Essai Volkswagen T-Roc : l’alternative haut perchée

Commercialisé depuis novembre dernier, le Volkswagen T-Roc affiche clairement son ambition : offrir une alternative à la Golf, en légère baisse de vitesse, tout en rajeunissant sa gamme. Une Fille au Volant en a pris le volant, dans sa version 2,0 litres TDI 150.

Volkswagen T-Roc 2018

Dévoilé l’an dernier au salon de Francfort, le Volkswagen T-Roc était arrivé sur la scène en même temps que d’autres petits SUV, dont les Kia Stonic et autres Hyundai Kona, bien après les Peugeot 2008 et autres Renault Captur. Un retard pourtant peu important pour la marque, puisque son petit dernier n’a en réalité jamais vraiment eu la vocation de concurrencer ces SUV. Et pour cause, l’ambition première de ce nouveau-né est toute autre : rajeunir la gamme, certes, mais surtout épauler la Golf, dont les ventes sont en légère baisse depuis quelques temps.

Pour atteindre son but, Volkswagen a misé sur de nombreux atouts, à commencer par le design. Loin des productions, au style consensuel certes, mais parfois un peu trop sérieux des autres productions de la marque, le T-Roc se distingue par un look fun, qui s’inscrit parfaitement dans la tendance actuelle. Avec ses dimensions réduites, ses équipements et son tarif abordable, le petit SUV, cousin technique de l’Audi Q2, cherche à séduire une clientèle jeune et urbaine.

Tous ces atouts suffisent-ils pour faire de ce Volkswagen T-Roc celui qui rajeunira la clientèle de la marque, en lui offrant une image plus fun ? C’est ce qu’Une Fille Au Volant a voulu savoir, en prenant le volant de la version 2,0 litres TDI 150 le temps d’un week-end sous le soleil.

Essai Volkswagen T-Roc : jeune et fun 

Volkswagen T-Roc 2018

Selon une étude très sérieuse, le cadet d’une famille serait souvent le plus créatif, le plus indépendant et le plus original de sa fratrie. Il semblerait que cette théorie s’applique également aux voitures. Dernier né dans la gamme des SUV Volkswagen, le T-Roc n’a en effet quasiment rien à voir avec ses grands frères, qu’il s’agisse du Tiguan ou du Touareg, bien plus sages. Avec son profil plus dynamique, que l’on doit notamment à son toit fuyant ainsi qu’à sa lunette très incliné, le citadin affiche un style plus jeune qui n’est pas pour nous déplaire. La face avant a également été très travaillée et change radicalement par rapport au reste de la gamme, avec une bouille plus arrondie, agrémentée d’une nouvelle calandre ainsi que de deux antibrouillards aux cerclages variant selon la finition. L’arrière se veut lui aussi plus original, même si la filiation avec l’actuel Tiguan est bien présente, notamment au niveau des feux tombants et débordant sur les flancs.

Avec une longueur de 4,32 mètres pour une largeur de 1,82 mètre et une hauteur culminant à 1,57 mètres, le Volkswagen T-Roc affirme ses ambitions de SUV urbain, bien qu’affichant seulement une toute petite différence avec les 4,49 mètres de son grand frère, le Tiguan. Toutefois, si ce dernier-né de la gamme ne vous paraît pas si petit que cela, c’est bien normal, puisqu’un modèle aux dimensions plus réduites, baptisé T-Cross encore devrait débarquer à la fin de l’année. C’est en réalité celui-ci qui chassera sur les terres des Renault Captur et autres SEAT Arona, le T-Roc se positionnant quant à lui plus haut dans la gamme.

Si le reste des productions du constructeur se veulent plutôt sérieuses, le petit SUV se distingue quant à lui en jouant la carte de la personnalisation. Au total, pas moins de 11 teintes de carrosseries sont proposées au catalogue, dont plusieurs couleurs originales telles que le Jaune Curcuma, le Orange Energy ou encore le Bleu Ravenna. S’ajoutent à cela quatre styles de jantes de 18 et 19 pouces, ainsi que la possibilité d’afficher un pavillon noir selon la teinte de caisse choisie, offrant de nombreuses combinaisons possibles. De notre côté, notre version d’essai était quant à elle habillée de la teinte Jaune Curcuma, associé à un toit noir (1.340 €), ainsi que de jantes alliage 17 pouces Mayfield argent, facturées quant à elles 520 €.

Essai Volkswagen T-Roc : intérieur funky

Volkswagen T-Roc 2018

Les connaisseurs le savent, l’habitacle des Volkswagen, ainsi que des autres marques du groupe ne sont en général pas réputées pour leur grain de folie. Pourtant, la marque a ici largement changé ses habitudes, en offrant à son T-Roc un poste de conduite plus amusant, destiné à attirer une clientèle jeune mais surtout féminine, grâce à des couleurs vives, rappelant la carrosserie. Le petit frère haut sur pattes de la Golf s’affranchit donc des codes de la firme, et propose plusieurs ambiances intérieures très fun, telles que notre version d’essai. Celle-ci se dote d’inserts Jaune Curcuma assortis à la teinte extérieure, sur la planche de bord mais également sur la console centrale et les panneaux de portes. Les sièges en tissu sont également décorés d’un liseré jaune, tandis que le cuir Vienna est quant à lui affiché en option moyennant 2.600 € sur la finition Lounge de notre version d’essai. On regrette par ailleurs l’absence de réglages électriques, qui auraient ajouté une touche de confort et de praticité au véhicule. Si l’ensemble dégage une impression de qualité au premier regard, on remarque toutefois la présence de nombreux plastiques durs à des endroits pourtant très visibles, notamment sur la planche de bord, qui ne bénéficie pas de traitement moussé. Les assemblages sont toutefois de bonne qualité, malgré quelques petits grincements à noter çà et là.

Sans surprise, le Volkswagen T-Roc va piocher dans les réserves du groupe pour équiper son intérieur en technologies. Difficile d’être dépaysé de ce côté-là donc, avec un système d’infodivertissement identique au reste de la gamme, installé dans un écran tactile de 8 pouces à l’ergonomie globalement bien pensée. S’ajoute à cela un combiné d’instrumentation numérique « Active Info Display » de 10,5 pouces personnalisable, en option à 540 € sur notre version d’essai Lounge. Celui-ci affiche là encore un design semblable aux autres modèles de la gamme, bien que plus épuré, mais souffrant d’une ergonomie à revoir par rapport à la concurrence. On déplore notamment le fait de ne pas pouvoir afficher le guidage devant nos yeux, lorsqu’il est déjà en place sur l’écran tactile, tandis qu’il faudra quelques minutes pour s’habituer aux commandes servant à changer de vue. L’ensemble reste néanmoins très complet et aisé à lire, compensant parfaitement l’absence d’affichage tête haute.

Avec son empattement de 2,59 mètres, le Volkswagen T-Roc offre une habitabilité plutôt correcte, grâce à une garde au toit suffisante, ainsi qu’un espace aux jambes permettant d’accueillir sans problèmes des passagers adultes. Avec un volume de coffre oscillant entre 392 et 1.237 litres une fois la banquette rabattue en version 4Motion, le SUV urbain reste dans la moyenne basse du segment. Il faudra donc s’affranchir de la transmission intégrale pour s’offrir plus de place, avec cette fois-ci un volume compris entre 445 et 1.290 litres, très largement suffisant pour un véhicule de cette catégorie.

Essai Volkswagen T-Roc : Punchy, même en diesel

Volkswagen T-Roc 2018

Au total, ce ne sont pas moins de quatre motorisations qui sont proposées sur ce Volkswagen T-Roc, dont trois essence et un diesel. Pour notre essai, nous avons décidé de prendre le volant de la version 2,0 litres TDI 150 turbocompressé, qui promet de constituer un excellent compromis entre performance et consommation réduite. Le but de Volkswagen est ici d’apporter une nouvelle alternative à la Golf, plus traditionnelle, mais également de s’installer sur le segment des petits SUV urbains, d’où l’importance d’offrir une large gamme de moteurs, afin de toucher une clientèle très variée, aux besoins tout aussi différents.

Plus coupleuse que le reste de la gamme, avec 340 Nm entre 1.750 et 3.000 tr/min, cette version se montre tout particulièrement adaptée à la ville, avec son dynamisme ne tombant en aucun cas dans la sportivité. Avec son diamètre de braquage de 11,1 mètres, le SUV ne brille malheureusement pas par sa maniabilité, et l’on salue tout de même sa petite taille, sans quoi les manœuvres auraient été bien plus compliquées encore. De son côté, la suspension pilotée optionnelle (facturée 1.440 €) s’avère particulièrement adaptée en milieu urbain, grâce au mode Confort offrant un réglage d’amortissement plus souple. Si les ralentisseurs secouent tout de même légèrement, il faut avant tout nous rappeler que nous sommes bien à bord d’un véhicule urbain et non d’une berline ultra luxueuse, normal donc de ressentir quelques à-coups sur des routes irrégulières.

Sur des routes plus sineuses, le Volkswagen T-Roc arrive en revanche plus rapidement à ses limites, malgré une transmission intégrale livrée de série lui conférant un important gain de poids qui aurait pu jouer sur la tenue de route. Le petit SUV a pourtant une petite tendance au roulis lors du passage de courbes rapides, malgré une plateforme MQB déjà éprouvée sur divers modèles de la marque, dont l’actuelle génération de la Golf. Les 150 chevaux sont présents certes, mais les reprises sont parfois un peu difficiles, malgré une boîte DSG7 livrée de série très efficace. Sans grande surprise, le moteur diesel est évidemment bruyant à l’extérieur, mais également, et dans une moindre mesure à l’intérieur, même si l’insonorisation lui permet de rester plutôt discret à bas régime.

Proposé en option, le système d’amortissement piloté inclut par ailleurs la direction dynamique progressive, qui se révèle particulièrement utile en ville, grâce à une fermeté réduite par rapport à une utilisation en mode Sport. Justement, pas moins de trois modes de conduite sont également disponibles avec ce système (Confort, Normal et Sport), offrant un comportement adapté à chaque situation, que ce soit en conduite urbaine ou avec une cadence plus élevée, sur des routes plus sinueuses. Attention, cela ne signifie pas que la conduite sera sportive, et il faudra alors plutôt choisir le châssis sport, sans doute plus adapté à des trajets plus dynamiques et livré de série sur la finition R-Line. Les palettes au volant, en option avec la boîte DSG uniquement sont quant à elles simples à prendre en main et permettent de gagner en sensation, bien que l’accélération soit toujours très linéaire, avec un 0 à 100 km/h abattu en 8,4 secondes.

Au chapitre des aides à la conduite, celles-ci sont nombreuses, mais il faudra aller piocher dans le catalogue des options pour pouvoir en profiter, notamment dans notre version intermédiaire Lounge. Nous retrouvons néanmoins une dotation plutôt intéressante, incluant notamment la détection de la fatigue, le régulateur de vitesse adaptatif ou encore l’allumage automatique des feux. Il faudra en revanche aller taper dans les finitions supérieures pour profiter d’équipements supplémentaires de série, dont la quasi-indispensable caméra de recul, surtout pour un SUV citadin, ou encore l’accès et le démarrage sans clé. Pas de grandes révolutions donc sur ce Volkswagen T-Roc, mais des équipements parfaitement adaptés à l’utilisation pour lequel il est destiné, sans superflu.

Avec une consommation de 5,1 litres en cycle mixte, le Volkswagen T-Roc se montre tout de même assez gourmand par rapport à la concurrence, un appétit que l’on doit probablement à son poids de 1.455 kg, en raison de la transmission intégrale 4Motion livrée de série. Celle-ci n’a pas grande utilité sur ce SUV à vocation urbaine, mais permet tout de même de bénéficier de modes de conduite supplémentaires, qui peuvent se montrer intéressants en cas de neige ou de balade imprévue à la campagne. Au chapitre des émissions de CO2, il faudra s’acquitter d’un malus de 540 €, en raison des 134 g/km dans notre version d’essai doté du 2,0 litres TDI de 150 chevaux, chassé des jantes 17 pouces.

Essai Volkswagen T-Roc : pour résumer

Volkswagen T-Roc 2018

Présenté au salon de Francfort en septembre dernier, le Volkswagen T-Roc avait alors pour ambition de rajeunir la clientèle de la marque, mais également de se faire une place au soleil sur le segment des SUV urbains. Véritable alternative haut perchée à la Golf, il vient concurrencer la MINI Countryman et viendrait presque titiller l’Audi Q2, notamment en termes de tarifs. Très proche des Peugeot 2008 et autres Renault Captur dans ses dimensions, l’Allemand adopte toutefois un positionnement plus premium, bien qu’il reste encore quelques efforts à faire, notamment sur les matériaux intérieurs. Plus fun que véritablement chic, le T-Roc n’en reste pas moins un véhicule très séduisant, qui n’aura aucun mal à plaire à une clientèle jeune à la recherche d’un véhicule citadin dynamique et confortable.

Il faudra toutefois mettre le prix, puisque le T-Roc est proposé à partir de 22.340 € dans sa version 1,0 litre TSI de 115 chevaux. C’est bien plus cher que la plupart des SUV urbains traditionnels, mais cela reste tout de même 3.690 € de moins que le Q2, tous deux très proches techniquement. Excellent compromis entre confort et dynamisme, il se veut premium sans pour autant aller cannibaliser son cousin germain. Ses motorisations allant de 115 à 190 chevaux, essence et diesel confondus, offrent quant à elles de nombreuses possibilités, en attendant une possible version hybride, voire peut-être électrique, qui ne serait sans doute pas de trop dans la gamme.

En bref, ce Volkswagen T-Roc sait très largement se distinguer des autres SUV, par un style bien à lui, mais également un positionnement affirmé, plutôt typé haut de gamme. Bloqué par le Q2, l’Allemand nage toutefois entre deux eaux et mise donc plutôt sur son physique pour faire la différence, faute de pouvoir compter sur des technologies trop futuristes, qui auraient fait de l’ombre à son cousin aux anneaux, en plus de faire grimper les prix au-delà du raisonnable. A l’aise à peu près partout, le T-Roc sait aussi jouer les baroudeurs grâce à sa transmission intégrale 4Motion livrée de série sur notre version d’essai, lui autorisant quelques escapades en dehors des sentiers battus.

  • Prix de base du Volkswagen T-Roc : 22.340 €
  • Prix de base du modèle essayé (hors options) : 33.220 €
  • Prix du modèle essayé (avec options) : environ 40.430 €

Marie Lizak

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