Essai Peugeot 508 SW PureTech 180 : ça va faire malle

Dévoilée quelques mois à peine après la Peugeot 508, la nouvelle déclinaison SW revient en force sur le segment des breaks premium. Nous en avons pris le volant dans la région de Cascais, le long des côtes portugaises.

Peugeot 508 SW profil arrière coffre roues calandre

Prenez l’une des berlines les plus désirables du marché. Ajoutez-lui quelques centimètres, donnez-lui un petit coup de crayon et vous obtiendrez l’un des breaks les plus élégants du moment. Si les goûts et les couleurs ne sont pas une science exacte, il semblerait que Peugeot ait mit tout le monde d’accord avec sa nouvelle 508 SW, à en croire les réactions du public, venu en nombre pour l’admirer au dernier Mondial de Paris. Plus de sept ans après la première génération au style bien moins affirmé, cette nouvelle mouture vient réaffirmer l’ambition de Peugeot de continuer sa montée en gamme, face à une concurrence premium déjà bien implantée.

Rivalisant frontalement avec les Volvo V60 et autres Audi A4 Avant, cette toute nouvelle Peugeot 508 SW n’a pas seulement vocation à plaire pères et mères de famille. Venant corriger les petits défauts de la berline en ce qui concerne l’habitabilité, cette version break devrait également séduire les chauffeurs de taxi et de VTC, avec son confort amélioré et son look toujours aussi radical, qui fera sans doute tourner quelques têtes sur son passage. Reprenant les motorisations de sa grande sœur présentée à Genève, à savoir des blocs essence et diesel de 130 à 225 chevaux, en attendant la version hybride prévue pour l’automne prochain.

Quelques mois après avoir pris en main la berline sur les routes de l’arrière-pays niçois et du samurois, c’est donc au tour du break de passer sur le grill, le long des côtes portugaises cette fois-ci. Si nous avons pu tester plusieurs motorisations durant ces deux jours, c’est tout particulièrement sur la déclinaison PureTech 180 que nous allons nous attarder, afin de savoir si cette 508 SW n’a pas perdu de ses qualités en gagnant quelques centimètres. Cœur de gamme par excellence et très bon compromis, cette version se montre plus sobre que le PureTech 225, tout en promettant de conserver son dynamisme.

Essai Peugeot 508 SW PureTech 180 : le break se fait cool

Peugeot 508 SW PureTech 180 essence blanc avant

Bien souvent, lorsque l’on parle de break, il nous vient alors en tête une voiture pataude, peu élégante mais surtout uniquement pensé pour son côté fonctionnel. On imagine les pleurs des enfants, les départs en vacances difficiles et l’habitacle rempli d’affaires et bagages en tout genre, bref, le tableau est loin d’être flatteur. Heureusement, de nombreux constructeurs, à commencer par Volvo ont décidé de casser cette image peu flatteuse, en créant des véhicules au style élégant et désirable. Très vite, le marché s’est densifié, et c’est désormais au tour de Peugeot de revenir dans la course, plus de sept ans après le lancement de la première génération. Si celle-ci arborait un style beaucoup plus classique bien que non dénué d’un certain charme, il est désormais difficile pour un néophyte de voir le lien de filiation entre les deux versions tant cette new 508 change radicalement.

Pas de surprise, nous retrouvons évidements les attributs stylistiques de la berline, avec à l’avant les fameux « crocs » évoquant l’emblème félin de la marque, ainsi que ses optiques arrière en forme de griffes, reliés entre elles par un épais bandeau noir. Vous l’aurez donc compris, c’est principalement au niveau du profil arrière que se concentrent les changements, sans pour autant dénaturer l’ensemble. En termes de proportions, celles-ci évoluent très subtilement, avec une garde au sol très légèrement plus surélevée ainsi qu’une longueur en hausse de 4 cm par rapport à la 508 standard, mais en baisse de 2 cm face à la précédente génération. Visuellement très réussi, le break ne perd en aucun cas sont élégance, même si notre préférence ira tout de même à la berline, plus dynamique malgré tout.

Reprenant la palette de couleurs de cette dernière, la nouvelle Peugeot 508 SW fait là encore la part belle à la sobriété, avec un Gris Amazonite tout particulièrement mis en valeur au lancement. Si le fameux rouge Ultimate aura notre préférence, le blanc nacré ou le gris Artense ont également su retenir notre attention. Plus dynamique que le reste de la gamme, la déclinaison GT Line de notre essai reprend le style de la GT et se distingue par des jantes alliage 18 pouces bi-ton diamantées, deux feux à LED ainsi qu’une calandre spécifique et des sorties d’échappement rondes.

Essai Peugeot 508 SW PureTech 180 : cocon pour famille 

Peugeot 508 SW intérieur écran i-cockpit volant

Pas de grande surprise dans l’habitacle, puisque celui-ci se veut totalement identique à la berline, avec son i-Cpckpit et sa disposition résolument tournée vers le conducteur. Là encore, l’ensemble est très réussi nous fait parfaitement ressentir la volonté de Peugeot de monter en gamme. Le nouveau vaisseau-amiral de la marque nous aura tout particulièrement séduit dans sa version GT Line, grâce à ses plaquages en bois véritable, que l’on préférera au plastique noir, plus sensible aux micro-rayures et à l’aspect moins élégant. Comme sur la version dont nous avions déjà pris le volant il y a quelques mois, nous retrouvons ici un intérieur semblable à un cocon, avec un toit très bas et des surfaces vitrées réduites. Le poste de conduite est quant à lui séparé du reste par une console centrale remontant très haut et dissimulant quelques rangements bien intégrés. Une fois encore, les matériaux sont de très bonne facture, avec du cuir, de l’Alcantara et du bois à foison, sans pour autant tomber dans le bling bling de certains constructeurs, même si quelques plastiques durs subsistent encore.

La dotation technologique est ici la même que sur la berline, et nous retrouvons avec grand plaisir le combiné numérique de 12,3 pouces initié sur les Peugeot 3008 et 5008. Toujours personnalisable, il demeure très clair et permet de s’affranchir du sempiternel affichage tête-haute grâce à son positionnement en hauteur par rapport au petit volant. Nous retrouvons également l’écran tactile de 10 pouces, là encore complété par une série de touches piano rendant l’accès aux différentes fenêtres plus simple que sur les 308 et 208, qui se contentent de raccourcis directement sur celui-ci. Toutefois, si l’ergonomie est globalement meilleure que chez la concurrence, on déplore la suppression du bouton donnant accès au mode Manuel sur la commande de boîte, remplacé par celui du Park Assist. Il faudra donc jouer sur le bouton des différents modes pour pouvoir conduire uniquement avec les palettes, d’autant plus que celles-ci restent inactives en mode automatique.

En réalité, les principaux changements résident dans l’habitabilité, notamment à l’arrière, grâce à une garde au toit plus haute à l’arrière, tandis que l’empattement n’évolue pas et culmine toujours à 2,79 mètres. Malgré un volume légèrement inférieur à la précédente génération, le coffre de cette nouvelle 508 SW est en nette hausse par rapport à la berline, oscillant entre 530 et 1.780 litres, soit 43 de plus. Plutôt destiné aux familles donc, cette nouvelle Peugeot 508 SW est idéale pour les grands départs en vacances, permettant de loger toutes les affaires à l’arrière, grâce à une banquette rabattable en 2/3-1/3 et un seuil de chargement abaissé, comme sur la berline. Enfin, en termes de confort général, l’ensemble est toujours aussi satisfaisant, avec des sièges offrant un maintien suffisant sans rogner sur la qualité de l’assise et la position de conduite, aisée à trouver grâce aux réglages électriques.

Essai Peugeot 508 SW PureTech 180 : le dynamisme dans  l’ADN

Peugeot 508 SW 2018 rouge ultimate statique avant roues

Reprenant la gamme de motorisations de la berline, la nouvelle Peugeot 508 SW offre donc une gamme de blocs quatre cylindres essence et diesel dont les puissances s’échelonnent entre 130 et 225 chevaux. Si le diesel devrait rencontrer un franc succès auprès des gros rouleurs et notamment des chauffeurs de taxis et autres VTC, c’est vers le PureTech 180 que nous avons finalement décidé de nous tourner. Seul essence proposé avec la version 225, ce bloc devrait également être plébiscité, promettant un dynamisme certain, le tout avec un malus largement inférieur à ce dernier. Très bon compromis en attendant une version hybride très prometteuse prévue pour l’automne 2019, cette déclinaison devrait constituer la majorité des ventes, même si pour l’heure, Peugeot ne nous a pas livré les détails concernant ses attentes sur ce point-là.

Pour rappel, nous avions déjà testé ce PureTech 180 il y a quelques mois sous le capot de la berline, et forcément, nous avions un peu peur que l’ajout de quelques centimètres nuise à son agrément de conduite. C’était mal connaître Peugeot. Comme pour sa 308 SW, cette déclinaison break demeure tout aussi plaisante à conduire que sa grande sœur, et ce malgré ses quatre centimètres supplémentaires. Une petite prouesse que l’on doit évidemment à la plateforme EMP2 désormais bien implantée dans le groupe et sur laquelle reposent le Rifter, le DS 7 Crossback ou encore le Citroën C5 Aircross. Malgré une garde au sol légèrement surélevée, l’ensemble demeure très satisfaisant et la prise de roulis est, comme toujours, quasi-inexistante, même si le dynamisme est en léger retrait par rapport à la 308 par exemple. Le petit volant, véritable signature de Peugeot est évidemment reconduit, permettant de mieux prendre la voiture en main et de bénéficier d’une position des plus ergonomiques. Globalement, l’agilité est une fois de plus au rendez-vous, malgré un comportement loin d’être sportif. Et oui, nous sommes ici à bord d’une grande routière, et non d’une bombinette, un rôle plutôt tenu par la 308 GTi.

Justement, qui dit routière, qu’elle soit break ou berline, dit forcément confort. Avec ses suspensions pilotées livrées de série, la Peugeot 508 SW se montre sans surprise excellente à ce niveau-là, avec un amortissement ni trop dur ni trop ferme. Il sera évidemment possible de personnaliser ce dernier grâce au sélecteur de mode de conduite, permettant de choisir parmi quatre configurations (Eco, Confort, Normal et Sport), jouant également sur la réponse de l’accélérateur et de la boîte, ainsi que la fermeté de la direction. Si le mode Sport aura, comme la berline, notre préférence, la configuration Confort est également très plaisante pour les longs voyages. On regrettera toutefois l’absence de possibilité de personnaliser les différents modes, comme le proposent certains constructeurs rivaux.

Fort de 180 chevaux et 300 Nm de couple, le 1,6 litre PureTech de cette nouvelle Peugeot 508 SW se révèle comme toujours très satisfaisant. Celui-ci est associé de série à la boîte EAT8, que nous avions déjà pu tester à plusieurs reprises et qui nous a toujours conquis, même si l’on déplore un certain manque de réactivité et un typage un peu trop confortable. Là encore, c’est normal pour un break à vocation familiale, et il suffira de fouiner dans les modes de conduite pour passer en mode manuel et vraiment s’amuser avec les palettes. Celles-ci ne sont toutefois pas vraiment indispensables, cette 508 n’étant en rien sportive mais simplement très dynamique. A ce titre, elle abat justement le 0 à 100 km/h en 7,4 secondes, soit seulement un petit dixième de plus que la berline, grâce à un poids en hausse de 10 kilos seulement, pour un total de 1.430 kg sur la balance.

En ville, cette Peugeot 508 SW se comporte de manière identique à la berline, se faufilant presque partout, malgré sa longueur en légère hausse. Là encore, les liaisons au sol totalement retravaillées par rapport à la précédente génération lui permettent d’encaisser dos d’ânes et autres nids-de-poule, ce dont ne peuvent pas toujours se prévaloir certaines de ses rivales. Pensée pour la route, cette nouvelle génération fait là encore le plein d’aides et autres assistances, avec notamment la vision de nuit, déjà présente sur sa grande sœur, ainsi que sur la DS 7 Crossback, avec un fonctionnement similaire et un affichage sur le combiné numérique. Une fois encore, la conduite semi-autonome est au rendez-vous, grâce à l’alliance du régulateur adaptatif et de l’assistance au maintien de voie, avec cette fois-ci, une petite nouveauté, avec un réglage permettant de choisir de quel côté de la voie la voiture doit se positionner. Une fonction qui peut sonner comme un gadget un brin geek mais qui peut en réalité s’avérer plutôt utile, notamment en ville afin de laisser passer les motos et autres scooters entre les voies. Pas indispensable donc, mais une bonne manière pour Peugeot de montrer ce dont il est capable en termes de technologies, tout simplement.

Enfin, et contrairement à ce que l’on aurait pu croire, cette Peugeot 508 SW réussit la petite prouesse de ne pas faire flamber sa consommation, et reste donc à 5,5 litres annoncés en cycle mixte. C’est identique à la berline dans la même configuration, ce qui lui permet par la même occasion de ne pas écoper d’un malus trop lourd, celui-ci culminant à « seulement » 173 € grâce à des émissions contenues à 127 g/km. Des chiffres plutôt bons par rapport à la concurrence, et qui devraient l’être encore plus avec l’arrivée de la version hybride rechargeable de 225 chevaux, attendue pour la fin de l’année prochaine. Alliant le PureTech 1,6 litre 180 de notre version d’essai à un moteur électrique de 110 équidés, cette configuration promet d’ores et déjà des émissions sous la barre des 49 grammes.

Essai Peugeot 508 SW PureTech 180 : pour résumer

Peugeot 508 SW avant statique phares

Ce serait mentir de dire que cette Peugeot 508 SW marque une vraie différence avec la berline, mais ce serait également se tromper de penser que ceci n’est pas un choix délibéré de la marque. Plébiscitée pour son style, son confort et ses qualité routières, la nouvelle 508 cochait déjà un bon nombre de cases sur la longue liste de critères faisant d’une voiture un succès. Il n’y avait donc logiquement aucune raison pour la marque de toucher avec ce break à ce qui avait plu initialement, d’où la ressemblance quasi-parfaite, hormis bien sûr la ligne. Si la berline aura notre préférence à niveau-là, cette SW nous séduit également, conservant les atouts esthétiques qui nous ont plu dès sa révélation.

Si les qualités sont donc les mêmes, les défauts aussi, avec une boîte manquant quelque peu de dynamisme en mode Sport et une ergonomie en léger retrait par rapport à la 308 par exemple. Toutefois, l’ensemble est globalement satisfaisant et a de quoi sérieusement inquiéter ses rivales, et notamment la nouvelle Volvo V60, dont nous allons prendre le volant très bientôt. Uniquement disponible en diesel pour l’instant, le break suédois est en léger retrait par rapport à la sochalienne, mais les deux devraient avoir des choses à se dire au lancement de leurs déclinaisons hybrides respectives.

Proposée à partir de 33.600 €, soit 1.300 € de plus que la berline, la nouvelle Peugeot 508 SW reste très abordable par rapport à ses concurrents, avec une Volvo V60 affichée à 36.500 € et une Audi A4 Avant dont le ticket d’entrée démarre quant à lui à 34.890 €. Un prix plus que correct donc, et d’autant plus dans notre version d’essai PureTech 180 GT Line, qui débute à 40.000 €, avec une belle dotation en termes d’équipements qui a de quoi faire peur à Audi et son catalogue d’options à rallonge. Balayant d’un revers de la main l’image du break ennuyeux que l’on achète par défaut lorsque la famille s’agrandit, cette Peugeot 508 n’a donc rien à envier à la berline, bien au contraire.

  • Prix de base de la Peugeot 508 SW : 33.600 €
  • Prix de base du modèle essayé : 40.000 €

Marie Lizak

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