Essai Volkswagen T-Cross : la famille au complet

Dévoilé un an à peine avec le T-Roc, le Volkswagen T-Cross vient s’immiscer sur le marché des SUV ultra-compacts, qui frise pourtant la saturation. Rivalisant avec les Renault Captur et autres Citroën C3 Aircross, il possède de nombreux atouts, lui permettant de se distinguer sur le marché.

Volkswagen T-Cross profil bleu jantes

Chaque constructeur semble avoir sa spécialité, et pour Volkswagen, il semble que ce soit les SUV. Après un T-Roc dévoilé au salon de Francfort en septembre 2017, la marque de Wolfsburg a donné naissance à son petit frère, le T-Cross, révélé quant à lui en fin d’année dernière et tout juste lancé en concessions. Plus compact, plus abordable et surtout plus fun, le dernier-né de la gamme vient compléter une grande famille, actuellement composée des Tiguan, Tiguan Allspace et autres Touareg. Pourtant, et aussi étonnant que cela puisse paraître, Volkswagen a réussi la prouesse de ne pas se faire cannibaliser ses différents modèles, alors que la différence de taille entre chacun est à chaque fois très ténue. Heureusement, le constructeur les a tous doté d’une philosophie propre, entre un dernier arrivé jouant à fond la carte de la personnalisation et un Touareg haut de gamme et très sérieux.

A peine arrivé sur le marché que le Volkswagen T-Cross doit déjà faire face à une concurrence rude, déjà bien en place, depuis un certain temps pour certain de ses rivaux. Et pour cause, le petit SUV allemand semble débarquer un peu en retard sur un segment qui semblait jusqu’alors déjà saturé, où chaque constructeur a déjà tenté de s’installer, que ce soit Peugeot avec sa 2008, Citroën avec sa C3 Aircross ou encore Kia et son Stonic, entre autres tant la liste est longue. Le groupe Volkswagen n’est quant à lui évidemment pas en reste, entre le Seat Arona et le Skoda Kamiq, tout juste dévoilé au dernier salon de Genève, et ce T-Cross offre donc une nouvelle alternative, les trois reposant sur la même plateforme MQB A0.

C’est donc dans ses versions 1,5 litre TSI 95 et 115 chevaux que nous avons pu tester ce nouveau Volkswagen T-Cross sur les routes du sud de la Corse. Au programme, deux finitions, avec le milieu de gamme Lounge et la variante plus sportive R-Line, aux philosophies bien distinctes, aussi bien en termes de style que de dotation. L’occasion de savoir ce que vaut vraiment ce nouvel arrivant, qui vise avant tout une clientèle urbaine à la recherche d’un véhicule à la fois compact et bien équipé dans ses variantes les plus haut de gamme.

Essai Volkswagen T-Cross : tout ce qui est petit est mignon 

Volkswagen T-Cross 2019 arrière feux turquoise bouclier

Avec ce T-Cross, Volkswagen pousse encore un peu plus le vice de la personnalisation et s’éloigne un peu plus de son image de constructeur sage, voire parfois austère. Ici, tout n’est que rondeur et style fun, presque enfantin, ce qui n’est pas pour nous déplaire, ainsi que les nombreux curieux venant tourner autour du petit SUV lors de nos essais. Il faut dire que sa bouille a tout pour faire craquer, avec son gabarit compact de seulement 4,11 mètres à peine 1,50 mètre de haut ainsi que ses teintes acidulées. Vous l’aurez compris, le but est ici de séduire la gente féminine, sans pour autant tomber dans une rondeur empruntée à la Fiat 500 ou à la Citroën C3, par exemple. Toutefois, si ce T-Cross est en rupture totale avec le reste de la gamme, la filiation avec les autres modèles n’est jamais loin, et notamment à l’avant, avec une calandre qui n’est pas sans nous faire penser au Tiguan.

Pas de surprise ici, ce T-Cross reprend les codes déjà bien connus chez la concurrence et au sein de la gamme, avec un style de petit SUV baroudeur que l’on doit à ses protections latérales et ses passages de roues marqués. De son côté, la variante R Line dont nous avons également pu prendre le volant se veut plus sportif, adoptant un bouclier spécifique, ainsi que des jantes des 17 pouces. Toutefois, l’ensemble ne cherche en aucun cas à cannibaliser le T-Roc, qui joue quant à lui beaucoup plus sur son côté dynamique, grâce notamment à son profil plus élancé et son toit plus fuyant, même s’il est vrai que les dimensions des deux petits derniers de la marque sont assez proches (4,11 m contre 4,23 m pour le T-Roc).

Comme pour son grand frère, le T-Cross mise là encore presque tout sur la personnalisation, pour séduire des conducteurs (et surtout des conductrices) à la recherche d’un modèle compacte et tendance, parce que oui, les SUV ne semblent toujours pas passés de mode. Pour cela, Volkswagen offre donc à son dernier-né pas moins de douze teintes extérieures, dont le très joli Turquoise Maui de notre version d’essai. A cela s’ajoutent également douze styles de jantes de 16 à 18 pouces, dont des variantes teintées d’orange. On aime ou pas, mais il faut toutefois saluer l’audace de la marque de Wolfsburg de proposer de tels accessoires, qui devraient plaire à tous ceux qui ne veulent pas avoir la même voiture que leur voisin.

Essai Volkswagen T-Cross : surprenante habitabilité

Volkswagen T-Cross intérieur combiné écran planche de bord

Une fois n’est pas coutume, le dépaysement n’est pas vraiment présent lorsque l’on entre dans ce Volkswagen T-Cross, dont la présentation générale n’est pas sans rappeler celle de la Polo, mais aussi un T-Roc, bien que ce dernier soit un peu plus haut de gamme. Si l’ensemble peut paraître un brin austère sur les versions d’entrée et de milieu de gamme comme c’est le cas pour nous avec cette finition Lounge, il faudra aller chercher dans le catalogue des options pour profiter d’un intérieur plus fun. Trois packs sont en effet proposés sur les versions Lounge, Carat et R-Line, permettant de bénéficier de selleries et d’inserts spécifiques. De notre côté, il faudra nous contenter de la sellerie en tissu livrée de série, tandis que le volant est quant à lui recouvert de cuir, un petit détail qui fait quand même plaisir. Évidemment, et comme chez de nombreux rivaux, on déplore ici l’omniprésence de plastiques durs, même sur la planche de bord. Un défaut que l’on avait déjà noté sur le T-Roc, mais qui reste ici plus compréhensible, en raison d’un positionnement plus abordable pour ce T-Cross. Quoi qu’il en soit, les ajustements restent plutôt corrects pour un véhicule de ce segment.

Si le combiné numérique est livré de série sur les finitions haut de gamme Carat et R-Line, il faudra se contenter d’un simple petit écran et de compteurs analogiques sur les versions standards. L’Active Info Display reste toutefois disponible en option sur la version Lounge moyennant un chèque de 430 €, tandis que l’écran tactile de huit pouces compatible avec Apple CarPlay est quant à lui livré de série. Celui-ci, qui reprend une présentation déjà bien connue au sein du groupe Volkswagen se montre ergonomique et moderne, offrant par ailleurs une bonne réactivité. Sur la version R-Line, que nous avons également pu tester, nous retrouvons un écran tactile similaire, intégrant en plus la navigation de série, qui peut également être visible sur le combiné de 10,25 pouces personnalisable. Si celui-ci n’est évidemment pas indispensable, il apporte une touche de technologie supplémentaire et permet à ce Volkswagen T-Cross de se distinguer de la concurrence.

En termes d’habitabilité, et malgré son gabarit réduit, le petit SUV se montre plutôt surprenant, grâce notamment à son siège passager rabattable dès la version Lounge. Avec son empattement de 2,55 mètres, le T-Cross n’est pas forcément le modèle le plus adapté aux passagers arrière, avec un espace aux jambes et à la tête ne permettant pas de loger très confortablement des adultes sur la banquette. Qu’importe, car le but n’est ici pas de partir en vacances avec, le Tiguan le fait très bien, et c’est donc aux déplacements urbains à deux plutôt qu’à quatre que se destinera le petit dernier de la gamme. De son côté, le coffre, dont la contenance oscille entre 455 et 1.281 litres est dans la moyenne haute du segment, face aux Hyundai Kona et autres Citroën C3 Aircross.

Essai Volkswagen T-Cross : mention assez bien

Volkswagen T-Cross bleu arrière bouclier TSI

Si le T-Roc se décline en une large gamme de motorisations essence et diesel, Volkswagen a voulu jouer la simplicité avec le T-Cross, en proposant uniquement trois versions de son trois cylindres 1.0 TSI essence. Le but : créer une gamme simple et surtout inciter les clients à passer au modèle supérieur s’ils souhaitent s’offrir un moteur plus performant. Usage urbain oblige, le petit SUV se contente en effet de 95 et 115 chevaux, associés à une boîte manuelle ou transmission DSG7. Lors de cet essai, nous avons donc pu prendre le volant des deux versions, aux différences notables malgré leur apparente proximité en termes de puissance, mais c’est d’abord avec le bloc 1.0 TSI de 95 chevaux et 175 Nm de couple, associé à la boîte manuelle à cinq rapports que nous allons commencer.

Déjà bien connu dans la gamme, et notamment sous le capot de la Polo, ce petit trois cylindres a donc su prouver son efficacité au sein du groupe. C’est donc tout naturellement que Volkswagen a décidé de l’inclure dans l’offre de son T-Cross, évidemment très adapté à ce type de moteur, de plus en plus en vogue sur les modèles urbains. Sans surprise, et malgré un poids plume de seulement 1,17 tonne à vide, ce bloc manque quelque peu de pêche, si bien qu’il faudra aller le cravacher en montant dans les tours, au détriment évidemment de la consommation. En effet, si celle-ci est annoncée entre 4,9 et 5,0 litres en cycle mixte, les routes vallonnées du sud de la Corse auront eu raison de l’éco-conduite et des économies, avec une moyenne en conditions réelles autour des 8 litres. Vous l’aurez donc compris, il faudra jouer du levier de vitesse pour gagner en efficacité.

Si les routes sinueuses de la Corse du sud ne sont pas forcément le terrain de jeu de prédilection du T-Cross, en raison d’une prise de roulis relativement importante, il n’en reste pas moins que le petit SUV prodigue une vraie sensation de sécurité. Si l’ensemble se penche assez largement en virage, la tenue de route est tout de même au rendez-vous, les chances sont donc assez faibles de déraper lors d’une utilisation normale. On le sait, le Volkswagen T-Cross est un très proche cousin du Seat Arona, les deux reposant sur la même plateforme MEB. Pourtant, si l’espagnol offre un amortissement assez ferme, l’allemand joue quant à lui la carte du confort, voire parfois, de la mollesse. En témoigne la prise de roulis assez importante donc, qui aurait pu être oubliée si le petit SUV était vraiment confortable. Pourtant, si les petites imperfections sont plutôt bien gommées sur des routes relativement plates, les suspensions ont beaucoup plus de mal à encaisser les trous et les raccordements divers. Un résultat plutôt mitigé donc, mais qui reste largement suffisant pour une utilisation en ville.

Si cette version 95 chevaux est largement suffisante pour une utilisation quotidienne, nous avons également pu prendre le volant de la déclinaison TSI 115 chevaux, qui s’annonce évidemment plus polyvalente et adaptée à la conduite hors-agglomération, comme ce fut le cas lors de notre essai. Avec ses 200 Nm de couple et sa puissance en hausse, cette variante du T-Cross, ici en finition R-Line au style plus sportif se veut nettement plus plaisante sur les routes corses. L’ensemble est en effet bien plus dynamique, avec un 0 à 100 km/h abattu en 10,2 secondes, contre 11,5 sur le 95 chevaux. Un véritable atout qui permet au petit SUV d’avoir moins de mal à monter les côtes et à effectuer des dépassement, l’ensemble étant ici bien plus pêchu et agréable. Le confort est toutefois toujours aussi relatif, notamment à cause des jantes 18 pouces de notre version d’essai, inclues dans le pack R-Line optionnel, moyennant 1.250 €.

Ce dynamisme, on le doit aussi à la boîte DSG7, qui apporte ici un vrai agrément, même s’il faudra jouer quelque peu des palettes pour monter en rythme, notamment en côtes, en raison d’un étagement un poil long. Là encore, on regrette que les ingénieurs de Volkswagen n’aient pas offert à cette version R-Line des réglages de suspensions plus fermes, qui lui auraient permis d’avoir un véritable caractère, tout en apportant une valeur ajoutée par rapport au reste de la gamme. Tant pis, car si le moteur permet de sortir aisément de la ville, l’amortissement reste quant à lui trop mou pour vraiment s’amuser, nous obligeant à ralentir le rythme en virages sous peine de nausées, surtout si vous comptez transporter des enfants à l’arrière. Au chapitre de la consommation, celle-ci reste identique à la version 95 chevaux boîte manuelle, avec une moyenne en cycle mixte annoncée à 4,9 litres aux 100 km, mais là encore, attendez-vous à atteindre les 8 litres facilement.

En réalité, le principal atout de ce Volkswagen T-Cross reste sa belle dotation en équipements de série, et ce dès l’entrée de gamme. Nous retrouvons en effet dès le 1er niveau de finition l’allumage automatique des feux, le Front Assist, l’assistance au maintien de voie ou encore le régulateur de vitesse adaptatif ainsi que le Pre Safe Assist. Pour rappel, ce dispositif permet d’optimiser la protection des passagers en bloquant les ceintures et en fermant les ouvrants, tout en déclenchant les feux de détresse, afin d’assurer une sécurité optimale avant et après un choc. Autant de technologies qui permettent de compenser certains défauts de la voiture et de justifier un prix tout de même élevé, avec un ticket d’entrée affiché à partir de 19.820 €, prix auquel il ne faut heureusement ajouter aucun malus.

Essai Volkswagen T-Cross : pour résumer

Volkswagen T-Cross 2019 détail logo caméra

Venant compléter une gamme déjà bien remplie, le nouveau Volkswagen T-Cross n’est peut-être pas forcément indispensable, avec un T-Roc qui remplissait déjà le rôle de petit SUV compact. Il demeure toutefois une manière pour le constructeur de s’accaparer quelques parts de marché supplémentaires en monopolisant presque le segment, face aux Renault Captur, Citroën C3 Aircross et autres Peugeot 2008. Avec son gabarit compact et ses couleurs pétillantes, le dernier-né de la gamme souhaite avant tout séduire une clientèle urbaine mais surtout féminine, une ambition qu’il ne devrait pas avoir de mal à atteindre, grâce à son charme indéniable et sa philosophie misant tout sur le coup de cœur.

Dommage qu’à la conduite, ce petit T-Cross manque quelque peu de cohérence dans l’amortissement, bien que ce défaut ne devrait pas être vraiment pénalisant sur des trajets quotidiens. Quoi qu’il en soit, c’est en version TSI 115 chevaux associé à la boîte DSG7 qu’il aura notre préférence, pour son dynamisme accru et ses relances bien meilleures que la variante 95 chevaux, un peu juste si l’on souhaite sortir de la ville. On appréciera notamment le confort et les nombreux systèmes d’aide à la conduite sur le SUV, des atouts qui lui permettent de se distinguer d’une concurrence de plus en plus rude.

Essai Volkswagen T-Cross 2019

Top !

  • Le style
  • Le confort en ville
  • Les équipements de série

Bof…

  • Prix un peu trop élevé pour un modèle citadin
  • Trop de plastiques durs
  • Amortissement pas régulier

Essai Volkswagen T-Cross 2019

  • Prix de base : 19.820 €
  • Prix du modèle essayé hors options (TSI 95 BVM5 Lounge / TSI 115 DSG7 R-Line) : 610 € / 27.220 €

 

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