Essai nouveau Peugeot Rifter : le ludospace qui se prenait pour un SUV

Plus de vingt ans après le lancement de la première génération du Partner, le Rifter apporte un coup de jeune sur le segment des ludospace, en adoptant un positionnement plus premium, ainsi qu’un look plus dynamique. A mi-chemin entre l’utilitaire et le SUV familial, il conserve l’ADN Peugeot et devrait sans aucun doute trouver sa clientèle, grâce à son confort et son habitabilité.

Peugeot Rifter 2018 Allure face avant statique

Le Partner Tepee est mort, vive le Peugeot Rifter ! Plus de vingt ans après la sortie d’une première génération aux ambitions purement utilitaires et après une deuxième version bien plus travaillée, le nouveau Rifter apporter un sérieux coup de jeune au ludospace emblématique de la marque au lion. Une grande évolution qui passe d’abord par un changement de nom, afin de marquer une véritable rupture entre un véhicule assez peu désirable, il est vrai, et cette nouvelle mouture, sur laquelle on se retournerait presque dans la rue.

Avec son style emprunté aux SUV et sa large gamme de motorisations, le « ludocross » Peugeot devrait avant tout séduire les familles, la version utilitaire dédiée aux professionnels restant quant à elle sous l’appellation Partner. Une décision d’autant plus intelligente qu’elle permettra de faire véritablement la différence entre deux véhicules à la fois très proches, mais pourtant très différents dans leurs ambitions. Cousin technique des Citroën Berlingo et Opel Combo Life, le Rifter se la joue un brin plus haut de gamme, sans pour autant verser dans le trop-plein d’équipements à outrance. Bref, un véhicule idéal pour les parents pas trop pressés mais privilégiant le confort et l’habitabilité.

Annoncé comme un véritable renouveau sur le segment, le nouveau Peugeot Rifter est donc logiquement attendu au tournant, tant il se vante de ses capacités et de sa philosophie toute neuve. Les pères et mères de famille seront-ils au rendez-vous avec cette nouvelle génération totalement inédite ? Pour le savoir, nous avons pris le volant des versions PureTech 110 et BlueHDi 130, sur les routes sinueuses de la région de Nice, sur la côte d’Azur.

Essai nouveau Peugeot Rifter : des petits airs de SUV

Peugeot Rifter 2018 GT Line face avant détail marron metallic copper

Oubliez la précédente version, lancée en 2008, au style assez commun et loin d’être désirable. Contrairement à certains constructeurs, qui procèdent à de très subtils changements esthétiques entre chaque génération, Peugeot est ici parti d’une feuille blanche pour son nouveau Rifter. Nouveau look pour une nouvelle vie donc, puisque cette mouture très largement modernisée gagne en potentiel séduction, et désormais, il n’attire plus uniquement les regards des parents. Si l’arrière évolue assez peu par rapport à la 2ème génération, ludospace oblige, un énorme travail a été réalisé par les designers sur la face avant. Reprenant désormais les caractéristiques chères à la marque et déjà vus sur les autres productions de la gamme, le visage de ce Rifter se veut désormais plus agressif, et prend même des airs de 3008. Avec son capot très court et son bouclier vertical, le dernier-né de la gamme gagne en caractère, le rendant bien plus séduisant et même très photogénique !

Contrairement à une 2ème génération manquant cruellement de personnalité, ce nouveau Peugeot Rifter s’inscrit parfaitement dans la tendance, en allant s’inspirer des SUV pour se forger un look bien à lui. Avec pour vocation de concurrencer ces derniers dans le cœur des familles et des amateurs d’aventure, le ludospace reprend les codes esthétiques de ces véhicules sans tomber dans une mauvaise caricature. Nous retrouvons donc de nombreuses protections en plastique, aussi bien sur les boucliers que sur les passages de roues et les bas de caisse. Notons également une garde au sol rehaussée, associée à des porte-à-faux raccourcis, lui conférant une silhouette plus harmonieuse et flatteuse. En termes de dimensions, cette nouvelle mouture se veut légèrement plus longue, avec 4,40 mètres contre 4,38 pour le Partner Tepee, tandis que sa largeur est affichée à 1,85 mètre pour une hauteur culminant à 1,81 mètre (sans barre de toit). Une version plus grande encore mesurant 4,75 mètres est également disponible, offrant plus d’espace à l’intérieur.

Disponible avec une large palette de coloris, le nouveau Peugeot Rifter se veut audacieux et propose quelques teintes plutôt sympathiques, telles que le Rouge Ardent ou encore le bleu foncé de notre version d’essai. De notre côté, nous avons eu un véritable coup de cœur pour le marron Metallic Copper, qui souligne à merveille les lignes du ludospace, et lui donne un côté original, qui change du blanc et du noir. Du côté des roues, nous retrouvons cinq styles d’enjoliveurs et de jantes de 15 à 17 pouces, dont la version en aluminium diamanté Aoraki 17 de notre modèle d’essai, la plus élégante selon nous. Pas de personnalisation à outrance donc, pour ce nouveau Peugeot Rifter, mais une petite touche de folie avec des teintes vives. De son côté, notre modèle d’essai, en version GT Line se distingue aisément du reste de la gamme, grâce à un style plus sportif que l’on doit à la calandre noir laqué, ainsi qu’aux coques de rétroviseurs et aux protections latérales assorties.

Essai nouveau Peugeot Rifter : familial, mais pas que

Peugeot Rifter 2018 Allure intérieur rangements

Évidemment, on ne choisit pas un Peugeot Rifter par hasard, et c’est surtout de son habitabilité que le ludospace devra jouer pour séduire la clientèle. Avec son empattement de 2,78 mètres dans sa version courte et de 2,97 mètres pour la déclinaison longue, il compte avant tout séduire les familles, qui recherchent avant tout un véhicule polyvalent et dans lequel il est aisé de loger un ou plusieurs enfants, ainsi que les affaires qui vont généralement avec. Les baroudeurs souhaitant parcourir les routes entre amis peuvent également être séduits par ce Rifter, qui offre une grande modularité, permettant d’installer tous les bagages nécessaires à un road-trip en bonne et due forme. Grâce à ses larges portes coulissantes, le ludospace se montre très simple d’accès au niveau de la banquette arrière, aussi bien dans la versions cinq que sept places. Cette dernière offre par ailleurs deux sièges indépendants au rang trois, tandis que le siège passager est escamotable quelle que soit la déclinaison, afin de loger des objets encombrants en toute simplicité. Sans surprise, le coffre propose quant à lui un volume plus que suffisant, oscillant entre 775 (minimum sur la version courte) et 4.000 litres (maximum avec banquette rabattue sur la version longue).

Qui dit ludospace familial dit évidemment rangement, et ça, le nouveau Peugeot Rifter l’a bien compris. L’espace a en effet été entièrement optimisé afin de pouvoir ranger toutes sortes d’objets, du biberon du petit dernier à la carte routière en passant par les doudous et autres accessoires indispensable aux trajets familiaux. Outre la boîte à gant parfaitement intégrée à la console centrale, nous retrouvons des rangements dans les contre-portes, ainsi qu’au-dessus du poste de conduite. Le toit Zénith, lancé en 2006 et plébiscité par la clientèle est ici reconduit, permettant de faire entrer la lumière dans l’habitacle, tout en offrant quelques espaces de rangement supplémentaires. L’arche centrale peut en effet contenir jusqu’à 14 litres d’objets en tous genres, et est associée au coffre de pavillon, accessible depuis le rang 2 et le coffre.

Les rangements, c’est bien, mais ça, tout le monde pourrait le faire. C’est vrai, et c’est pour cela que Peugeot a également misé sur la technologie embarquée pour se distinguer de la concurrence. En effet, on a souvent l’image de ludospaces à la dotation très sommaire, tout droits sortis d’une époque lointaine. Et bien oubliez tout ceci, car ce nouveau Rifter n’a désormais plus rien à envier aux autres productions de la marque, faisant un véritable bond technologique. Nous retrouvons en effet le fameux i-Cockpit, ici dans sa version analogique, le numérique n’était pas disponible afin de ne pas faire flamber les prix d’un véhicule qui se doit de rester abordable. Nous retrouvons également un large écran tactile de 8 pouces compatible avec Bluetooth, Apple CarPlay et Android Auto, ainsi que la navigation 3D Connectée. Il faudra évidemment aller piocher dans le catalogue pour s’offrir ces équipements optionnels, mais ils ont au moins le mérite d’exister, ce qui n’est pas forcément le cas sur ses rivaux. De nombreux systèmes d’aide à la conduite sont par ailleurs proposés, dont la reconnaissance étendue des panneaux, l’accès et le démarrage mains-libres ainsi que le régulateur de vitesse adaptatif. Autant de technologies désormais indispensables et pourtant souvent oubliées dans des ludospaces à la vocation avant tout pratique mais surtout économique.

Si l’on déplore évidemment une forte présence de plastiques durs, ce qui reste tout à fait normal sur ce type de véhicule, on remarque tout de même de très bons assemblages, ainsi qu’une belle qualité perçue. La version GT Line de notre essai, qui vient coiffer la gamme est quant à elle dotée de sièges offrant un excellent confort, ainsi qu’une assise haute, qui ne manquera pas de plaire aux amateurs de SUV. La position de conduite est très bonne et l’on retrouve facilement ses repères, malgré l’absence de réglages électriques. Le petit volant est quant à lui toujours de la partie, ici recouvert de cuir sur la finition GT Line, tandis que le combiné se pare de discrets damiers.

Essai nouveau Peugeot Rifter : ADN félin

Peugeot Rifter 2018 GT Line avant statique Metallic copper

Commercialisé dès le mois de septembre, le nouveau Peugeot Rifter propose une large gamme de motorisations, avec deux essence 1,2 litre PureTech de 110 et 130 chevaux, ainsi que trois diesel 1,5 litre BlueHDi, décliné en versions 75, 100 et 130 chevaux. Durant notre essai, nous avons pu prendre en main deux déclinaisons bien distinctes, avec le PureTech 110, ainsi que le BlueHDi 130, des motorisations performantes, mais également peu gourmandes, idéales pour des trajets quotidiens mais également pour des voyages plus longs si besoin. Elles se montrent toutes deux largement suffisantes en termes de puissance, là où 75 chevaux pourraient paraître un peu léger, notamment sur les routes aux forts dénivelés sur lesquels nous avons effectué notre essai. Seul bémol, notamment sur le BlueHDi 130, une insonorisation qui aurait pu être un peu plus travaillée, l’ensemble était très bruyant lorsque l’on monte dans les tours.

En ville, le Peugeot Rifter se montre idéal, malgré sa taille plutôt conséquente. Son diamètre de braquage de 10,9 mètres se situe quant à lui dans la moyenne et lui permet d’effectuer quelques manœuvres sans trop de difficultés, grâce à sa bonne maniabilité. Ses suspensions se veulent plutôt confortables, et même si l’on est assez loin d’une 508 à ce niveau-là, l’ensemble reste tout de même très correct. En effet, le ludospace passe ralentisseurs et autres nids-de-poule de manière plutôt saine, sans trop secouer ses occupants. Avec sa garde au sol surélevée, il autorise également quelques balades hors des sentiers battus, d’autant plus qu’il se dote de l’Advanced Grip Control, ainsi que du Hill Assist Descent Control, que nous avons notamment pu découvrir sur la 3008. Si pour l’heure, seule une version deux roues motrices est disponible, une déclinaison 4X4 conçue en partenariat avec l’équipementier Dangel préfigurée par le concept Rifter 4X4 débarquera par la suite dans la gamme.

Qui dit véhicule familial dit généralement départs en vacances. Si le Peugeot Rifter se montre à l’aise en ville, il l’est également à l’extérieur, grâce à sa plateforme EMP2, sur laquelle repose également les succès de la marque que sont les 308 et autres 3008, ainsi que la toute nouvelle 508. Évidemment, ne vous attendez pas à franchir les épingles comme avec une petite sportive, car si ce Rifter se comporte de manière très saine par rapport à la plupart de ses rivaux, il conserve toutefois une petite tendance au roulis. Il faudra donc logiquement prendre ses précautions lors de balades en montagne avec les enfants à l’arrière, si vous voulez éviter le drame… Enfin, si le ludospace est également proposé avec la boîte EAT8 sur le BlueHDi 130 uniquement, c’est dans sa version manuelle que nous avons pu en prendre le volant, tout comme sur le PureTech 110. Celle-ci, dotée de six rapports est agréable à prendre en main, et se montre largement suffisante pour une utilisation quotidienne, même si une boîte automatique serait évidemment plus agréable dans les bouchons.

Au chapitre de la consommation, les deux versions se montrent plutôt raisonnables, avec quelque 5,5 litres au 100 km pour le PureTech 110 et seulement 4,3 litres pour le BlueHDi 130. Des chiffres qui restent donc dans la moyenne du segment et qui permettent de compenser un prix en hausse par rapport au Partner Tepee. Si la version diesel vous permettra d’éviter le malus écologique grâce à ses 114 grammes par kilomètre, il faudra toutefois vous acquitter de 140 € supplémentaires pour l’essence. Un prix qui reste toutefois assez peu élevé, il faut bien l’admettre. Si la consommation pourra légèrement augmenter lors de fortes sollicitations, celles-ci ne seront généralement pas nécessaires, les deux motorisations offrant assez de punch pour pouvoir rouler sans devoir être cravachées sans cesse. Son poids, oscillant entre 1.387 et 1.430 kg selon la version choisie reste quant à lui plutôt contenu et permet de ne pas rendre trop gourmand ce Peugeot Rifter.

Essai nouveau Peugeot Rifter : pour résumer

Peugeot Rifter 2018 Allure avant bleu

Avec son design travaillé loin d’un Partner Tepee un brin ennuyeux, et son dynamisme amélioré, ce nouveau Peugeot Rifter incarne la montée en gamme de la marque au lion. Une évolution qui passe aussi bien par des véhicules haut de gamme telle que la nouvelle 508 que par des modèles plus accessibles, à l’image du ludospace. Se distinguant de ses frères rivaux, les Opel Combo Life et autres Citroën Berlingo, le Rifter adopte un positionnement plus séduisant, là où les deux autres se veulent plus classiques, afin de ne pas se cannibaliser.

Offrant un excellent agrément de conduite, que ce soit dans sa version PureTech 110 ou BlueHDi 130 comme nous avons pu en prendre le volant, ce Rifter fait la part belle au confort grâce à ses rangements et son excellent niveau d’équipement pour la catégorie. Avec son style dont les codes sont empruntés aux SUV, il sait comment séduire une clientèle à la recherche d’un véhicule habitable et idéal pour transporter les enfants, qui ne ressemble pas à un simple minibus.

Affiché à partir de 23.150 €, le nouveau Peugeot Rifter est certes 1.000 € plus cher que le Partner Tepee, mais il se veut également mieux équipé et plus moderne. Une hausse des tarifs somme toute assez logique, la volonté de Peugeot étant désormais de devenir le premier constructeur généraliste, ce qui passe évidemment par une montée en gamme de ses modèles. Le ludospace ne fait donc pas exception, ce qui lui permet de se distinguer sur un segment généralement peu séduisant pour les clients.

Marie Lizak

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