX-5, qui arpente les routes sinueuses du monde entier depuis trois décennies déjà, laissant sur son passage multiples sourires de la part d’amateurs ou de curieux. Depuis le lancement de la première génération en 1989 après une révélation au salon de Chicago, ce sont plus d’un million d’exemplaires qui ont été vendus à travers le monde, un chiffre là encore habituellement réservé à des modèles mythiques de très grande série, mais qui s’explique par l’engouement mondial pour ce petit roadster, à la philosophie bien particulière.

Inspirée des roadsters anglais des années 1960, dont la Triumph Spitfire ou encore la Lotus Elan, la Mazda MX-5 a réussi à se faire une jolie place sur le marché, grâce à son prix et son entretien abordable, ses sensations de conduite et sa fiabilité. Des valeurs qui lui permettent également de subsister aujourd’hui, malgré un marché de plus en plus exigeant et difficile, notamment pour les petites sportives dans son genre. Pourtant, le roadster le plus vendu au monde ne lâche rien, et se permet même de célébrer son 30ème anniversaire en grande pompe, comme une petite provocation dans cette période où les SUV sont rois et où les sportives ont de moins en moins la côte, plombées par des normes de plus en plus restrictives. C’est donc très fièrement que la MX-5 poursuit sa carrière, avec une nouvelle série spéciale évènement limitée à 200 exemplaires en France, tous déjà vendus. 

Nous avons donc eu la chance de pouvoir prendre le volant de cette nouvelle Mazda MX-5 30th Anniversary, qui ne se contente pas que d’un style détonnant, mais qui propose en plus une très belle dotation. Mais que vaut vraiment ce petit roadster ? Est-il à la hauteur de sa réputation ? C’est ce que nous avons voulu découvrir au cours d’un essai sur les belles routes de la vallée de Chevreuse, son territoire de prédilection. On murmure même que l’on y croiserait des troupeaux entiers de temps à autre…

Essai Mazda MX-5 30th Anniversary [Design] : pétillant petit roadster

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Elle en a fait du chemin depuis la première génération, cette Mazda MX-5, mais à l’instar de la Porsche 911, par exemple, elle a su évoluer sans pour autant être dénaturée, aussi bien en termes de style que de philosophie générale. Évidemment, les différences entre la NA et la ND, comme les nomment les connaisseurs sont très nombreuses, mais entre les deux, les points communs restent nombreux, et notamment ses lignes tout en rondeurs. La calandre évoquant un sourire jovial a largement été redessinée sur cette 4ème génération, qui hérite d’une face avant bien plus agressive que les précédentes moutures, notamment au niveau des optiques, plus affutées. A l’arrière, le roadster se pare de nouveaux feux ronds, tandis que l’ensemble est volontairement très épuré. Enfin, de profil, elle conserve une silhouette générale dans la lignée des précédentes versions, tel un fil rouge se prolongeant durant les décennies de son existence.

Fidèle à son gabarit très compact, la Mazda MX-5 affiche une longueur de seulement 3,92 mètres, pour une largeur de 1,74 mètre, ce qui lui permet de se faufiler un peu partout, contribuant un peu plus à sa polyvalence, Du haut de son petit 1,20 mètre, le roadster ne craint aucun parking souterrain et pourrait même passer sous les barrières de péage, de quoi la rendre encore plus économique financièrement… Bref, l’ensemble est par ailleurs très proportionné, avec son long capot lui donnant une silhouette à la fois adorable et élégante, laissant presque croire qu’un V6 se cacherait en-dessous. Par ailleurs, et contrairement à la tendance, cette nouvelle MX-5 n’a pas cédé à l’embonpoint par rapport à sa devancière première du nom, celle-ci culminant pour rappel à 3,97 mètres en longueur pour 1,68 mètre de large, soit une différence qui reste minime.

Pour cette série spéciale anniversaire, Mazda a fait les choses en grand, en offrant à sa MX-5 une teinte totalement exclusive, baptisée Racing Orange, uniquement disponible sur cette version. Une couleur qui va plutôt bien au petit roadster, comme en témoignent les têtes tournées et les signes de la main croisés sur notre chemin. Par ailleurs, cette déclinaison se distingue également par des jantes forgées en aluminium de 17 pouces, des étriers de freins Brembo et Nissin orange, aisni qu’un badge numéroté situé sur le côté gauche. Une belle dotation qui rend véritablement cette Mazda MX-5 unique, alors que la gamme de couleurs et de jantes de la version standard offre un choix plutôt limité, avec six teintes de carrosserie et trois styles de jantes de 16 et 17 pouces.

Essai Mazda MX-5 30th Anniversary [Intérieur] : la bonne surprise 

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Si l’intérieur se veut très sobre sur cette Mazda MX-5, cette déclinaison 30th Anniversary profite toutefois d’une petite touche de couleur et d’exclusivité supplémentaire, en s’offrant quelques détails orange assortis à la carrosserie, que ce soit autour des aérateurs, sur les surpiqures des sièges et les intérieurs de portes. Par ailleurs, cette version spécifique profite également d’une vraie montée en gamme par rapport au roadster standard, avec une planche de bord et des contreportes en Alcantara. De son côté, la qualité perçue est plutôt bonne, grâce notamment à la présence de plastique moussé un peu partout dans l’habitacle. Les assemblages sont quant à eux très satisfaisant également, une bonne surprise au vu du positionnement très abordable de cette MX-5. Autre atout de cette série spéciale, les sièges sport Recaro livrés de série, offrant un excellent maintien latéral, sans toutefois renier le confort. Un très bon compromis donc, qui permet de prendre la route sans avoir mal au dos au bout d’une cinquantaine de kilomètres.

Sur cette MX-5, et avant tout pour conserver un tarif attractif, Mazda a ici fait le choix de conserver un combiné d’instrumentation analogique et non de passer au numérique comme chez de nombreux constructeurs. Un parti pris qui permet également au roadster de conserver sa philosophie simple et accessible, sans être bardée de technologies en tout genre. Il faudra donc se contenter d’un simple écran de 7 pouces posé sur la planche de bord, à l’utilisation très simple, grâce à sa présentation claire, sans fioritures. On regrettera toutefois que celui-ci soit uniquement tactile à l’arrêt, une mesure de sécurité certes, mais qui peut parfois être contre-productive, puisqu’il faudra alors utiliser la molette pour effectuer une recherche d’adresse ou une autre tâche en cours de route. L’ensemble demeure toutefois très satisfaisant, avec une disposition des commandes bien pensée dans cet habitacle qui demeure malgré tout très épuré, dans la même veine que la MX-5 originelle.

Lorsque l’on achète une Mazda MX-5, on le fait généralement en connaissance de cause, et généralement pas pour son habitabilité. On ne peut donc pas vraiment dire qu’il s’agisse d’un vrai point faible, car le roadster n’a pas vraiment vocation à servir de véhicule familial pour partir trois semaines en camping à La Baule. Toutefois, son coffre de 130 litres reste largement suffisant pour transporter deux sacs de voyage pour un week-end à deux en province, d’autant plus que le toit n’occupe pas plus de place quand il est plié. Dans l’habitacle, il faudra voyager léger, car même si l’absence de boîte à gants est compensée par des rangements derrière les sièges, l’ensemble invite au minimalisme. On apprécie toutefois la console centrale presque identique à la première génération, avec son petit rangement pouvant être fermé, tandis que le téléphone peut quant à lui prendre place devant le levier de vitesse. On regrette en revanche le manque d’espace aux jambes pour le passager, qui s’explique par la présence du mécanisme de la boîte de vitesse, en raison de la position très reculée du moteur central avant.

Essai Mazda MX-5 30th Anniversary [Conduite] : plaisir coupable

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Il est désormais temps de prendre véritablement le volant de cette petite MX-5, connue pour rendre addict quiconque essaierait de la conduire. Une légende, certes, mais qui a tout d’une histoire vraie, alors que pas moins de 14.600 unités du roadster ont été vendus en France depuis 30 ans, généralement à des passionnés. Et malgré tout, contrairement à certains autres modèles actuellement présents sur le marché, le style ne fait pas tout, et la mécanique, qui résiste ardemment à l’appel du downsizing à la mode y est aussi pour beaucoup. Il faut dire que voir un bloc 2,0 litres dans un si petit véhicule, ce n’est désormais plus très courant, et surtout si celui-ci est un petit cabriolet, uniquement dédié au plaisir de conduire. Cela en serait presque insolent, dans un monde où le destin de chaque modèle est soumis à discussions, et dans lequel une voiture qui n’est pas indispensable à la rentabilité d’une marque est tuée, qu’importe qu’il s’agisse d’un véhicule mythique ou non, à l’instar de la Volkswagen Coccinelle. Normal donc que cette MX-5 apporte une bouffée d’air frais, se faufilant entre les SUV et autres voitures électriques avec aisance, portée par l’affection de ses nombreux admirateurs.

Du haut de ses 184 chevaux, le petit roadster n’est pas forcément le plus puissant, mais qu’importe. Associé à un couple de 205 Nm et surtout, à un poids plume d’à peine plus d’une tonne, cette Mazda MX-5 n’a rien à envier à des sportives plus performantes, mais surtout moins accessibles. Si le 0 à 100 km/h en 6,5 secondes n’est pas le plus rapide de la Terre, on se plait à profiter d’une accélération franche et dynamique, sans avoir besoin d’aller titiller la vitesse maximale, qui est quant à elle établie à 219 km/h. Mais ces chiffres ne résument pas vraiment cette voiture, qui se vit plutôt qu’elle se lit sur une fiche technique. Fidèle à l’esprit d’origine, le petit roadster est plaisant à chaque instant, et ce même à basse vitesse. Il faudra toutefois le pousser quelque peu dans les tours pour vraiment prendre la mesure de son caractère, en raison du choix de Mazda de ne pas céder à l’appel du turbo. Une décision saluée par les puristes, d’autant plus qu’elle est une fois encore en totale opposition avec la tendance actuelle. 

Mais ce quatre cylindres 2,0 litres atmosphérique ne fait pas tout le travail tout seul, et si cette Mazda MX-5 est aussi plaisante à conduire sur les petites routes, c’est également grâce à sa boîte manuelle à six rapports, livrée de série sur cette version 30th Anniversary et constituant 97 % des ventes du roadster toute déclinaison confondue, celle-ci se montre terriblement efficace et indispensable pour profiter pleinement de ce cabriolet qui a su conserver son esprit originel malgré les années. Ses rapports très courts et sa précision lui confèrent une vraie efficacité et nous confortent dans l’idée que la boîte manuelle a encore de très belles heures devant elle malgré tout. Jouer du levier nous est d’autant plus agréable que cela nous permet de faire chanter l’échappement, duquel émane une vraie sonorité, ni trop forte ni pas assez, mais surtout pas artificielle. Ici, rien de faux, pas même un bruit sortant des enceintes Bose comme c’est le cas chez certaines marques, dont Peugeot sur sa 308 notamment.

 

Avec son empattement court et sa direction incisive, la Mazda MX-5 est un vrai petit kart, et distille de vraies sensations, notamment sur les routes sinueuses qui constituent son véritable terrain de jeu. Ici, pas besoin de haute vitesse pour savourer la conduite au volant de ce petit roadster, qui profite par ailleurs sur cette édition spéciale anniversaire de suspensions Bilstein, associées à une barre anti-rapprochement grâce au Pack Sport livré de série. En résulte un comportement routier idéal, à la fois sûr grâce à la prise de roulis inexistante mais également joueur lorsque l’on titille un peu cette petit auto qui ne demande qu’à s’amuser. Aussi simple à piloter qu’elle soit, la MX-5 sait danser du popotin quand on la sollicite un peu, mais jamais de manière dangereuse. Le train avant est quant à lui très maniable, tandis que la position de conduite très basse, tout comme le centre de gravité, procure des sensations comme on a désormais du mal à en trouver. De son côté, le freinage gagne quelque peu en mordant par rapport à la version standard, grâce aux étriers Brembo à l’avant et Nissin à l’arrière, garantissant à la fois une efficacité et une sécurité supplémentaire.

Malgré des suspensions plus fermes, cette Mazda MX-5 se montre plutôt polyvalente, et reste très aisée à conduire au quotidien, grâce à sa grande maniabilité. On regrettera simplement les nombreux bruits aérodynamiques à haute vitesse qui nuisent quelque peu au confort général de la voiture lors des trajets sur autoroute, défaut toutefois difficile à corriger en raison de la capote souple. Celle-ci est par ailleurs resté dans l’esprit du roadster et se manie à la force des bras, ce qui n’en en rien un défaut, bien au contraire, participant à sa singularité à l’heure où chaque tâche est désormais assistée par l’électronique. Ne le nions pas, ça fait parfois du bien de faire un break technologique, et cette MX-5 est parfaite pour ça. Une sorte de digital detox automobile, quoi.

Parlons maintenant de choses qui fâchent, à savoir la consommation, ainsi que les émissions de CO2. Assez étonnement, et c’est évidemment une excellente nouvelle, la Mazda MX-5 s’avère très peu gourmande, avec une moyenne en cycle mixte établie à 6,9 litres, ce qui reste par ailleurs très proche des valeurs réelles lors de notre essai, avec une cadence pourtant assez élevée. Une valeur plutôt raisonnable qui permettra donc de compenser la taille du réservoir, affichée à seulement 45 litres. Toutefois, avec ses émissions de l’ordre de 156 g/km, la petite sportive ne sera pas forcément l’amie des écolos, et devra s’acquitter d’un beau malus de 2.453 €. C’est un prix, certes, mais cela ne devrait sans doute pas déstabiliser les amateurs du petit roadster pour autant.

Essai Mazda MX-5 30th Anniversary  : pour resumer 

Mazda MX-5 30th Anniversary 2019 numéro

Illustrant à la perfection le concept de voiture-plaisir, la Mazda MX-5 est sans doute l’un des modèles les plus désirables et surtout les plus accessibles à l’heure actuelle sur le marché. Véritable pied-de-nez à une époque autophobe où la tendance est à l’embonpoint et à l’électrification, le petit roadster conserve ses valeur depuis son lancement en 1989, quitte à ne pas plaire aux bien-pensants. Qu’importe, car avec plus d’un million d’exemplaires vendus en trois décennies, elle n’a désormais plus rien à prouver, mais plutôt que de se reposer sur ses acquis, elle évolue en douceur, sans jamais créer de rupture. Si l’on aime son look, on apprécie également son comportement routier à la fois rassurant et joueur, mais plus globalement, ce qui nous plaît dans cette MX-5, c’est sa philosophie, simple et loin d’être prétentieuse, laissant un sourire sur chaque visage qu’elle croise. Un vrai distributeur de bonheur en quelque sorte, comme en ont témoigné les signes amicaux croisés durant notre essai, sans compter le nombre d’enfants nous ayant photographié.

On dit que l’argent ne fait pas le bonheur, mais celui-ci a toutefois un prix : 35.500 € pour cette version 30th Anniversary en version ST, et 38.000 € pour la déclinaison RF. Un tarif qui peut paraître élevé mais qui inclut une très belle dotation, aussi bien sur le plan esthétique que mécanique, sans jamais en faire trop avec une surenchère de technologies inutiles. Pour budgets plus serrés, la Mazda MX-5 se décline également en plusieurs finitions et motorisations, pour un ticket d’entrée débutant à 26.400 €. L’occasion de se faire plaisir au volant d’un vrai petit roadster qui a toutes les chances de devenir un vrai collector dans les années à venir, notamment dans sa version 30ème anniversaire !

Marie Lizak

 

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