Essai Volvo V60 : moyen-courrier sans turbulences

Dévoilée en février dernier, la nouvelle génération de la Volvo V60 se renouvelle du tout au tout, promettant plus de luxe, d’élégance et de confort. Nous avons décidé de prendre le volant de ce break venu du froid dans sa version diesel D4, afin de savoir s’il tient vraiment ses promesses.

Volvo V60 dynamique roues calandre logo break

Très réussi sur de nombreux plans, et notamment dans sa version Polestar, la Volvo V60 avait tout de même subi les affres du temps au fil de sa carrière, avec un design, certes élégant mais vieillissant. Huit ans après son lancement et un léger restylage en 2013, il était donc logique que le suédois s’offre enfin une toute nouvelle génération présentée en février à Stockholm, promettant style, sécurité et confort, afin de rivaliser avec les nouveaux venus du segment.

Concurrente directe de la Peugeot 508 SW, pas encore arrivée sur le marché mais déjà plébiscitée par le public, la Volvo V60 devra donc faire valoir tous ses atouts pour conquérir un territoire en passe d’être dominé par le lion. Pour cela, le break scandinave a plus d’un tour dans son sac, puisqu’en plus de son style résolument séducteur, il fait le plein de technologies, tout en annonçant un comportement plus dynamique que la précédente mouture.

Alors, quels sont les arguments de cette Volvo V60 pour faire face à une concurrence aux crocs acérés ? C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant le volant de la version diesel D4, revendiquant quelque 190 chevaux sous son capot. Une déclinaison qui devrait par ailleurs constituer un excellent compromis en attendant des variantes essence et hybride rechargeable, qui devraient arriver dans le courant de l’année prochaine.

Essai Volvo V60 : cinquante nuances de gris 

Volvo V60 profil break empattement

Inauguré sur la deuxième génération du XC90 dévoilé en 2014, le nouveau language stylistique de Volvo est logiquement repris sur cette V60. Nous retrouvons donc la grande calandre emblématique, entourée deux fameux feux reprenant la forme du célèbre marteau de Thor, hommage subtil à l’univers de la mythologie nordique. L’ensemble est une fois encore très bien réalisé, avec des lignes élégantes, sobres et aisément reconnaissables. Bref, une réussite sur ce point.

En réalité, la filiation avec le grand break de la gamme est plus qu’évidente, les deux semblant presque jumeaux, et pas qu’à l’arrière. Volvo ne s’est pas mouillé, certes, mais il offre à la clientèle la possibilité de profiter du style très réussi de la V90 dans un gabarit plus réduit, bien plus adapté à la vie quotidienne. Et pour cause, ce sont près de 18 mm qui séparent les deux modèles, un chiffre qui peut paraître peu mais qui change en réalité beaucoup de choses. Pour autant, Volvo a réussi à conserver de belles proportions, avec un empattement affiché à 2,87 mètres sur la V60, contre 2,94 mètres pour la V90, permettant de garder un style quasi-identique, tout en offrant un bon niveau d’habitabilité. Aussi large que la précédente génération, cette nouvelle mouture gagne en dynamisme grâce à une hauteur réduite de 6 cm, culminant désormais à 1,42 mètre.

On ne sait pas si c’est le froid suédois qui a influencé la palette de coloris de la Volvo V60, mais une chose est sûre, l’heure n’est pas vraiment à l’originalité. Depuis toujours, et hormis sur les versions griffées Polestar, Volvo a toujours été du genre à se la jouer cinquante nuances de gris, cette dernière-née dans la gamme ne faisant pas exception. Du noir, du gris, du blanc, en veux-tu en voilà donc, et il faudra aller fouiner dans le catalogue pour trouver des teintes (un peu) plus fun, comme le Rouge Fusion Métallisé. Pourtant, et quoi que l’on en dise, le constructeur suédois semble en réalité avoir tout compris, puisque ce sont bien les couleurs les plus sobres qui vont le mieux au break nordique. De notre côté, nous avons pu profiter du très joli bleu Denim métallisé, très discret certes, mais plutôt original. A ces 13 possibilités s’ajoute également un choix de cinq jantes de 17 à 20 pouces, ainsi que sept versions dédiées aux pneus hiver, qui nous donneraient presque envie d’aller passer notre vie sous la neige.

Essai Volvo V60 : voyage en Scandinavie

Volvo V60 console centrale bouton démarrage détail intérieur

Si certains constructeurs, et notamment Peugeot offrent un intérieur différent à chacun de leurs modèles, c’est une toute autre stratégie qu’a décidé d’adopter Volvo. En effet, ceux qui ont eu l’occasion de prendre le volant de plusieurs créations de la gamme le savent, l’habitacle demeure quasiment identique, de la S60 au XC90. Pas de risque d’être perdu donc en entrant dans cette V60, même si le dépaysement est en réalité ailleurs. Nous sommes en effet ici immergés dans une superbe ambiance scandinave, épurée et élégante, notamment avec cette sellerie en cuir Nappa beige et ses incrustations en bois flotté. Ces dernières, livrées de série sur la finition Inscription Luxe de notre version d’essai se retrouvent notamment sur la planche de bord ainsi que la console centrale, apportant une touche d’exclusivité supplémentaire. Bref, aucune fausse note pour cet intérieur, au style très réussi, toujours reconnaissable par son écran tactile de 9 pouces en position verticale. 

Celui-ci, dont l’excellente ergonomie nécessite quelques minutes d’adaptation tout de même est par ailleurs complété par un combiné numérique de 12,3 pouces également livré de série, au design épuré. Moins personnalisable que celui de sa principale rivale, la Peugeot 508 SW, il demeure tout de même très plaisant à regarder, tout en étant également très clair. Il est en plus assisté de l’affichage tête-haute projeté directement sur le pare-brise, laissant apparaître les données indispensables telles que la vitesse ainsi que la limitation ou encore le guidage. L’ensemble est globalement excellent et fleure bon le haut de gamme, avec des finitions travaillées et des matériaux de très bonne qualité. Aucun plastique dur choquant n’est à déplorer, au contraire parfois de la Peugeot 508 SW, et les détails ont été particulièrement soignés, jusque dans les bacs de portes, eux aussi recouverts de feutrine. Bref, aucun faux pas à l’intérieur de cette Volvo V60, qui accumule les bons points.

Malgré un beau volume de coffre oscillant entre 529 et 1.441 litres, la Volvo V60 reste légèrement en-dessous de la Peugeot 508 SW, qui affiche quant à elle des chiffres compris entre 530 et 1.780 litres. Quoi qu’il en soit, l’espace est largement suffisant dans le break scandinave pour transporter les affaires de toute la famille sans encombre. En revanche, l’habitabilité est légèrement meilleure que chez la sochalienne, notamment au niveau des jambes en raison d’un empattement un peu plus long, affiché à 2,87 mètres (contre 2,79 m), et ce malgré la présence d’un tunnel de transmission inutile sur notre version à deux roues motrices.

Essai Volvo V60 : le confort sans renier le dynamisme

Volvo V60 avant dynamique D4

Si Volvo souhaite bannir le diesel de sa gamme dans un futur proche, tout en déclinant l’ensemble de ses modèles en au moins une version électrifiée, cette ambition n’a pas encore été appliquée sur cette V60. Et pour cause, si des blocs essence et hybrides devront arriver un peu plus tard dans la gamme, il faudra pour l’instant se contenter de modèles carburant au gazole, avec les déclinaisons D3 et D4 de 150 et 190 chevaux. C’est donc sur cette dernière que nous avons décidé de nous concentrer, pour ses performances, évidemment, même si les deux variantes ne devraient pas être si éloignées en termes de sensations. Particulièrement adaptée aux longs voyages, cette motorisation devrait donc avant tout séduire les parents à la recherche d’un véhicule confortable pour partir loin, se distinguant de la Peugeot 508 SW, à la vocation plus dynamique.

Attention, ne croyons tout de même pas que cette Volvo V60 est ennuyeuse à conduire pour autant. Reposant sur la plateforme SPA (Scalable Product Architecture) déjà cachée sous la carrosserie des XC60 et autres S90, elle offre un excellent compromis entre plaisir et confort, bien que ce dernier prime toutefois en raison de liaisons au sol développées dans ce but. Rivalisant presque avec sa rivale, la Peugeot 508, en termes de tenue de route, même si l’on note une prise de roulis légèrement plus importante, et une petite tendance au sous-virage. Le conducteur peut par ailleurs profiter de quatre modes de conduite, permettant de régler l’ensemble des paramètres de conduite tels que la direction, la boîte, la réponse de l’accélérateur ou encore les suspensions grâce au châssis dynamique. En résulte un comportement qui varie selon les envies et les conditions. Bon point pour le mode Individuel, permettant de configurer chaque élément de manière indépendante, chose dont ne peut pas se prévaloir sa concurrente française.

Fort de 190 équidés et 400 Nm de couple, ce quatre cylindres biturbo se montre excellent, malgré un bruit toujours bien présent, diesel oblige. Même si l’ensemble est évidemment loin d’être très dynamique, laissant d’abord primer le confort, les performantes demeurent plutôt satisfaisantes, avec un 0 à 100 km/h abattu en 7,9 secondes, ce qui reste très honorable. De son côté, la boîte de vitesse automatique Geartronic 8 est, comme la transmission EAT8 chez Peugeot typée confort, malgré un mode Sport lui conférant un peu plus de répondant et de reprise en conduite plus soutenue. Gros regret toutefois quant à l’absence de palettes au volant, qui auraient apporté un peu plus de dynamisme, ce qui aurait été appréciable pour les balades au rythme un peu plus soutenu.

 

 

En ville, ses 4,76 mètres et son diamètre de braquage peuvent quelque peu nuire à la facilité des manœuvres, même si le stationnement est grandement facilité par les nombreux systèmes d’aide livrés de série ou proposés en option. Parmi eux, nous retrouvons notamment les radars avant et arrière, la caméra de recul ainsi que la vision à 360°, qui permet de caser plus aisément notre monture dans des places étroites. Évidemment, le mode Confort aura cette fois-ci notre préférence en conduite urbaine, avec une direction souple mais pas molle et des suspensions bien plus adaptées aux chaussées pas toujours bien entretenues. Enfin, qui dit diesel dit forcément bruit pas toujours très plaisant. Malheureusement, la Volvo V60 ne fait pas exception, mais bénéficie toutefois d’une excellente insonorisation intérieure, transformant le break en cocon, même à haute vitesse.

Déclinée en quatre finitions, complétées par notre version d’essai Inscription Luxe coiffant la gamme, la suédoise profite d’une belle dotation en équipements, même s’il faudra aller fouiller dans le catalogue des options pour bénéficier d’un véhicule vraiment complet. Est-ce le prix à payer pour concurrencer les marques allemandes ? Sans doute, mais quoi qu’il en soit, les éléments proposés de série reste tout de même très acceptable, avec le limiteur/régulateur de vitesse, la reconnaissance des panneaux ainsi que l’assistant d’évitement aux collisions frontales. Il faudra donc allonger le chèque pour profiter de l’ensemble de l’offre technologique de Volvo, avec notamment les Camera Surround View et IntelliSafe Assist, ainsi que le système audio Bowers & Wilkins avec 15 haut-parleurs, offrant un son personnalisable et haut de gamme.

Enfin, avec une consommation annoncée à 4,5 litres en cycle mixte, la Volvo V60 se veut plutôt sobre, et affiche une meilleure performance que sa rivale, la Peugeot 508 SW dans sa version BlueHDi 180, avec 4,7 l/100 km. Les émissions culminent quant à elles à seulement 119 grammes de CO2, soit deux grammes de trop pour échapper au nouveau malus, malheureusement. Mais avec seulement 45 € supplémentaires à débourser, ce n’est pas celui-ci qui devrait dissuader les acheteurs potentiels. Si ces chiffres sont très bons, il faudra encore patienter pour découvrir des déclinaisons hybrides plus économes encore, qui devraient constituer un excellent compromis entre sobriété et performances. Pour en savoir plus, découvrez notre essai de la Volvo S90 en version T8 !

Essai Volvo V60 D4 : pour résumer

Volvo V60 intérieur détail logo

Rivale désignée de la Peugeot 508 SW, la Volvo V60 évolue grandement par rapport à une précédente génération qui avait pris un vrai coup de vieux au fil des années. Un coup de boost bienvenu donc pour le break, qui adopte les codes styliques inaugurés sur le XC90 et déclinés sur l’ensemble de la gamme, avec un design extérieur moderne et un intérieur à la qualité en hausse. La dotation est quant à elle excellente, même si Volvo semble se germaniser en proposant un catalogue d’options toujours plus fourni, au détriment des équipements de série, qui auraient pu être un peu plus nombreux sur notre version Inscription Luxe, pourtant située tout en haut de la gamme. L’ensemble demeure toutefois excellent, avec toujours une ambiance scandinave épurée et élégante et un confort désormais devenue une marque de fabrique.

En termes de sensations de conduite, la Volvo V60 nous surprend par son confort, évidemment, même si un amortissement plus souple encore nous aurait plu. Avec ses quatre modes de conduite, le break s’adapte à tous les goûts et tous les besoins, que ce soit pour des trajets sur autoroute ou pour une conduite plus dynamique lorsque l’envie se fait ressentir. Sans être sportif pour autant, le scandinave se révèle loin d’être ennuyeux et casse l’image pépère que l’on pourrait avoir de ce type de véhicule. Enfin, malgré un châssis moins affuté que la Peugeot 508 SW avec une petite tendance au roulis, il ne reste pas moins sécurisant, tout en étant habitable et technologique.

Si son prix d’appel affiché à 36.500 € est très attractif, il monte tout de même très rapidement dès que l’on souhaite profiter d’un véhicule bien équipé. Heureusement, avec sa consommation et ses émissions contenues, le break suédois se rattrape sur ce point et devrait séduire les familles à la recherche d’un véhicule haut de gamme, sobre et bien pensé pour accueillir jusqu’à cinq occupants dans le confort le plus total. Il constitue une excellente alternative à taille humaine à la V90, bien plus grande.

  • Prix de base de la Volvo V60 : 36.500 €
  • Prix de base de la version essayée Inscription Luxe D4 (hors options) : 57.850 €
  • Prix de la version essayée (avec options) : 67.070 €

Options du modèle essayé :

  • Pack Prestige Inscription Luxe
  • Système audio Volvo Sounds Premium Bowers & Wilkins
  • Châssis actif suspensions pilotées Four-C
  • Caméra Surround View (650 €)
  • Jantes alliage 19 pouces 5 branches Anthracite Mat/Diamant (570 €)
  • Cuir Nappa Beige (2.010 €)
  • Peinture Bleu Denim (1.000 €)

Marie Lizak

 

 

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2 commentaires

  1. Hello!

    Très chouette essai!
    Tombé par hasard sur celui-ci dans les dédales d’une recherche Google à propos de Volvo, et pas mécontent de m’y etre attardé!

    Hop, flux rss ajouté dans mon agrégateur Feedly, je reviendrai ici souvent!

    J’en profite au passage, je pense qu’il y a une petite faute dans le 5eme paragraphe, en parlant de la différence d’empattement avec la v90. Je pense que c’est 18 centimètre dont il est question, et non pas millimètres (ça ne ferait ps beaucoup!!).

    À bientôt 😉

    J'aime

    • Bonjour !

      Je cous remercie de ce commentaire, un vrai encouragement à continuer toujours plus ! J’espère que les prochains essais vous plairont tout autant 😉

      Après vérification, il ne s’agit pas de l’empattement mais de la longueur globale, qui varie de 17,5 cm pour être précise, et non 18 mm comme j’avais effectivement écrit, merci de me l’avoir signalé !

      A très vite sur Une Fille au Volant,

      Marie

      J'aime

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