Essai Jeep Wrangler Unlimited Rubicon : baroudeur au grand coeur

Lancée l’an dernier, la 4ème génération de la Jeep Wrangler a su évoluer sans jamais perdre son ADN de vrai 4X4 baroudeur, à l’épreuve de tous les terrains. C’est à l’occasion du Camp Jeep 2019 que nous avons eu la chance d’en prendre le volant.

Jeep Wrangler Unlimited Rubicon 2019 statique 4X4

Depuis sa naissance en 1941 avec la Willys, afin de permettre aux États-Unis d’entrer dans la Seconde Guerre mondiale, Jeep n’a pas fait que contribuer à la libération de Paris, mais a aussi et surtout été capable de s’élever au rang de mythe automobile. Devenu presque un nom commun au même titre que le Frigidaire et le Caddie, la Jeep est entrée dans le langage courant, symbolisant la liberté, dans tous les sens du terme. Et si la Willys est aujourd’hui disparue et que la gamme s’est élargie, comme ses modèles, au fil des décennies, un seul représente à lui seul tout l’esprit du constructeur : le Wrangler. Lancé en 1987, le gros baroudeur américain est le successeur presque direct de la Willys, son petit-fils en quelque sorte, devancé par la Jeep CJ, version civile de celle que l’on nomme également la Jeep MB.

Trente ans après son lancement, le Wrangler s’est offert en 2018 une quatrième génération, dont la commercialisation avait débuté quelque mois plus tard, enrichissant sa gamme d’un tout nouveau moteur essence 2,0 litres turbocompressé de 272 chevaux. Sans réelle concurrence à l’heure actuelle, entre un Land Rover Defender dont la production est stoppée en attendant la prochaine génération et le Suzuki Jimny, qui n’a en réalité en commun que les quatre roues motrices et le comportement de baroudeur, le 4X4 américain a le champ libre pour séduire. Il faut dire que le marché, et l’époque ne sont pas forcément propice au développement de ce genre de véhicule, qui cumule bien trop de défaut pour les bien-pensants écolo : un gabarit trop imposant, des émissions qui frisent le haut du barème du malus et quatre roues motrices qui sonnent comme une invitation à aller souiller champs et forêts.

Mais cette Jeep Wrangler rend-elle vraiment hommage à son histoire et a-t-elle toujours en elle l’ADN d’un vrai explorateur des temps modernes ? C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant son volant sur les chemins escarpés des Dolomites, en Italie, à l’occasion du Camp Jeep 2019 ayant rassemblé plus de 700 Jeep et 1.500 passionnés.

Essai Jeep Wrangler Unlimited Rubicon : un look iconique 

Jeep Wrangler Unlimited Rubicon 2019 statique tout-terrain calandre feux

Dès le premier regard sur ce Wrangler, on ne peut que l’aimer ou le détester, mais il ne laisse en tout cas pas indifférent. Avec son style emblématique, il ne passe pas inaperçu et se distingue sur un marché où règnent les modèles au style banal, dominé par des SUV souvent insipides où seul le logo de la marque leur permet d’être reconnaissable dans la masse. Alors forcément, quand le baroudeur américain se montre, on ne peut que se réjouir de voir enfin quelque chose qui change, même si son style n’a que peu évolué au fil des ans, afin de ne pas dénaturer cette icône qui n’a pas vraiment besoin de se renouveler. Ici, le Wrangler conserve la célèbre calandre à sept fentes entourées de feux ronds, une combinaison directement héritée de la Willys et désormais iconique, devenant au fil des décennies l’emblème de la marque. Toutefois, et si les évolutions restent très discrètes sur cette 4ème génération, on remarque notamment l’arrivée d’une nouvelle calandre plus moderne, reprenant les ouïes un peu plus anguleuses.

Imposant, c’est le mot qui nous vient à l’esprit en regardant ce Wrangler, quelle que soit la version, en deux portes comme en Unlimited, doté du châssis long. Avec une longueur comprise entre 4,75 et 4,88 mètres selon la déclinaison, le 4X4 s’adapte donc à tous les besoins, et pourrait même jouer le rôle de la voiture de la famille, si jamais vous avez besoin de traverser des gués et d’emprunter des chemins boueux pour emmener vos enfants à l’école. Quoi qu’il en soit, sa garde au sol de 25 centimètres contribue également à lui conférer un look pour le moins impressionnant, amplifié par ses lignes plus qu’anguleuses. Un style qui nous plaît tout particulièrement et qui a évolué en douceur par rapport à la précédente génération, un peu à la manière de Porsche avec sa 911. Et oui, qu’il s’agisse d’un coupé sportif ou d’un mastodonte des bois, on ne change pas une légende.

Même si cette Jeep Wrangler ne partage pas une once d’ADN avec une quelconque citadine, hormis peut-être la Renegade, elle reste tout de moins, et aussi surprenant que cela puisse paraître, presque aussi personnalisable que ces dernières. Et pour cause, avec une dizaine de teintes de carrosserie, dont le très beau orange Punk’N Metallic et le non moins original vert Mojito, le 4X4 sait parler à ses clients les plus excentriques. De notre côté, notre version d’essai Rubicon étant quant à lui habillé d’une très sobre robe noire, associé à des jantes alliage de 17 pouces livrées de série.

Essai Jeep Wrangler Unlimited Rubicon : on monte en voiture !

Jeep Wrangler Unlimited Rubicon 2019 intérieur planche de bord volant écran

Êtes-vous déjà monté dans une voiture ? Sans aucun doute, mais l’avez-vous déjà fait au sens propre du terme, c’est-à-dire en escaladant littéralement le seuil de porte ? Peut-être pas, finalement. Mais avec ce Wrangler, l’expression prend tout son sens, surtout pour les plus petits gabarits, qui comprendront rapidement l’utilité de la barre située juste à côté de l’ouverture. Bref, une fois à bord, nous sommes plutôt surpris par le confort de cet habitacle, qui, s’il n’est évidemment pas le plus luxueux du marché est tout de même plutôt bien équipé. Ici, la sobriété n’est pas vraiment de mise, puisque si l’ensemble fait la part belle au noir, sur les sièges comme sur le tableau de bord, nous ne cachons en revanche pas notre joie de découvrir une planche de bord rouge, qui apporte un peu d’originalité. En ce qui concerne les assemblages et les finitions, mention peut mieux faire en revanche, ceux-ci pourraient encore être améliorés, avec un ensemble manquant quelque peu de rigueur.

Au chapitre de la dotation technologique, ce Wrangler n’a de « roots » que l’apparence, puisqu’il se dote de série d’un écran tactile de 8,4 pouces, évidemment compatible avec Apple CarPlay et Android Auto. L’ensemble est plutôt ergonomique et bien pensé, et les propriétaires d’autres modèles du groupe, et notamment d’Alfa Romeo ne seront par ailleurs pas dépaysés, puisqu’ils retrouveront le système Uconnect, avec sa présentation désormais bien connu. Ici, Jeep a fait le choix ne pas offrir de combiné numérique à son Wrangler, qui se contentera donc de compteurs analogiques et d’un écran TFT de 3,5 ou 7 pouces selon la finition. En réalité, ce n’est pas vraiment important, la philosophie de ce baroudeur étant avant tout d’être… un vrai baroudeur, et pas de jouer les pseudos explorateurs bardés de technologie.

Avec ses cinq portes, la Jeep Wrangler dans sa version Unlimited est en mesure d’accueillir jusqu’à cinq occupants de manière plutôt confortable, surtout par rapport à la version courte, où l’accès aux places arrière reste assez compliqué. Ici, le confort est de mise, avec une bonne habitabilité pour tous les occupants, grâce notamment à l’empattement de 3,01 mètres, ce qui reste plutôt long pour le marché, même chez les SUV. En ce qui concerne le volume de coffre, celui-ci est raisonnable sans pour autant être exceptionnel, oscillant entre 548 et 1.059 litres. Un chiffre qui reste toutefois dans la moyenne, notamment face à la précédente génération du Land Rover Defender, culminant quant à lui à 1.110 litres.

Essai Jeep Wrangler Unlimited Rubicon : à l’épreuve de la route et des chemins

Jeep Wrangler Unlimited Rubicon 2019 franchissement off-road 4X4 dynamique

Pour son Wrangler, Jeep a décidé de jouer la carte de la simplicité, en ne proposant que deux motorisations, une essence et une diesel, à savoir un 2,0 litres turbo de 272 chevaux ainsi qu’un 2,2 litres Multijet de 200 équidés. Si nous avons eu la chance de prendre le volant de ces deux versions, c’est sur la seconde que nous allons principalement nous concentrer durant cet essai. Moins puissante, certes que l’essence, cette déclinaison est en revanche plus coupleuse, avec quelque 450 Nm transmis aux deux ou quatre roues selon la situation, contre 400 Nm pour l’essence. Un atout particulièrement utile en conduite off-road, afin de se sortir de situations délicates ou d’escalader plus facilement une côte. Quelle que soit la motorisation choisie, celle-ci est associée à une boîte automatique à huit rapports.

Avant de pouvoir nous amuser dans la terre, nous avons eu l’occasion de tester le Wrangler sur les routes sinueuses autour de la célèbre station de ski de San Martino Di Castrozza, en passant par le col de Rolle, culminant à 1.989 mètres d’altitude. L’occasion de se rendre compte que le 4X4 est étonnamment à l’aise sur le bitume, par ailleurs bien plus que le Jimny, grâce à ses liaisons au sol beaucoup mieux calibrées, offrant un parfait compromis entre confort, tenue de route et capacités off-road. Évidemment, il faudra tout de même se montrer prudent en courbes en raison des pneus BUD Goodrich Mud-Terrain livrés de série, optimisés pour le tout-terrain mais réduisant considérablement la stabilité sur l’asphalte. Attention donc, mais il y a fort à parier qu’avec une monte un peu plus conventionnelle, l’ensemble se montrera plus sécurisant, alors que la prise de roulis est quant à elle plutôt bien maitrisée pour un tel véhicule.

De son côté, la direction est quant à elle résolument calibrée pour la conduite hors des sentiers battus, et se montre donc assez peu précise, ce qui peut s’avérer quelque peu gênant sur des routes comme celles que nous avons emprunté durant notre essai. Il faudra donc jouer des coudes pour tourner, d’autant plus que le volant affiche des dimensions qui ne dépayseraient pas un chauffeur routier. Mais qu’importe, l’ensemble est tout de même satisfaisant, et notamment en off-road, permettant de profiter d’un vrai confort pour les bras, même s’il faudra parfois sortir un peu la tête lors de manœuvres dans des passages étroits. En réalité, le seul vrai défaut de cette Jeep Wrangler reste son freinage, qui manque cruellement de mordant et demande une vraie anticipation. La faute sans aucun doute aux quelque 2,20 tonnes de la bête, un poids de sumo qui s’explique notamment par sa transmission intégrale.

 

Vous l’aurez donc compris, si cette Jeep Wrangler ne démérite pas sur la route, c’est dans la terre qu’elle sera le plus à l’aise, grâce notamment dans cette version Rubicon, résolument conçue pour la conduite off-road. Et pour cause, le 4X4 est affublé du badge Trail Rated, attestant de ses capacités en dehors du bitume, grâce à un arsenal d’équipements dédiés aux balades dans la nature. Parmi eux, le système 4X4 Rock-Trac avec rapport de démultiplication 4LO de 4:1 et le blocage de différentiels Tru-Lok.

Tous ses équipements permettent au 4X4 de passer sans encombre n’importe quel obstacle, comme il aura su nous le prouver sur le parcours en pleine nature alternant montées boueuses et descentes jonchées de branches et de petits rochers. Les suspensions avant et arrière hélicoïdales à cinq bras ont ici su faire leurs preuves, permettant à notre Wrangler de circuler sur tous les terrains sans jamais oublier le confort, au contraire d’un Jimny bien plus ferme par exemple. Toutefois, malgré son amortissement plutôt bien calibré, ce Wrangler ne devrait pas être le compagnon idéal des longues distances, en raison notamment de son insonorisation qui laisse à désirer, et qui aurait mérité sans doute une petite amélioration.

Avec ses dimensions et sa philosophie qui semble faire fi de toute notion de norme environnementale, le 4X4 a toutefois su se plier aux exigences de nos chers dirigeants, afin de pouvoir conserver sa place sur le marché. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le Wrangler se révèle même plutôt économe, avec une consommation mixte annoncée à 7,4 litres seulement, contre 7,6 litres pour le Toyota Land Cruiser et 11,5 litres pour le Mercedes Classe G. Seul le petit Suzuki Jilmny fait donc mieux, avec seulement 6,8 litres aux 100 km. En ce qui concerne le malus, celui-ci est à la hauteur de la concurrence et atteint le sommet de 10.500 €, de quoi calmer quelque peu les plus hésitants. Un chiffre qui s’explique par des émissions de l’ordre de 195 grammes de CO2 par kilomètre. C’est beaucoup, mais Jeep aurait-il pu faire mieux sans passer par la case hybridation ? Pas sûr…

Essai Jeep Wrangler Unlimited Rubicon : pour résumer

Avec son look, sa philosophie et ses capacités off-road intactes, voire même améliorées, le Jeep Wrangler est et restera un éternel mythe, l’une de ces autos dont on parlera probablement encore dans des décennies, quand les moteurs thermiques ne seront plus qu’un doux souvenir de passionnés un peu gâteux. Gros dur au cœur tendre, le 4X4 se révèle en réalité très confortable malgré son style de bodybuilder aux épaules carrées, et ses qualités routières même à vitesse soutenue sont plutôt surprenante. Malgré quelques petits défauts dont une direction un peu trop souple, ainsi qu’une insonorisation à retravailler, l’ensemble se révèle plus que satisfaisant, et offre un vrai sentiment de liberté une fois que l’on est à son volant.

Une liberté qui a tout de même un prix : au moins 56.100 € pour notre version d’essai Unlimited Rubicon en version 2,2 litres diesel, hors malus de 10.500 €. Ca pique, certes, mais c’est le prix à payer pour profiter d’un vrai baroudeur qui n’a peur de rien du tout, plus confortable qu’un Jimny et surtout bien plus accessible qu’un Mercedes Classe G. Un véhicule idéal pour les excursions en pleine nature, qui nous renvoie à nos rêves les plus fous de bivouac au milieu des montagnes et des balades dans la boue et les gués. Avec ce Wrangler, c’est possible, et rien que pour ça, nous, on dit oui tout de suite ! On part quand d’ailleurs ?

On aime :

  • Son look
  • Ses capacités tout-terrain
  • Sa philosophie

On aime moins

  • Sa direction un peu trop souple
  • Son prix (et surtout son malus)

Les tarifs :

  • Prix Jeep Wrangler Unlimited : à partir de 49.000 €
  • Prix du modèle essayé (Jeep Wrangler Unlimited Rubicon 2,2 litres diesel) : 56.100 €

Marie Lizak

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