Essai Nissan Micra : montée en puissance

Un peu plus de deux ans après sa présentation, la 5ème génération de la Nissan Micra enrichit sa gamme de deux nouvelles motorisations et d’une boîte CVT Xtronic. Nous en avons pris le volant dans les environs de Lisbonne, afin de voir ce que vaut vraiment cette montée en puissance de la citadine.

Nissan Micra N-Sport essence jantes noir 

Officiellement dévoilée en 2016 à l’occasion du Mondial de Paris, la 5ème génération de la Nissan Micra proposait jusqu’alors une gamme plus que restreintes de motorisations, avec seulement deux propositions : un trois cylindres essence de 71 chevaux, ainsi qu’un quatre cylindres diesel de 90 équidés. Autant dire que les choix n’étaient pas les plus nombreux du marché, incitant les acheteurs à se rabattre sur une concurrence un peu plus fournie, même si les ventes de la citadine ont augmenté de 21 % entre 2016 et 2018. Heureusement, Nissan a décidé de rectifier le tir en ajoutant deux nouveaux moteurs à sa gamme, ainsi qu’une inédite boîte CVT Xtronic. Ce n’est pas tout, puisqu’une nouvelle variante N-Sport aux ambitions plus dynamiques vient également se greffer, permettant à la marque d’attirer une nouvelle clientèle à la recherche d’une alternative aux GT et autres ST Line présentes chez d’autres constructeurs rivaux.

Désormais, la citadine japonaise est donc disponible avec les nouveaux trois cylindres IG-T 100 et DIG-T 117, respectivement associés avec la nouvelle boîte automatique Xtronic et une transmission manuelle à six rapports. Si ces moteurs sont donc inaugurés pour la première fois sur la Nissan Micra, ils devraient par la suite être intégrés sur d’autres modèles de l’Alliance Renault-Nissan, et notamment la 5ème génération de la Clio. Plus puissantes et plus polyvalentes, ces deux nouvelles offres devraient permettre au constructeur de rester dans la course sur un segment B encore plébiscité mais toutefois très concurrentiel. Il suffit en effet de jeter un œil au calendrier des nouveautés pour le comprendre, entre Peugeot et sa 208, Renault et sa Clio et Opel avec sa Corsa, dévoilée un peu plus tard dans l’année.

C’est donc une Micra pleine de promesses que nous avons pu tester sur les routes de la côte ouest du Portugal, entre Lisbonne et Cascais, afin de voir ce que valent ces nouvelles motorisations. L’occasion également de prendre en main la nouvelle variante N-Sport, ressortie d’un rendez-vous avec les équipes du constructeur avec quelques améliorations techniques. Mais est-ce suffisant pour nous séduire ? C’est ce que nous avons tenté de savoir et c’est la question à laquelle nous allons répondre dans cet essai. En route !

Essai Nissan Micra : citadine affirmée 

Nissan Micra N-Sport avant feux calandre

Cette Micra n’est plus vraiment une nouveauté à proprement parler puisqu’elle n’a pas encore subi de restylage depuis 2016. Penchons-nous tout de même sur son style, qui tranche radicalement avec une précédente génération plus ronde. Gagnant en maturité et en assurance, la citadine affiche des lignes bien plus affutées qu’auparavant, lui permettant de se distinguer sur un marché où l’audace n’est pas forcément la qualité première de ses rivales. Nous retrouvons ici une face avant en V inaugurée sur la Pulsar puis déclinée sur le reste de la gamme et notamment sur la nouvelle génération de la Leaf. Autour, deux optiques adoptant une signature lumineuse en flèche qui se révèle plutôt originale, tandis que l’arrière se pare d’optiques plus larges et d’un bouclier plus conventionnel. En termes de dimensions, la citadine n’usurpe pas son appellation, avec une longueur sous la barre des 4 mètres (3,99 mètres, certes, mais ça reste moins de quatre) et une largeur de 1,74 mètres, de quoi déjouer les bouchons en se faufilant dans les ruelles. Globalement, les lignes sont plutôt réussies, avec ici un style bien moins consensuel qu’auparavant.

En réalité, la nouveauté se cache dans la nouvelle variante N-Sport, qui gagne en dynamisme sur tous les points, même s’il ne faut pas s’attendre à une grosse révolution pour autant. Positionnée entre les versions N-Connecta et Tekna, celle-ci se distingue extérieurement par quelques attributs spécifiques, tels que des détails noirs sur les baguettes latérales ainsi que les pare-chocs, une finition effet carbone sur les rétroviseurs et les jantes, ainsi que des anti-brouillards avant. Évidemment, des badges N-Sport viennent compléter l’ensemble, tout comme les vitres arrière surteintées, tandis que le reste demeure identique à la version de base. Et oui, pas question d’en faire trop, à l’image d’une Ford Fiesta ST Line ou d’une Peugeot 208 GT Line, qui affirment leur sportivité à travers de simples petites améliorations.

Faisant de la personnalisation son principal atout et l’un de ses arguments commerciaux, notamment auprès de la gente féminine, la Nissan Micra propose donc logiquement un large choix de combinaisons de couleurs. Comptez en effet neuf teintes de carrosserie, ainsi que trois packs extérieurs permettant de créer de nombreuses combinaisons, sans oublier les quatre styles de jantes de 15 à 17 pouces, également personnalisables. Si, comme chez la plupart des constructeurs, les teintes sobres prédominent, notre choix ira plus volontiers vers le très fun Orange Racing totalement assumé. De notre côté, c’est d’une robe Noir Obscur qu’est vêtue notre version d’essai, complété par des jantes 17 pouces noires. En résulte un style résolument agressif, même si les lignes ont tendance à être largement atténuées par cette couleur.

Essai Nissan Micra : un air de modernité

Nissan Micra N-Sport intérieur volant combiné

Là encore, pas de révolution dans la présentation intérieure, qui reste identique depuis la présentation de la nouvelle génération de la Micra en octobre 2016 lors du Mondial de Paris. L’ensemble reste donc assez standard mais bien pensé, en tout cas aucun défaut majeur ne vient entacher l’impression générale. Les matériaux sont là encore assez classiques, même si la finition est plutôt bonne avec des assemblages corrects. En réalité, la vraie nouveauté en ce qui concerne le design de l’habitacle est l’arrivée de la finition N-Sport, gagnant en exclusivité et en dynamisme. Celle-ci se distingue donc notamment par une présentation plus haut de gamme, qui passe par une sellerie mêlant TEP et Alcantara, des cerclages d’aérateurs blanc ainsi que des tapis de sol spécifiques. Si Nissan aurait pu aller plus loin dans l’aspect sportif, l’ensemble reste tout de même réussi et devrait permettre de cibler une clientèle aux attentes plus hautes, permettant à la Micra de rivaliser avec les autres citadines en tenue de sport du marché.

Mais la réelle nouveauté, cette fois-ci disponible sur l’ensemble de la gamme concerne surtout le nouveau NissanConnect, désormais disponible sur l’écran tactile 7 pouces de la Nissan Micra. Remplaçant un système un brin vieillissant et s’étendant peu à peu sur l’ensemble des modèles du constructeur, celui-ci gagne en ergonomie et en fonctionnalités. Si le design manque encore un peu de modernité, l’ensemble reste néanmoins assez bon et surtout très complet, avec entre autres Apple CarPlay et Android Auto livrés de série dès la finition Acenta. Incluant également la navigation GPS TomTom Premium Traffic avec informations sur la circulation en temps réel, NissanConnect s’enrichit de nouvelles fonctions. Parmi elles, nous pouvons notamment évoquer le Porte à Porte, permettant de profiter du GPS de la voiture puis de finir le trajet à pied avec son smartphone. Disponible de série le dès la version N-Connecta, ce nouveau système permet à la citadine de monter en gamme et de se mettre au niveau de ses rivales.

En ce qui concerne l’habitabilité générale, la citadine se situe sous la moyenne du segment, avec un empattement situé entre 1,44 et 1,46 mètre, face à des Peugeot 208 et autres Ford Fiesta dépassant les 2 mètres. En résulte donc un espace moins important pour les passagers à l’arrière, qui pourront se sentir quelque peu à l’étroit, surtout s’ils dépassent les 1,80 m. Mais n’oublions pas que cette Micra est avant tout une citadine, et qu’il devrait être rare de transporter des adultes sur la banquette. De son côté, le coffre oscille entre 300 et 1.004 litres une fois la banquette rabattue, lui permettant de gagner quelques points face à la concurrence, même si la différence est moindre avec ses rivales.

Essai Nissan Micra : nouvelle jeunesse 

Nissan Micra N-Sport arrière échappement feux

Jusqu’à présent, la gamme de la Nissan Micra n’était pas ce qu’on pouvait qualifier de fournie, il faut l’avouer. Le constructeur a donc décidé de prendre les choses en main en intégrant deux nouvelles motorisations à la gamme, à savoir deux trois cylindres essence de 100 et 117 chevaux. Par ailleurs, une inédite boîte de vitesse automatique à variation continue Xtronic, fait également son entrée dans le catalogue de la citadine, promettant polyvalence et confort aux usagers, notamment urbains. C’est donc l’ensemble de ces nouveautés que nous avons pu prendre en main, le temps d’une balade le long des côtes portugaises, près de Cascais. Pour débuter la journée, c’est sur la Micra N-Sport dotée du DIG-T 117 que nous avons jeté notre dévolu, pour sa promesse de dynamisme.

Sur le papier, ce petit trois cylindre développé en partenariat avec Daimler se veut en effet séduisant, grâce notamment aux quelques améliorations effectuées par les ingénieurs de l’Alliance Renault-Nissan. Injecteurs, revêtement des cylindres, turbo et distribution, rares sont en réalité les pièces à ne pas avoir été au moins légèrement modifiés, afin de réduire le poids et d’accroître les performances. En résulte donc une puissance de 117 chevaux, ainsi qu’un couple maximal de 180 Nm de 1.750 à 4.000 tr/min, qui peut atteindre les 200 Nm grâce à l’overboost de 1.750 à 3.750 tr/min. En termes de performance pure, Nissan annonce un 0 à 100 km/h abattu en 9,9 secondes, soit le meilleur temps de la gamme ce qui reste assez honorable pour une citadine à vocation dynamique, tandis que la vitesse de pointe culmine quant à elle à 195 km/h. L’ensemble est globalement satisfaisant, même si l’accélération est parfois un peu brusque, sans doute en raison d’un moteur un brin trop coupleux. Il faudra donc bien doser son accélération, un léger défaut en ville, mais qui peut se transformer en atout lors de dépassements par exemple.

Bon compromis pour qui souhaite rouler au quotidien et se faire plaisir sans s’offrir une vraie sportive, la finition N-Sport dotée de ce DIG-T 117 offre un comportement dynamique, grâce à une hauteur de caisse abaissée d’une dizaine de millimètres, des suspensions raffermies ainsi qu’une direction plus directe. Si ces améliorations ne sont pas aussi spectaculaires que sur une vraie voiture de sport, il n’en reste pas moins que nous avons pris beaucoup de plaisir à son volant sur les routes sinueuses de Cascais, au Portugal. Agile comme il faut, la citadine est amusante et fait oublier une gamme jusqu’alors en manque cruel de motorisations. La boîte manuelle à six rapports est quant à elle livrée de série avec le trois cylindres 117 chevaux, avec un étagement très satisfaisant et une prise en main efficace.

De son côté, le bloc IG-T 100 trois cylindres 1,0 litre est certes moins dynamique, du haut de ses 100 chevaux et ses 144 Nm de couple, mais il reste très agréable, et bien plus adapté à la conduite urbaine que son grand frère. Plus doux, il est plus aisé à maitriser, tout en offrant un agrément presque similaire au DIG-T 117, d’autant plus qu’il peut également être installé sous le capot de la Micra N-Sport. Celui-ci est alors associé à la nouvelle boîte automatique Xtronic à variation continue, très appréciée sur le marché japonais, beaucoup moins en France. Toutefois, Nissan a doté sa transmission CVT de la technologie D-Step, permettant de simuler des passages de rapport à la manière d’une boîte automatique standard, ce qui améliore grandement l’agrément de conduite. On déplore toutefois un léger manque de réactivité, un défaut récurrent sur ce type de système.

En ville, et quelle que soit la motorisation, la citadine se débrouille plutôt bien, avec un diamètre de braquage de 10 mètres seulement, ce qui reste plutôt raisonnable et dans la moyenne du segment. Avec une consommation en cycle mixte de 4,9 à 5,1 litres pour l’IG-T 100 et de 5,0 litres pour le DIG-T 117, la Nissan Micra se montre relativement gourmande face à ses rivales, et notamment la Peugeot 208. Il n’en reste moins que les émissions respectives de 111 et 114 g/km de CO2 sont juste assez basses pour s’affranchir de quelconque malus, ce qui lui confère un certain avantage, bien que la plupart de ses rivales en soit également exemptées.

Essai Nissan Micra : pour résumer

Avec ses nouvelles motorisations plus performantes, la nouvelle Nissan Micra s’ouvre un peu plus et pourrait sans aucun doute grappiller quelques parts de marchés à la Clio, à la gamme jusqu’alors plus fournie. Opérant une belle montée en puissance, la citadine nippone devrait séduire les automobilistes à la recherche d’un véhicule à la fois compact, habitable et dynamique. Si le DIG-T 117 se montre amusant à souhaits, notre préférence ira pourtant vers l’IG-T 100, aux performances similaires mais au comportement moins brusque.

De son côté, la nouvelle boîte automatique Xtronic a su nous séduire, même si l’on peut déceler quelques temps de latence qui peuvent parfois être gênants si l’on a besoin d’accélérer fort. Une caractéristique toutefois typique des transmissions à variation continue, qui se distingue ici par un bon agrément de conduite grâce à la technologie D-Step. Dommage qu’elle soit uniquement disponible avec l’IG-T 100, la version 117 chevaux ne pouvant pour l’heure pas en profiter. Enfin, le nouveau système NissanConnect fait quant à lui le plein de nouveautés plutôt sympathiques, même si l’on regrette sa présentation un brin vieillissante par rapport à ce qui se fait actuellement sur le marché. 

Affichée à partir de 13.990 € dans sa version IG-T 71, la Nissan Micra est évidemment plus chère avec la finition N-Sport, débutant alors à 19.910 € avec le 1,0 litre 100 chevaux. Un tarif qui reste dans la moyenne face à la concurrence, aux prix parfois plus élevés mais aux équipements de série plus nombreux. Quoi qu’il en soit, la citadine se renouvelle, et ça fait du bien à voir. Nul doute désormais qu’elle soit en mesure de faire remonter ses ventes, se distinguant toujours de la Clio par des tarifs un peu moins élevés

  • Prix de base de la Nissan Micra : 13.990 €
  •  Nissan Micra N-Sport IG-T 100 : 19.910 €
  • Nissan Micra N-Sport DIG-T 117 : 20.790 €

Marie Lizak

 

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